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[Interview] Attentats : plaidoyer pour une application 17

Contre la saturation et l'engorgement des lignes vitales
Droit 5 min
[Interview] Attentats : plaidoyer pour une application 17
Crédits : alexskopje/iStock/ThinkStock

L’idée de Nicolas Poirier a déjà été évoquée dans plusieurs médias : qu'une application soit éditée pour pouvoir joindre le 17 rapidement et de manière sécurisée. Ce juriste installé au Canada revient avec nous sur ce projet.

Pouvez-vous nous présenter les grandes lignes de votre projet ?

Je souhaite que le gouvernement déploie dans les plus brefs délais une application du 17 (ou 112) permettant de signaler, dans une situation d'urgence absolue, l'imminence ou la survenue d'un attentat. L’enjeu est double : que ce signalement soit pris en compte instantanément par les forces de police pouvant intervenir à proximité et qu’il puisse se faire silencieusement pour ne pas compromettre la sécurité de celui ou celle qui en est l'auteur puisque sa vie ou son intégrité physique peuvent être en jeu. 

application 17 nicolas poirierapplication 17 nicolas poirierapplication 17 nicolas poirierapplication 17 nicolas poirier

Pourquoi avoir lancé une telle initiative ?

Parce que je me suis rendu compte que personne au gouvernement ne semblait avoir tiré les leçons des précédents, notamment l'attentat de Charlie Hebdo, mais aussi et surtout, le déséquilibré au fusil qui avait déboulé chez BFM avant de disparaitre et réapparaitre en tuant un journaliste à Libération.

Déjà, au moment de ces faits, j'avais été atterré de lire des témoignages qui montraient que les systèmes d'alerte ainsi que l'équipement de la police et des forces d'intervention de leur permettaient pas d'intervenir au plus vite, quand chaque seconde compte.

S'agissant de BFM, cela a permis au déséquilibré de disparaitre dans la nature pour réapparaitre en tuant. Pour Charlie, cela a empêché un journaliste de l'agence de presse Premières lignes qui venait de voir débouler les frères Kouachi à sa rédaction, de prévenir la police de l'imminence du massacre qui se préparait à Charlie Hebdo.

Pourtant, j'ai pensé qu'avec l'élan qui a suivi les attentats de Charlie et de l'Hypercacher, et surtout, la préparation de la sécurité autour de la Cop21, qui réunit à partir de dimanche 40 000 décideurs du monde entier, que les leçons allaient être tirées, que le problème du 17 et de l'équipement policier seraient résolus. Les attentats du 13 novembre m'ont mis dans une colère noire lorsque j'ai compris que non.

C'est la raison pour laquelle j'ai, dès le 14 novembre, commencé à tirer la sonnette d'alarme par tous les moyens, en imaginant notamment à quoi pourrait ressembler une application du 17, et en informant les journalistes sur les témoignages de personnes n'ayant pas pu appeler les secours faute d'une application dans ce genre.

Quelles seraient les contraintes techniques à un tel déploiement ?

Techniquement, la première qui me vient à l'esprit est qu'une telle application devra pouvoir répondre à un très, très grand nombre de signalements simultanés, sans saturer dans ce moment où les réseaux des opérateurs seront aussi sursollicités.

Par conséquent, l'application doit être fluide, peu gourmande en transmission de données, de manière à démultiplier les chances que cet échange dans les meilleures conditions. Par ailleurs, il faut que le centre de commande des secours, qui recevra ces informations, sache interpréter correctement ces données massives qui lui parviendront simultanément, et donc que ces données soient organisées de manière claire et sans équivoque.

Enfin, il faudra équiper les patrouilles de police, de la BAC, et des forces d'intervention en général de récepteurs leur indiquant les lieux de signalement massifs pour accélérer leur arrivée sur les lieux. Ici, ce n'est pas vraiment une difficulté technique dont il s’agit, mais plutôt de moyens financiers, me semble-t-il.

application 17 nicolas poirier

Avez-vous déjà eu des offres de la part de développeurs ?

Beaucoup de développeurs m'ont contacté depuis que des articles de presse parlent de cette idée, je m'excuse d'ailleurs de ne pas leur avoir tous répondu. Le problème, majeur, est que leur aide ne m'est d'aucune utilité. Je ne suis pas moi-même développeur, mais juriste, et je n'ai pas l'intention de créer une société pour distribuer cette idée : mon seul but est d'informer sur un problème, majeur, qui a déjà eu des conséquences abominables en terme de vies humaines perdues, et que ceux qui peuvent enfin faire le nécessaire, le fassent.

