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James Comey (FBI) s'attaque au modèle économique des sociétés qui prônent le chiffrement

Porte dérobée et dérober une porte
Internet 4 min
James Comey (FBI) s'attaque au modèle économique des sociétés qui prônent le chiffrement
Crédits : zmeel/iStock

James Comey, le directeur du FBI, explique au Sénat américain qu'il souhaite que les entreprises revoient leur modèle économique autour du chiffrement de bout en bout. Il réaffirme que le gouvernement ne veut pas de porte dérobée, mais il veut néanmoins pouvoir accéder à n'importe quelle information si un juge l'y autorise.

Le chiffrement des données est un sujet sensible aux États-Unis, d'autant plus depuis les révélations d'Edward Snowden sur la surveillance de masse de la NSA. Cela fait maintenant plus d'un an que James Comey, le directeur du FBI, s'inquiète ouvertement de l'arrivée du chiffrement dans les terminaux mobiles. Il expliquait alors être « ennuyé » par des sociétés qui font « expressément la promotion de quelque chose qui permettra aux gens de se placer hors de portée de la loi ». Les terminaux mobiles d'Apple et de Google en tête, pour ne pas les nommer.

Chiffrement de bout en bout : James Comey s'en prend au modèle économique

Il avait alors tenté plusieurs approches pour contrer cela, notamment avec l'introduction de clés fragmentées, une idée qui n'était pas sans soulever plusieurs questions. Néanmoins, il y a tout juste deux mois, le gouvernement américain faisait une annonce importante : il renonce à contourner le chiffrement des données. Pour autant, le FBI ne classe pas l'affaire et revient à la charge, de nouveau par la voix de son directeur James Comey, qui était mercredi au Sénat, comme le rapportent nos confrères de The Intercept.

James Comey explique à son auditoire qu'il est convaincu qu'il est possible de trouver une solution à cette épineuse problématique : « ce n'est pas un problème technique, c'est une question de modèle économique » explique-t-il. Il chasse ainsi d'un revers de la main tous ceux qui pensent que laisser un moyen d'accéder aux données reviendrait à affaiblir le système de chiffrement. Pour James Comey, la bonne question à se poser est la suivante : « les entreprises devraient-elles changer leur modèle économique ? » L'idée serait de ne plus vanter le chiffrement de bout en bout, comme le proposent encore Apple et Google par exemple.

Pas de porte dérobée, mais une solution viable... sans préciser laquelle

Le directeur du FBI en profite pour réaffirmer que « le gouvernement ne veut pas d'une porte dérobée ». Pourtant, il ne compte pas en rester là et cherche une nouvelle solution. Il souhaite ainsi pouvoir se rendre dans un endroit (qui reste à définir) où, si un juge délivre une ordonnance, « la société concernée sait comment fournir cette information [NDLR : les données déchiffrées] au juge et connait également le meilleur moyen d'y parvenir ». Voilà qui ne devrait pas forcément plaire à l'EFF qui a récemment lancé un appel au gouvernement afin qu'il affirme son soutien à un chiffrement « sans aucun compromis ».

James Comey ne s'aventure donc plus à des conjectures sur une solution technique, mais fait simplement le vœu de pouvoir obtenir des informations dans le cas où un juge les demande. Si l'intention parait louable, le problème reste toujours le même : comment cela pourrait-il se mettre en place ? En effet, ajouter un moyen de déchiffrer des données dans le cadre d'une interception légale revient également à laisser plus de champ à une interception non autorisée.

Nos confrères de The Intercept ajoutent que le directeur du FBI en appelle aux utilisateurs qui, selon lui, « sont de plus en plus conscients des "dangers" du chiffrement ». Sa demande ? Que les clients expliquent aux fabricants de téléphones qu'ils continueront à utiliser leurs produits s'ils devaient changer de modèle économique et ne plus mettre en avant un chiffrement de bout en bout.

Afin d'appuyer ses dires, il donne un exemple d'un attentat terroriste déjoué à Garland dans le Texas : « Avant de partir pour essayer de commettre un attentat, un des terroristes a échangé 109 messages avec un terroriste étranger. Nous ne savons pas ce qui s'est dit, parce que ces messages étaient chiffrés ». « C'est un gros problème » ajoute-t-il. 

Bref, le discours du directeur du FBI a évolué, mais pas le but de l'agence : avoir un moyen légal d'accéder à n'importe quelle donnée. « Comey n'a pas demandé une législation spécifique pour obliger les entreprises à abandonner le chiffrement de bout en bout » explique The Intercept, mais il veut que toutes les sociétés puissent répondre favorablement à une demande d'interception légale.

