Le Pakistan bloquera les services BlackBerry dès le 1er décembre

Une question de sécurité bien sûr
Mobilité 2 min
Le Pakistan bloquera les services BlackBerry dès le 1er décembre
Crédits : Steve Rhodes (licence CC BY-NC-ND 2.0)

Le Pakistan a décidé que BlackBerry Messenger ne serait bientôt plus légal. À compter du 1er décembre, les services de BlackBerry ne pourront plus fonctionner dans ce pays pour des « raisons de sécurité ». En filigrane se dessine l’omniprésente nécessité pour les services de renseignement d’accéder aux conversations.

Le gouvernement du Pakistan a annoncé qu’il comptait interdire l’utilisation des services BlackBerry (dont Messenger et BES) à partir du 1er décembre 2015. Très peu de détails sont fournis, mais des raisons de sécurité sont invoquées, sans dire lesquelles. Par sécurité, il ne faut bien entendu pas comprendre celle des utilisateurs, mais bien celle du pays. La menace ? Le chiffrement, encore et toujours.

L’information est révélée par Reuters, en contact avec un membre officiel de l’autorité pakistanaise des télécommunications, qui a d’ailleurs tenu à garder l’anonymat à cause du caractère sensible du sujet. Selon cette source, le gouvernement a contacté l’ensemble des opérateurs téléphoniques pour que l’option soit coupée au plus tard le 30 novembre. Les utilisateurs ne pourront alors plus se servir d’une messagerie connue justement pour son chiffrement et sa sécurité.

Privacy International dénonce le projet d'enregistrer toutes les communications IP

Un blocage immédiatement dénoncé par Privacy International, qui montre du doigt l’agence de renseignement pakistanaise Inter-Services Intelligence (ISI) pour son projet d’enregistrer toute communication IP transitant par le réseau national. L’ONG parlait ainsi dès 2013 du chiffre de 660 gigaoctets de données enregistrées par seconde, de 200 analystes embauchés pour surveiller jusqu’à 5 000 cibles particulières, « avec de la marge pour aller plus loin ».

Reuters et Privacy International notent cependant que la situation du Pakistan est particulière, avec une violence exacerbée, des combats réguliers et des attentats terroristes. Le pays succomberait ainsi aux sirènes de la surveillance renforcée, qui permettrait de prévenir un certain nombre de ces violences, au prix du sacrifice du « droit humain le plus élémentaire à la vie privée », note l’ONG.

Du côté de BlackBerry, la réaction est restée assez classique : « Bien que nous reconnaissions la nécessité de coopérer avec les requêtes légales des gouvernements sur les activités criminelles, nous n’avons jamais autorisé d’accès complet à nos serveurs BES ». Le fait est que la firme a déjà vu ses produits interdits dans plusieurs pays, dont les Émirats Arabes Unis et l’Arabie Saoudite en 2010. Au Royaume-Uni pèse également la menace d’une interdiction des messageries chiffrées.

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