Couverture de l'attentat, TV et radios dans de beaux draps ?

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Couverture de l'attentat, TV et radios dans de beaux draps ?
Crédits : robuart/iStock/ThinkStock

Le CSA a convié jeudi les radios et les chaînes de TV suite à leur couverture de l’attentat de Charlie Hebdo et des évènements qui l’ont suivi. À l’occasion, le Conseil supérieur de l’audiovisuel indique avoir mis en place « un suivi » des médias audiovisuels qui pourrait du coup générer quelques grondements.

Suite aux attentats de la semaine dernière, le flot d’informations des chaînes et des radios fait actuellement l’objet d’un examen (contradictoire) au sein de l’autorité de régulation. Dans cette course au scoop, le CSA cherche en effet d’éventuels manquements aux règles qui encadrent ces acteurs, que ce soit sur les réseaux classiques ou Internet (service de médias audiovisuels à la demande, contenus en direct)

Quels manquements ? Après la libération des otages du supermarché casher, une femme avait par exemple accusé BFM TV d’avoir mis en danger ces personnes : « Vous avez failli faire une grosse grosse erreur, BFM. Parce que vous étiez en direct avec les gens qui étaient dans la chambre froide. Ils vous ont dit qu'ils étaient six en bas, avec un bébé. Et deux minutes après, c'est passé sur BFM. Et le terroriste a regardé BFM. Heureusement qu'il n'a pas vu la bande, la bande qui passait en bas, sinon mon mari et les cinq autres étaient morts, parce qu'il descendait et il les mitraillait tous, parce qu'il était persuadé qu'il n'y avait plus personne en bas. Et BFM a marqué "5 personnes en bas plus un bébé". Trop d’information tue l’information. »

BFM s’est expliqué dans le Monde, contestant avoir diffusé le moindre bandeau « mentionnant des gens cachés ». Seulement, elle admet qu’un journaliste en plateau a bien « évoqué une femme qui se serait cachée dans une chambre froide », cependant « il l'a fait parce qu'il était en contact avec une personne du RAID sur place, qui lui avait dit que ces personnes-là n'étaient plus en danger, car les forces d'intervention avaient pris position près de la chambre froide. Pourtant, [ce journaliste] s'est ensuite dit que ce n'était pas la peine de redire cette information, par prudence. »

Nos confrères d’Arrêt sur Images ont répertorié bien des couacs dans ce flux d’extrême temps réel, notamment ceux égrenant les faits en cours. Lors de sa conférence de presse, François Molins, procureur de la République de Paris, a surtout souligné au feutre que l’identification des frères Kouachi, relayée dans les médias, avait obligé les autorités à accélérer les procédures. Et pour cause, elle « aboutissait de fait à faire disparaitre tout espoir et tout espérance de surprise à l’égard des gens que nous recherchions. »

Dans un premier communiqué, publié dans le feu des évènements, le CSA avait déjà invité les rédactions « à agir avec le plus grand discernement, dans le double objectif d’assurer la sécurité de leurs équipes et de permettre aux forces de l’ordre de remplir leur mission avec toute l’efficacité requise ». La réunion avec les acteurs de l'audiovisuels sera organisée jeudi 15 janvier à 15 heures, au siège du Conseil.

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