52 commentaires
Avatar de atomusk INpactien
Avatar de atomuskatomusk- 11/12/15 à 14:30:14

"Nous ne savons pas ce qu'il s'est dit, parce que ces messages étaient chiffrés ». « C'est un gros problème » ajoute-t-il. "

Oui mais ce que je sais c'est que faciliter le travail pour les puissances étrangères de casser le chiffrage mettrait en danger beaucoup de multinationales ... ça serait un ENORME problème :fumer:

Enfin bon, vu les pressions que feront les entreprises pour éviter ça, je doute que ça aille bien loin ... :fumer:

Avatar de Obidoub Abonné
Avatar de ObidoubObidoub- 11/12/15 à 14:32:49

Ils ont frappé les premiers, fallait pas espionner massivement les gens sans raison.

Avatar de anonyme_97254becd5c5b064755d6772703ed968 INpactien

Au patron du FBI je dit :

:jesquate:

et je lui montre ... :bocul:

Avatar de Patch INpactien
Avatar de PatchPatch- 11/12/15 à 14:37:55

Obidoub a écrit :

Ils ont frappé les premiers, fallait pas espionner massivement les gens sans raison.

C'est là tout le pb : ils ont voulu aller un peu trop loin, et maintenant se plaignent des réactions en conséquence...

Avatar de Quiproquo Abonné
Avatar de QuiproquoQuiproquo- 11/12/15 à 14:39:36

Passé un certain stade, la langue de bois finit par rentre le discours totalement incompréhensible.

 
De plus, le chiffrement n'est pas vraiment un élément du modèle économique de Google ou Apple. C'est plus un argument de vente un peu opportuniste.

Avatar de Jarodd INpactien
Avatar de JaroddJarodd- 11/12/15 à 14:45:38

Afin d'appuyer ses dires, il donne un exemple d'un attentat terroriste déjoué à Garland dans le Texas : « Avant
de partir pour essayer de commettre un attentat, un des terroristes a
échangé 109 messages avec un terroriste étranger. Nous ne savons pas ce
qu'il s'est dit, parce que ces messages étaient chiffrés ». « C'est un gros problème » ajoute-t-il.

Le contre-exemple par excellence :mdr:

Les données étaient chiffrées, personne n'a pu les lier, mais l'attentat a été déjoué (par un autre moyen). Donc pas besoin de déchiffrer les données pour assurer la sécurité des américains, CQFD :ouioui:

Sinon, ne t'inquiète pas James. au prochain attentat terroriste sur votre sol, il faudra demander l'état d'urgence, et tu auras tous les pouvoirs pendant 10 ans, comme en 2001 :yes: L'histoire n'est qu'un éternel recommencement...

Avatar de otto INpactien
Avatar de ottootto- 11/12/15 à 14:51:12

Les mecs, quand on se fait chopper avec le scandale mondial des écoutes de la NSA, faut pas s'étonner que les gens veuillent de la sécurité...

Enfin je vois bien la suite arriver, on garde la sécurité mais l'état à accès a toutes les clés utilisés...

Avatar de Ami-Kuns INpactien
Avatar de Ami-KunsAmi-Kuns- 11/12/15 à 14:54:56

Il réaffirme que le gouvernement ne veut pas de porte dérobée, mais il veut néanmoins pouvoir accéder à n'importe quelle information si un juge l'y autorise. Donc il veut une porte par derrière officiel?:transpi::mad2:

Avatar de Darckiller INpactien
Avatar de DarckillerDarckiller- 11/12/15 à 14:55:25

Ce mou du cerveau n'a toujours pas compris que le chiffrement, c'est du tout ou rien.

Soit on chiffre tout de manière sécurisée de bout en bout afin de respecter la vie privée notamment, soit on ne chiffre pas.
Il n'y a pas de solution de solution viable intermédiaire qui ferait qu'il soit possible de déchiffrer les données dans certains cas sans compromettre le chiffrement car personne sur Terre ne pourrait prédire que ce moyen en question ne pourrait pas être utilisé dans le futur de manière abusive (contre des dissidents politiques par exemple) ou être compromis par des crackers à des fins malveillantes.

Avatar de anonyme_97254becd5c5b064755d6772703ed968 INpactien

James Comey explique à son auditoire qu'il est convaincu qu'il est possible de trouver une solution à cette épineuse problématique : « ce n'est pas un problème technique, c'est une question de modèle économique »

Ben ouaih et ca ce :censored: le sait depuis belle lurette !
Car dès qu'un algo de cryptage est inventé/crée ils le sabotent par des rachats de statrup /boite etc puis tuent la poule dans l'oeuf !

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