Antitrust : Almunia demande à Google « d'apaiser nos préoccupations »

Sinon, ça va trancher
Droit 3 min
Antitrust : Almunia demande à Google « d'apaiser nos préoccupations »
Crédits : Joris Van Ostaeyen/iStock/Thinkstock

Pour la première fois depuis plusieurs mois, Joaquin Almunia, le commissaire européen chargé de la concurrence, s'est exprimé publiquement à Bruxelles au sujet du cas Google. Lors du bilan annuel sur la concurrence sur le continent, il confirme vouloir plus de concessions de la part de l'Américain. Il explique aussi qu'il ne souhaite pas que ce cas se transforme en débat politique.

« Voir si Google peut répondre à ces questions et apaiser nos préoccupations »

Dans moins de deux mois, les membres de la Commission européenne devront quitter leurs postes et seront donc remplacés. C'est le cas de l'Espagnol Joaquin Almunia, qui occupe le poste de commissaire chargé de la concurrence depuis désormais quatre ans, continuant le travail de Neelie Kroes. Ce bilan annuel sur la concurrence en Europe est donc son dernier. Après avoir abordé plusieurs cas, dont celui de la crise bancaire de ces dernières années, l'homme politique a en toute fin de discours dit quelques mots sur l'épisode Google et son abus de position dominante.

 

Pointés du doigt dans un premier temps par des entreprises privées, qu'elles soient européennes ou même américaines, ces soupçons d'abus de position dominante ont mené à une enquête de la part de Bruxelles et par la suite à de très longues négociations. Ces dernières ne sont d'ailleurs pas terminées, Almunia confirmant avoir encore demandé plus de concessions au moteur de recherche au début du mois de septembre, suite à l'envoi de preuves et d'arguments « solides » de la part des concurrents de Google.

 

« Nous devons maintenant voir si Google peut répondre à ces questions et apaiser nos préoccupations » a-t-il notamment commenté. Le commissaire a même rajouté une petite pique envers l'Américain en rappelant qu'en cas de mauvaises directions, la prochaine étape sera la « communication des griefs », ce qui implique généralement une lourde amende à l'arrivée.

« Préserver l'indépendance, l'impartialité et l'objectivité de nos procédures et décisions »

Mais un autre point a été développé plus encore par Almunia, à savoir celui de l'indépendance de la Commission européenne. Visant sans le dire certaines personnalités politiques, probablement celles venant d'Allemagne et de France, le commissaire a indiqué que ce qui importait le plus sont les faits et les arguments, et rien d'autre. « Je suis sûr que vous serez d'accord avec moi quand je rejette fermement les tentatives de transformer la mise en application de la concurrence en un débat politique ordinaire » a-t-il ainsi déclaré devant les membres du comité économique européen.

 

Google propositions Europe

 

Un peu plus loin, en fin de discours, le commissaire rajoute même que « la Commission européenne - et en particulier le commissaire à la concurrence - doit rester ferme pour préserver l'indépendance, l'impartialité et l'objectivité de nos procédures et décisions ». Une insistance sur ce sujet qui semble bien viser Berlin et Paris, qui ont multiplié les discours sur le cas Google. Il y a quelques jours à peine, le ministre de l'Économie du gouvernement allemand a par exemple déclaré qu'il souhaitait que le moteur de recherche soit plus transparent et livre des informations sur son algorithme, ceci pour une question de concurrence. Quelques mois plus tôt, alors qu'il était encore au gouvernement, Arnaud Montebourg n'a pour sa part pas hésité à affirmer que la position dominante de Google était un problème majeur en Europe et qu'il fallait réguler l'Américain.

 

Face à toutes ces réactions qui en quelque sorte polluent le bon déroulement des négociations entre Bruxelles et Google, Joaquin Almunia a donc voulu mettre les points sur les « i ». Il faut aussi dire que selon l'agence Reuters, plusieurs collègues du commissaire à la Commission sont opposés à un accord avec Google avec les propositions posées aujourd'hui sur la table. S'il existe une pression extérieure, celle en interne n'est pas non plus à minimiser. Si aucun accord ne venait à être trouvé d'ici ces prochaines semaines, Google devra en tout cas composer avec le remplaçant de Joaquin Almunia, Margrethe Vestager.

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