Le pacte anti-OPA de Telecom Italia explose, son futur en question

Le dessous des cartes version télécom
Economie 4 min
Le pacte anti-OPA de Telecom Italia explose, son futur en question

Le prochain très grand acteur du monde télécom à être racheté pourrait-il être Telecom Italia ? L'opérateur historique italien, plus petit que ses concurrents, en perte et endetté massivement, va en effet voir certains actionnaires le quitter. De quoi laisser la porte ouverte à l'intrusion d'un autre opérateur étranger, Telefonica en tête. Mais des sociétés d'investissements pourraient aussi en profiter et la vente de l'opérateur est encore loin d'être réalisée.

Telecom Italia logo

Fin du pacte anti-OPA

Alors que ces derniers mois, les rachats de câblo-opérateurs, d'acteurs « secondaires » ou de fournisseurs d'accès TV se sont multipliés, souvent à coup de milliards d'euros, un évènement majeur se prépare en Italie. L'ex-opérateur public, et privé depuis la fin des années 1990, va voir son actionnariat se transformer. En 2006-2007, un pacte avait en effet été signé entre plusieurs banques et investisseurs locaux (Generali, Mediobanca, Intesa Sanpaolo) en sus de Telefonica, ceci afin d'empêcher tout rachat hostile par une autre société, notamment l'Américain AT&T ou encore le Mexicain Telmex. Ce pacte s'est matérialisé sous la holding Telco, qui détient plus de 22 % de l'opérateur transalpin. Mais cette alliance va désormais voler en éclat suite à son expiration.

 

Ces derniers jours, plusieurs sociétés ont annoncé qu'elles allaient quitter le navire. Generali et Mediobanca n'ont ainsi pas caché qu'elles allaient céder la majorité de leurs parts. La porte est donc grande ouverte pour une redistribution des cartes au sein de l'actionnariat de Telecom Italia, même si l'on parle ici d'une part minoritaire pour le moment. Il faut de plus rajouter que l'autre actionnaire de la holding Telco, Telefonica, n'a pas annoncé qu'il vendrait ses parts. A contrario, l'opérateur espagnol a augmenté sa présence au sein de la holding, et par conséquent au sein de Telecom Italia.

Un opérateur en crise

Tous ces évènements sont en réalité le fruit de nombreux mouvements ces derniers mois et d'un constat difficile pour l'opérateur italien. Ce dernier a par exemple perdu son PDG sur démission en octobre dernier suite à des dissensions sur la stratégie à adopter et aux pressions exercées par les actionnaires, dont Telefonica. Et surtout, l'opérateur, faute d'une internationalisation trop faible et d'un marché local limité, est le plus petit des opérateurs historiques du continent. Son chiffre d'affaires est le plus faible, sa valorisation boursière est deux fois inférieure à celle d'Orange et trois fois plus faible que Telefonica et Deutsche Telekom, sa dette est très importante au regard de sa taille, la société a enregistré de fortes pertes ces dernières années et les agences de notation ne sont pas tendres avec l'opérateur.

 

Le mauvais bilan de Telecom Italia pousse donc certaines actionnaires à réduire sa dette au plus vite, quitte à céder certains rares actifs que compte l'opérateur à l'étranger. L'an passé, il a ainsi cédé ses parts dans Telecom Argentina et les rumeurs se multiplient ces derniers temps quant à une éventuelle vente de TIM Brasil, société majeure au Brésil qui compte des dizaines de millions de clients.

Telefonica loin de détenir Telecom Italia

Toutes ces agitations, en sus de la mode actuelle de la concentration des opérateurs, vont-elles mener à une vente de Telecom Italia à un autre géant du secteur ? Pas forcément. Pour le moment, Telefonica ne détient qu'une part minoritaire (même si importante), et sans la vente de TIM Brasil, Telecom Italia est encore trop onéreux pour sa bourse. Qui plus est, l'opérateur espagnol est encore plus endetté.

 

Rajoutons que certaines personnalités politiques italiennes voient d'un très mauvais œil la possibilité qu'un autre fleuron national puisse appartenir à un acteur étranger. « Nous ne pouvons pas nous permettre de perdre le contrôle du premier opérateur de téléphonie après avoir perdu celui d'Omnitel, Wind, Fastweb et H3G. L'Italie a encore quelques grandes entreprises qu'elle ne peut pas perdre » expliquait par exemple le sénateur démocrate et président de la commission des Affaires industrielles, Massimo Mucchetti, peu avare de commentaires sur ce dossier. Interrogé par la Corriere della Serra l'an passé, le sénateur pointait du doigt Telefonica qui souhaitait croquer le marché italien, tout en ne cachant pas sa crainte de voir d'autres gloires italiennes tomber aux mains d'étrangers, à l'instar de Fiat et de Pirelli.

Le PDG de Telecom Italia veut le départ de l'État

Le scénario le plus crédible selon la presse italienne est donc que Telefonica gardera une part importante de Telecom Italia, mais que de nouveaux investisseurs entreront dans la danse. Cela pourrait être le cas du fonds américain Amber Capital, qui détient déjà 1 % de TI. Dans un futur plus ou moins proche, un autre évènement majeur pourrait toutefois tout bouleverser : la vente des parts de l'État Italien. Giuseppe Recchi, le PDG de Telecom Italia, a en tout cas appelé son gouvernement à abandonner sa participation, alors qu'à l'instar d'Orange, l'État a encore un pouvoir décisionnel au sein de l'opérateur privé, même si partiel. Et concernant l'arrivée de nouveaux investisseurs, Recchi s'est dit favorable à ce scénario : « Il y a de la place pour les (fonds, ndlr) activistes en Italie tant qu'ils font des propositions constructives, de long terme ».

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