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Obsolescence programmée : des députés UMP déposent une proposition de loi

Jean-Vincent Replacé
Droit 5 min
Obsolescence programmée : des députés UMP déposent une proposition de loi
Crédits : Xavier Berne

Alors que la majorité a récemment adopté, non sans un certain manque de préparation, plusieurs dispositions visant à lutter davantage contre l’obsolescence programmée, une poignée de députés UMP vient de remettre le sujet sur le tapis en déposant une proposition de loi devant l'Assemblée. Leur texte est cependant très largement inspiré d'une proposition de loi rédigée il y a plus d'un an par les sénateurs écologistes.

« Réalité » pour certains, « théorie qui n’est pas prouvée » pour d’autres, l’obsolescence programmée continue de susciter le débat. En réalité, les facettes de ces pratiques consistant à raccourcir volontairement la durée de vie d’un produit pour qu’il soit remplacé plus rapidement par les consommateurs sont assez nombreuses et différentes : obsolescence par défaut fonctionnel (le produit est conçu pour que l’appareil entier cesse de fonctionner dès qu’une seule et unique pièce tombe en panne), obsolescence par incompatibilité (le produit ne fonctionne pas avec des versions ultérieures de logiciels ou avec celles d’un concurrent), obsolescence indirecte (l’appareil ne peut plus fonctionner dès qu’un de ses accessoires, tel qu’un chargeur, ne peut pas être changé ou réparé), etc. Certains ont même vu dans la récente fin du support de Windows XP une forme d’obsolescence programmée, à l’instar de nos confrères de 60 millions de consommateurs.

L’obsolescence programmée, invitée surprise à l’Assemblée nationale

Si l’on pensait ce sujet enterré depuis l’adoption de la loi Hamon sur la consommation (qui a rallongé la durée de garantie et obligé les vendeurs à fournir davantage d’informations aux consommateurs s’agissant de la disponibilité des pièces de rechange), il est réapparu par surprise à l’occasion de l’examen du projet de loi sur la transition énergétique. Un amendement écologiste a en effet été adopté, lequel considère comme pratique trompeuse le fait de raccourcir « intentionnellement » la durée de vie d’un produit lors de sa conception. Une telle infraction rentrerait ainsi dans le champ de l’article L213-1 du Code de la consommation, lequel sanctionne ces pratiques de deux ans de prison et de 300 000 euros d’amende.

 

Cette formulation ayant été jugée bien trop imprécise par différents élus, la majorité a complété le dispositif en adoptant, avec le soutien du gouvernement, un amendement définissant (enfin) ce qu’est l’obsolescence programmée. Le texte envoyé au Sénat prévoit ainsi que cela « désigne l’ensemble des techniques par lesquelles un metteur sur le marché vise, notamment par la conception du produit, à raccourcir délibérément la durée de vie ou d’utilisation potentielle de ce produit afin d’en augmenter le taux de remplacement ». Si ce projet de loi était adopté en l’état, alors il serait précisé que ces techniques « peuvent notamment inclure l’introduction volontaire d’une défectuosité, d’une fragilité, d’un arrêt programmé ou prématuré, d’une limitation technique, d’une impossibilité de réparer ou d’une non compatibilité ».

Une proposition de loi qui arrive après les débats sur la transition énergétique

Mais l’UMP semble vouloir reprendre la main sur ce sujet. Pourtant bien peu présente lors des débats en séance publique, la principale formation de l’opposition a déposé en fin de semaine dernière une proposition de loi visant à promouvoir « un autre rapport à la consommation, plus adapté aux défis du XXIe siècle, dans le but d’une préservation des intérêts écologiques et du pouvoir d’achat des consommateurs ».

 

Une vingtaine de députés menés par Dominique Le Mèner affirment ainsi que la France devrait chercher à « tirer profit d’une solution alternative » à l’obsolescence programmée. Selon eux, cette dernière « bénéficie surtout aux groupes internationaux dont l’essentiel de la production est délocalisé dans des pays à main d’œuvre bon marché, et donc peu pour notre pays ». Il préconisent de ce fait de favoriser « la réparation, vecteur de créations d’emplois non délocalisables ».

