Le Royaume Uni va tester une classification par âge des clips sur YouTube

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Le Royaume Uni va tester une classification par âge des clips sur YouTube
Crédits : stevanovicigor/iStock/ThinkStock

Des clips vidéo diffusés par YouTube vont bientôt afficher une grille de classification par âge afin de protéger les plus jeunes. La mesure sera testée en octobre outre-Manche comme l'a annoncé David Cameron lors d’un discours devant la Relationships Alliance.

Au Royaume-Uni, le premier ministre David Cameron a indiqué devant la Relationships Alliance que « d’ici octobre, nous allons aider les parents à protéger leurs enfants contre une partie des clips vidéos disponibles en ligne en travaillant avec la British Board of Film Classification, Vevo et YouTube en testant une classification par âge de ces vidéos » (voir le discours officiel).

 

« Je suis sûr qu'à des moments, mes enfants ont été déçus parce qu'ils n'ont pas été en mesure de faire ou voir quelque chose. Mais ceci fait partie du rôle des parents, d'être capable d’utiliser le mot ‘non’, de pousser l'interrupteur de la télévision sur off aussi impopulaire que cela puisse être, et parfois inefficace parce qu'ils trouvent un autre écran quelque part en marche » a argumenté le même Cameron qui n’aura pas su éviter la litanie de l’internet-zone-de-non-droit. « Vous êtes sans cesse préoccupés par ce que les enfants vont trouver en ligne » a-t-il ajouté devant la presse anglaise.

Les applaudissements des majors de la musique

De son côté, la  British Phonographic Industry (BPI) s’est en tout cas dit d’accord avec les autorités anglaises : « il est important que les contenus soient mis à la disposition du public d'une manière responsable, en fonction des besoins et des préoccupations des jeunes internautes et de leurs parents ». Comme le souligne Wired, on ne sait encore comment sera orchestrée cette mesure : une mention au début de la vidéo ou bien une vérification un peu plus poussée en fonction de l’âge du titulaire du compte YouTube. De même, il s’agira de savoir si les parents ont la possibilité de filtrer les contenus en fonction de l’âge en utilisant un logiciel ou une fonctionnalité dédiée.

 

De fait, selon les majors britanniques, les détails techniques sont encore en cours d’élaboration, mais la classification retenue pourrait distinguer les contenus selon qu’ils peuvent être vus par des jeunes de plus de 12, 15 ou 18 ans. Cette distinction se fera sur une base volontariste et donc selon les choix des éditeurs de clips. Elle devrait présenter notamment une étiquette « parental advisory » lors du visionnage.

 

Le projet pilote durera trois mois avant une évaluation et une possible extension. « Si, comme espéré, ce projet pilote est un succès, ajoute la BPI, alors la prochaine étape pourrait être de réclamer des fournisseurs de services en ligne d’introduire des filtres par âge afin que les familles aient de nouvelles options pour bloquer les vidéos dont elles considèrent le visionnage comme inapproprié pour les enfants. »

Et en France ?

En France, un tel système n’existe pas, ou pas encore. Le CSA a déjà mis en place cependant une signalétique pour les Services de Médias Audiovisuels à la Demande (VOD, etc.). En 2011, il a ainsi défini 5 catégories d’âge, distinguant les contenus s’adressant à tous les publics jusqu’aux contenus interdits aux mineurs de 18 ans (« programmes pornographiques ou de très grande violence réservés à un public adulte averti et susceptibles de nuire à l'épanouissement physique, mental ou moral des mineurs de 18 ans »).

 

Mais ses yeux se tournent aussi vers les plateformes participatives. Michel Boyon, peu avant de laisser son fauteuil de président du CSA à Olivier Schrameck, avait par exemple révélé son vœu de voir régulés les « contenus audiovisuels privés sur Internet », spécialement les vidéos en libre accès sur YouTube avec pour marotte la protection de la jeunesse. La mise en place d’une signalétique sur les plateformes vidéo est en effet une idée qui circule dans ses couloirs de longue date.

 

Alors que le grand et hypothétique projet de loi sur la Création est toujours en préparation, l’un des articles qui a fuité veut aussi permettre au même CSA de définir les conditions d’identification des services les plus vertueux pour la protection de l’enfance, conditions devant être prises en compte par les logiciels de contrôle parental proposés par les FAI.

 

En janvier 2013, afin d'inciter à l'adaptation du régime des SMAD aux plateformes comme YouTube, Olivier Shrameck secouait les résultats d’un baromètre de l’institut BVA qui « montre que 74 % des personnes interrogées jugent important ou très important de veiller à la protection de l’enfance pour les contenus vidéo disponibles sur internet ». Il ajoutait qu' « afin de répondre à cette préoccupation, les compétences du Conseil supérieur de l’audiovisuel pourraient être étendues selon des modalités adaptées aux spécificités d’internet, à l’ensemble des contenus audiovisuels mis en ligne sur les sites internet, dans le cadre d’une co régulation. Celle-ci serait fondée sur l’autorégulation des éditeurs de sites, en partenariat avec les autres acteurs concernés, notamment les associations familiales. »

 

Cette idée transpire également sur les murs de l’Assemblée nationale. Récemment, le député Daniel Goldberg a en effet proposé une signalétique identique à celle de la télévision ou au cinéma, «immédiatement visible sur chaque page de chaque site » avec des logos « -10 », « -12 », « -16 », « -18 », et pour les plus jeunes : « -3 » et « -7 ».

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