Ce qu'il faut bien avoir en tête, c'est que le 17 (et le 112) fonctionne à peu de choses près aujourd'hui comme depuis sa création, en 1928. Sauf qu’à l’époque, le téléphone n'était présent que dans des lieux publics (restaurants, bars...). Ensuite, le téléphone à domicile a commencé à se développer, et le nombre d'appelants potentiel a été démultiplié. À cela, on a fait que rajouter plus d'opérateurs et de centres d'appels. Puis sont arrivés les portables, et depuis 2011, nous sommes à près de 100 % de taux d'équipement de mobiles en France, soit 64.4 millions de lignes ... et autant de personnes pouvant appeler soudainement, simultanément, et à répétition en cas d'attentats comme le 13 novembre. Soit plus qu'à l'occasion d'un Nouvel An, alors que tout le monde sait aujourd'hui à quel point le seul réseau est faible à ce moment-là ! C'est définitivement la raison pour laquelle seule une application peut résoudre ce problème.

Quels ont été les échos du ministère de l’Intérieur ou des services spécialisés ?

Je n'ai eu qu'un seul retour d'une personne travaillant au ministère, à un poste pouvant aider. Elle m'a écouté, ce qui est déjà beaucoup. Le problème est que le gouvernement n'a qu'en tête la COP21 et l’organisation de cet évènement qui pose des problèmes de sécurité. La question d’éditer une telle application n'est pas une priorité pour eux. Je le regrette, amèrement. Cela d'autant plus que de leur côté, les autorités américaines ont bien pris la mesure du sujet, en commençant à réagir officiellement.

Merci Nicolas Poirier.

84 commentaires
Avatar de Bball INpactien
Avatar de BballBball- 28/11/15 à 08:48:18

Et si cette application peut fonctionner avec la 3g/4g mais aussi avec la 2g et le wifi, ce serait bien.

Je souhaite au passage bonne chance aux parisiens pendant cette période de cop21 :)

Avatar de lionnel INpactien
Avatar de lionnellionnel- 28/11/15 à 08:56:25

L'idée n'est pas mauvaise, mais elle pose un certain nombre de problémes.

Le premier qui me vient à l'esprit est la gestion des fausses alertes. Comment éviter d'avoir des signalements bidon toute les 5mn a cause d'un tel pas verrouillé, d'un utilisateur ivre, d'un gamin qui joue avec le smartphone a apa, ou autre

Ensuite, il y a la question de la vie privée et de la sécurité. Perso une app avec toute les permissions possibles (enregistrement audio ou video, gps....) activable à distance ca me fait un peu peur en cas de faile

Enfin, pour les secours, il est netement plus utile d'avoir UN signalement clair précis et detaillé (avec la possibilité de demander des details en fonction de la situation) que des centaines de signalements automatisés pas trés utiles

Avatar de slow brain INpactien
Avatar de slow brainslow brain- 28/11/15 à 09:04:07

Une idée intéressante, qui semble tout à la fois simple, dans l'air du temps et pouvoir répondre à un véritable besoin. Mais qui me semble tout à la fois terriblement complexe et sources potentielle de problèmes.

Je crois que c'est une vraie bonne idée sur la quelle il faut vraiment bien réfléchir, et arriver à faire travailler utilisateur et informaticien pour avoir vraiment quelque chose qui fonctionne.

Il y as le problème de l'universalité, se contenter d'Android par exemple exclue une partie de la population qui «n'as pas droit à la protection». Ou mettre le curseur ? Android + iOS (mais en quelle version), ou tout web pour être universel (de toute façon l'application n'aurais aucun intérêt déconnecté).

Une idée pourrais être un protocole standard, simple et ouvert. Les développeurs de tout bord pouvant alors rivaliser d'ingéniosité pour proposer leurs produits sur toutes les plateformes possibles.

Reste le problème du piratage.
Protocole ouvert ou non, avec assez de moyen et de volonté on arrive toujours à pirater le système.

Une attaque informatique ciblé et un peu orchestré et un amas de signalement de barbus armé qui débarquent virtuellement à un lieu ciblé, pour libérer le terrain pour une autre véritable attaque.

Il faudrait veiller a ce que ce type d'astuce ne soit pas plus performante que deux hommes dynamites devant un stade de foot.

Enfin, même si mon message est critique, je crois qu'il y as ici une vraie bonne idée. Mais qu'il faut arriver à la faire correctement murir avant de sortir une bétise comme on en vois trop.

Avatar de Liquid_Brain Abonné
Avatar de Liquid_BrainLiquid_Brain- 28/11/15 à 09:10:42

Disons que pour le spectre des événements terroristes ça a du sens les multiples signalements justement pour éviter les fausses alertes. Typiquement le 13 novembre, si tu vois plein de points poper sur Charonne, tu comprends qu'il se passe un truc. C'est un peu comme les applis «d'aides à la conduite» communautaires. Les rada... hmm... les dangers potentiels quelconque :transpi: ne sont signalés que si un certain nombre d'utilisateurs en fait part.