Un texte bien similaire à celui... des sénateurs écologistes

Sur le terrain du droit, ces parlementaires envisagent d’actionner plusieurs leviers. Premièrement, ils proposent de créer un délit spécifique à l’obsolescence programmée, lequel serait puni d’une peine maximale d’un an de prison et de 37 500 euros d’amende. « Tout stratagème par lequel un bien voit sa durée de vie sciemment réduite dès sa conception, limitant ainsi sa durée d’usage pour des raisons de modèle économique », serait ainsi réprimé de la sorte. Les mots sont différents et bien moins nombreux que dans la définition adoptée il y a quelques jours par les députés socialistes, mais force est de constater qu’en substance, cette formulation est extrêmement proche.

 

Deuxièmement, cette proposition de loi entend rallonger la durée de la garantie légale de conformité (art. L211-12 du Code de la consommation). « Actuellement de 2 ans, celle-ci serait alors portée à 5 ans » au 1er janvier 2016, expliquent les auteurs du texte. Ceux-ci veulent également que la période pendant laquelle tout défaut de conformité est présumé avoir existé au moment de l’achat soit de un an à compter du 1er janvier prochain, contre six mois aujourd’hui (art. L211-7). La pertinence de cette disposition visant à contraindre les fabricants à produire des biens de meilleure qualité semble cependant discutable : la loi Hamon prévoit d’ores et déjà de faire passer ce délai à deux ans à partir du 18 mars 2016.

 

Troisièmement, ce texte veut obliger les fabricants à fournir pendant dix ans les pièces « indispensables » à l’utilisation d’un bien, et ce à compter de la date de vente. Ces pièces détachées devraient par ailleurs être disponibles dans un délai d’un mois à compter de la demande d’un client. Un autre article vise, dans le même ordre d’idée, à imposer aux fabricants de « rend[re] disponibles les notices de réparation des produits ».

 

Si ce texte n’a guère de chances d’être adopté étant donné la composition politique de l’Assemblée nationale et le fait que des dispositions similaires ont d’ores et déjà été votées via le projet de loi sur la transition énergétique, on retiendra surtout qu’il reprend en très grande partie une proposition de loi déposée en mars 2013 au Sénat par... le groupe écologiste ! Mené par Jean-Vincent Placé, celui-ci proposait déjà de punir l’obsolescence programmée de deux ans de prison et de 37 500 euros d’amende, de faire passer la durée légale de conformité à 5 ans en 2016, ou bien encore d’imposer la disponibilité des pièces détachées pendant 10 ans (voir le texte de l’époque, à comparer avec celui déposé la semaine dernière à l’Assemblée nationale). 

44 commentaires
Avatar de Gilbert_Gosseyn Abonné
Avatar de Gilbert_GosseynGilbert_Gosseyn- 27/10/14 à 11:16:43

Ca irai dans le bon sens. A voir en pratique ce que cela peut donner, mais on peut craindre des lobbies industriels ...

Avatar de M_Michu INpactien
Avatar de M_MichuM_Michu- 27/10/14 à 11:25:24

Gilbert_Gosseyn a écrit :

Ca irai dans le bon sens. A voir en pratique ce que cela peut donner, mais on peut craindre des lobbies industriels ...

Ça ne donnera  rien, venant  de députés de   l'UMP, je pense que c'est juste pour faire parler d'eux, d'autant plus si c'est juste pour copier-coller la proposition de loi des écologistes.
Dans tous les cas ce sera impossible à prouver en pratique, et ça sera cassé par Bruxelles si la proposition passe. 

Avatar de LordZurp Abonné
Avatar de LordZurpLordZurp- 27/10/14 à 11:29:52

suffit de pas acheter de la merde et d'en prendre soin (entretien ...) :fumer:

Avatar de GuiJo INpactien
Avatar de GuiJoGuiJo- 27/10/14 à 11:33:05

C'est fou les propositions de lois que l'on fait et les positions que l'on prend quand on est dans l'opposition....:non:

Avatar de neointhematrix INpactien
Avatar de neointhematrixneointhematrix- 27/10/14 à 11:36:24

Amusant de voir nos députés proposer des lois totalement inapplicables juste pour se faire mousser...

Je propose une loi pour limiter le taux de conneries débitées à l'assemblée... Oh wait ! Inapplicable, ça aussi...

