Achats in-app : Amazon dans le collimateur de la FTC, Google pointé du doigt

« C’est lui qui a commencé ! »
Mobilité 5 min
Achats in-app : Amazon dans le collimateur de la FTC, Google pointé du doigt
Crédits : Tijana87/iStock/Thinkstock

En début d’année, Apple avait été épinglée par la FTC américaine pour sa politique des achats in-app. La firme, visiblement mauvaise perdante, n’a pas pu s’empêcher de pointer Google du doigt pour une politique jugée « pire » que la sienne. La Commission pourrait donc bien s’en prendre désormais à Mountain View, alors que son enquête sur Amazon provoque la colère de l’entreprise.

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Apple épinglée par la FTC pour sa politique des achats in-app 

En janvier, la Federal Trade Commission a réclamé 32,5 millions de dollars à Apple. L’entreprise a accepté l’accord pour dédommager les nombreuses personnes qui avaient été « victimes » d’achats réalisés le plus souvent dans les applications par les enfants. L’accord stipulait même que si le remboursement n’atteignait pas le plafond des 32,5 millions de dollars, le reste serait versé directement à la FTC.

 

Ces erreurs d’achats sont un sujet que nous avons abordé à plusieurs reprises. C’était notamment le cas en 2011 quand nous avions interrogé un père de famille qui avait été face à cette situation. La faute en incombait initialement à la politique d’Apple sur les achats in-app, ces compléments que l’on peut installer au sein des applications existantes. Dans le cas du Village des Schtroumpfs, sa fille de sept ans avait pu acheter pour 500 euros de « baies » qui permettant d’accélérer certaines opérations du jeu. Pourquoi ? Parce que toute utilisation du mot de passe ouvrait une fenêtre de 15 minutes durant laquelle il n’était plus demandé pour achats suivants.

« Dépenser comme un marin ivre » 

Apple avait rapidement corrigé le tir devant la multiplication de cas, et la firme avait remboursé les familles qui avaient pris la peine d’appeler le support client pour exposer le souci. Cela n’avait cependant pas empêché la plainte collective et la FTC s’était alors emparée de l’affaire, aboutissant à l’accord de janvier dernier. Politico, qui a obtenu de nouvelles informations grâce à une requête FOIA (Freedom of Information Act), révèle désormais qu'Apple n’a pas voulu tomber seule.

 

inapp

 

Environ une semaine après la décision de la FTC à son encontre, l’un des responsables juridiques d’Apple, Bruce Sewell, a adressé un courrier aux commissaires Edith Ramirez et Julie Brill pour leur rappeler que la situation était pire chez Google : toute utilisation du mot de passe ouvrait une fenêtre de 30 minutes, ce qui permettait à un enfant, selon Sewell, de « dépenser comme un marin ivre ». Évidemment, voyant que la FTC commençait à s’intéresser de près à ce genre de cas, Google a modifié les conditions de son Play Store : le mot de passe est devenu obligatoire pour chaque achat, comme pour Apple.

 

Selon Politico, il y a de bonnes chances désormais pour la Commission américaine s’en prenne désormais à Google. Après tout, la décision concernant Apple a été prise bien après la révision de sa politique sur les achats in-app et parce qu’un recours collectif avait eu lieu. Or, un recours collectif du même acabit a été démarré en mars contre Google, quelques jours à peine avant que la firme ne revoie justement les conditions de son Play Store.

Amazon dans le collimateur, mais l'entreprise n'a rien à se reprocher

La FTC doit encore annoncer publiquement si une nouvelle action doit être tentée. Il serait en fait tout à fait logique qu'elle s’en prenne plus largement au problème, quelle que soit l’entreprise concernée. En effet, elle a déjà annoncé son intention d’examiner la situation d’Amazon, dont les achats in-app fonctionnent sur le même modèle que précédemment chez Apple et Google.

 

Cependant, le géant de la vente en ligne est prêt à se battre pour ne rien changer à ses habitudes. Il y a une semaine, le Wall Street Journal révélait en effet qu’Amazon avait écrit à la FTC pour lui annoncer que si l’enquête persistait, l’affaire irait devant les tribunaux avant qu’une quelconque amende soit imposée. L’entreprise indiquait en outre qu’elle allait déjà plus loin que ce que la Commission avait exigé d’Apple, remboursant systématiquement les personnes qui rapportaient des erreurs dans leurs achats in-app.

 

Le fait est que ces achats sont générateurs d’une immense activité financière. Comme nous pouvons régulièrement le voir dans nos colonnes, ils sont pleinement en phase avec l’évolution des jeux vidéo notamment, dont les titres « free to play » invitent les utilisateurs à dépenser quelques dizaines de centimes ou quelques euros pour jouer un peu plus vite, ou un peu longtemps. Le phénomène Candy Crush montre à quel point ce modèle est efficace, et n’est pas prêt de s’arrêter.

Les achats in-app, une manne providentielle et régulière 

Or, si les sociétés possédant des plateformes mobiles, telles qu’Apple, Google, Microsoft ou encore Amazon tiennent à ces achats, ce n’est uniquement parce qu’ils sont « pratiques ». Ils sont initialement une réponse à un problème concret, notamment dans le cas des journaux et magazines en ligne, qui permettent de récupérer la dernière édition pour une certaine somme, plutôt qu’au travers d’une nouvelle application. Mais les entreprises touchent également une part du butin : de 15 à 30 %, comme n’importe quel autre contenu acheté depuis les boutiques d’applications.

 

Qu’il s’agisse de Google ou d’Amazon, certains estiment que la FTC fait son travail. Joni Lupovitz, vice-présidente de l’ONG Common Sense Media, en fait partie : « Je pense que la FTC est sur la bonne voie en forçant ces entreprises à se montrer responsables quand elles se rendent compte qu’elles n’ont pas fait preuve de transparence sur leurs achats in-app et qu’elles ne fournissent pas les contrôles appropriés » a-t-elle indiqué à Politico. Concernant les révisions des politiques des boutiques d’applications, elle a appelé à la prudence : « Les entreprises modifient leurs pratiques et leurs politiques de protection de la vie privée en fonction de la météo. C’est pour cela qu’elles doivent être contraintes par un ordre de la FTC, qui leur dit voici un principe, une politique ou une pratique, vous devez vous y tenir ».

 

Durant les prochains mois, on devrait donc en apprendre davantage sur l’affaire touchant déjà Amazon, et sur l’éventuelle enquête qui aura lieu envers Google.

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