Après effectivement pour un truc plus isolé (du type j'entends mon voisin alcoolique taper sur sa femme), je ne vois pas trop l'intérêt, autant appeler directement le 112.

Avatar de Reznor26 INpactien
Avatar de Reznor26Reznor26- 28/11/15 à 09:11:21

On peut imaginer des options facultatives qui permettent d'associer toute envoi d'un signalement à un passage en mode silencieux (pour sa sécurité), et à l'enregistrement vidéo / audio (pour témoignage, enquête) par exemple.

Dans tous les cas c'est pour les victimes que c'est intéressant, parce que c'est là que les conditions sont très particulières et que du temps peut être gagné. Pour un témoin libre de ses paroles et de ses gestes ça sera toujours préférable et même plus rapide d'appeler.

Mais c'est clair que ça pose des questions de sécurité.

Édité par Reznor26 le 28/11/2015 à 09:13
Avatar de Reznor26 INpactien
Avatar de Reznor26Reznor26- 28/11/15 à 09:36:44

Et puis globalement, avec des attaques aussi discrètes que de se faire exploser ou tirer à la kalash en pleine rue, c'est pas vraiment le nombre de témoins capables d'appeler le problème... ça changerait quelque chose uniquement pour des cas bien particuliers, qui n'ont finalement rien à voir avec le mode opératoire des attaques dont il parle.

Avatar de sephirostoy Abonné
Avatar de sephirostoysephirostoy- 28/11/15 à 09:45:08

Quand ça marchera bien, ils pourront faire de même : même problématiques, même contraintes techniques et même solutions envisageables.

Avatar de Z-os INpactien
Avatar de Z-osZ-os- 28/11/15 à 10:22:03

Déjà un moyen pour les contacter par sms pourrait être utile dans ces cas là.
Faudrait pas engorger le 114 qui n'est pas destiné à cela mais aux personnes avec des difficultés à entendre ou à parler.

Avatar de Valeryan_24 Abonné
Avatar de Valeryan_24Valeryan_24- 28/11/15 à 10:24:10

Le problème soulevé n'est pas là : il me semble avoir lu qu'un automobiliste avait repéré la Polo des deux tireurs qui allaient ensuite attaquer le Bataclan et avait trouvé leur comportement bizarre.

Il aurait essayé d'appeler (selon lui) "80 fois" la Police sans arriver à la joindre, ceci avant même que les événements du 13/11 ne commencent. Alors ça n'aurait peut-être rien changé (aurait-il été pris au sérieux, si oui les policiers seraient-ils arrivés à temps ?) mais qui sait, et dans le doute...

L'idée serait donc d'avoir un système permettant d'alerter les forces de l'ordre sans être bloqué par la saturation du 17 dans certaines grandes agglomérations - de toute façon, dans le trou du c... de l'Orne (coucou Hervé M.), ils n'y a ni la 4G ni même probablement de risque majeur :non:

Avatar de kd9 Abonné
Avatar de kd9kd9- 28/11/15 à 10:31:57

Liquid_Brain a écrit :

Disons que pour le spectre des événements terroristes ça a du sens les multiples signalements justement pour éviter les fausses alertes. Typiquement le 13 novembre, si tu vois plein de points poper sur Charonne, tu comprends qu'il se passe un truc. C'est un peu comme les applis «d'aides à la conduite» communautaires. Les rada... hmm... les dangers potentiels quelconque :transpi: ne sont signalés que si un certain nombre d'utilisateurs en fait part.

Après effectivement pour un truc plus isolé (du type j'entends mon voisin alcoolique taper sur sa femme), je ne vois pas trop l'intérêt, autant appeler directement le 112.

Je ne vois pas vraiment l'intérêt, car cela revient à la même chose en appelant le 112. Et la discrétion, si vous appellez le 112 en laissant votre téléphone décroché, ils vont vite comprendre en cas d'attentats.

Car si les gens soumettent des infos par l'appli, cela rajoute des problèmes potentiels (problème de data, comment savoir si la prise en compte est effective, honeypot, defaut ou erreur de geoloc, fausses informations sur un téléphone rooté, ou pire un super moyen comme indiqué par slowbrain pour faire un super piège ...).

Et en plus, les services d'urgences ont plus de facilité à traiter les infos et comprendre et recueillir et surtout communiquer des informations importantes. J'insiste sur ce point, car dans certains cas ils triangulent directement deux appels d'urgence de deux personnes et récupèrent des informations afin de les vérifier ou de noter dès éléments sur le vif.

Et les fausses alertes, c'est plus facile à distinguer avec le correspondant au bout du fil.

De plus, dans tous les exemples de cet article, je ne vois absolument pas un seul avantage pour une applications face à un simple appel au 112/17/18. Au mieux, juste du bruit pour moi.

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