Avatar de Ph11 INpactien
Avatar de Ph11Ph11- 27/10/14 à 11:56:21

Ouiiin, je veux de la qualité et de la durabilité bon marché pour des objets que de toutes façon, je ne jetterai pas plus tard…
 
Et tout en voulant des lois contre l'obsolescence programmée, les députés veulent des politiques pour stimuler la demande, votent des primes à la casse, de nouvelles normes pour que les gens renouvellent leurs produits…
Vous avez acheté une fosse septique il y a quelques années ? Et paf, une amende, parce que celle-ci n'est plus à jour dans les normes et il faut en acheter une nouvelle…

Avatar de Spidard INpactien
Avatar de SpidardSpidard- 27/10/14 à 11:56:52

LordZurp a écrit :

suffit de pas acheter de la merde et d'en prendre soin (entretien ...) :fumer:

Facile à dire...
Cas concret : transfo pour imprimante, branché, posé et jamais touché (ni même débranché) pendant 4 ans. Il claque. Et bien sur le constructeur ne propose plus le modèle, ni même, pire, un équivalent de remplacement.
Solution selon eux : acheter une nouvelle imprimante.
Ma solution : dénuder, remplacer par un chargeur de même capacité. Fonctionne nickel depuis 1an 1/2.

Maintenant, comme dit dans les commentaires des autres articles, la définition donnée par le texte est trop floue. Mon cas est-il assimilé à une obsolescence programmée ? Puisque la définition du parlement inclut une impossibilité de réparer ou d’une non compatibilité, j'aurais tendance à dire oui...

Ph11 a écrit :

Vous avez acheté une fosse septique il y a quelques années ? Et paf, une amende, parce que celle-ci n'est plus à jour dans les normes et il faut en acheter une nouvelle…

Du vécu ? :transpi:

Édité par Spidard le 27/10/2014 à 11:58
Avatar de damaki Abonné
Avatar de damakidamaki- 27/10/14 à 11:59:02

Dans toutes ces propositions idylliques, seul le fait de fournir un guide de réparation (qui existe forcément de toute façon pour beaucoup de matériels...) est plein de bon sens. A minima, fournir un site où on peut le télécharger pendant une durée de 5 ans après l'achat (oui, l'achat, pas la durée de vie chez le fabricant).

Sinon, dans toutes ces volontés de légiférer, il y a un problème par rapport à la réalité du cycle de vente des produits : la date de fin de support d'un produit est souvent calculée à partir de sa date de sortie, pas sa date de vente. Ça c'est un énorme problème. Si vous achetez neuf un Galaxy Nexus, par exemple, l'ancêtre des Nexus 4 et 5, il n'est déjà plus supporté. Pareil pour un iPhone 4. Le produit est déjà bon à jeter avant même de l'acheter. Pourquoi bon à jeter ? Parce que les failles de sécurité qui peuvent apparaître et permettre de vous voler des fonds ou des infos ne seront jamais colmatées.
L'exemple du support logiciel était facile. Maintenant, regardons pour les ordinateurs portables dont les gammes se renouvellent à la vitesse de la lumière et pour lesquels il est difficile de changer le clavier 5 ans après sa sortie. Donc si vous achetez neuf et moins cher longtemps après la sortie, le support fait de vous un client de seconde zone.
Aucune de ces futures lois ne prend en compte ce point.

Avatar de manmax INpactien
Avatar de manmaxmanmax- 27/10/14 à 12:10:23

Le problème est que des produits de qualité cela commence à être dur d'en trouver.
Les fabricants produisent ce qui se vend et ce qui se vend c'est le pas cher.

Je viens de quitter la vente de produits multimédia, après 12 ans de loyaux services, et je pourrai vous parler des heures des anecdotes dans ce style, qui étaient rares avant mais quotidiennes à la fin.

La loi visant à forcer le fabricant a donner le délais de dispo des pièces détachées c'est pas mal, mais quand la pièce est au prix d'un nouveau produit..... le consommateur choisit avec son portefeuille.

Et le nouveau produit aura plus de fonctions pour moins cher, et il y a fort à parier qu'il durera encore moins longtemps......

Avatar de trash54 Abonné
Avatar de trash54trash54- 27/10/14 à 12:10:57

En plus de cette lois il faudrait aussi en faire une sur la vision d'obsolescence dans le cerveau des acheteurs

car bon quand on te sort des trucs genre "tout façon un smarphone/ordi/TV/... au bout de deux ans il faut changer car y a mieux" ....

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