Rachat de Bouygues Telecom : Orange n'abdiquerait pas

Et Free compte bien en profiter
Economie 4 min
Rachat de Bouygues Telecom : Orange n'abdiquerait pas

Une partie de poker menteur semble actuellement se jouer dans le secteur télécom français. Les présidents de Bouygues Telecom et Orange ont ainsi déclaré cette semaine que leurs discussions n'avaient pas abouti, sans plus de précision. En coulisse, selon nos confrères des Échos, les tractations continueraient cependant. Un rachat en cash et non en action pourrait même être tenté par l'opérateur historique.

« Les moyens d’assurer son avenir de façon autonome »

Officiellement, la filiale du groupe Bouygues compte bien rester indépendante et ne pas s'offrir à un autre opérateur. Sa forte réduction d'effectif de 1 516 collaborateurs, qui touchera principalement ses services marketing, réseaux et informatiques, en est la preuve selon ses arguments. Dans son communiqué, l'opérateur a d'ailleurs déclaré vouloir se donner « les moyens, grâce à ce plan de transformation global, d’assurer son avenir de façon autonome. Dès 2015, Bouygues Telecom sera dans cette nouvelle configuration, viable et crédible et fera bouger le marché, comme cela a toujours été son ambition. »

 

Mais cette transformation, qui concerne près de 17 % des salariés, ne sera pas appliquée avant plusieurs mois. Le plan de départ volontaire ne débutera qu'au 15 novembre prochain, et s'il venait à être insuffisant, un plan de sauvegarde de l'emploi (PSE) sera mis en place début 2015 jusqu'à mi-mars. D'ici là, un autre évènement peut bien entendu arriver : une offre ferme et crédible déposée sur le bureau de Martin Bouygues. Le PDG du groupe n'a aujourd'hui plus de raison de garder une branche située dans un secteur trop concurrentiel pour elle, sachant que son retard dans le secteur fixe se paie lourdement dans le mobile.

Vendre ou prendre le risque de perdre de la valeur

Les scénarios sont donc simples désormais : soit Bouygues cède sa filiale, soit il insiste en dégraissant son effectif et en tentant le tout pour le tout, en prenant le risque de s'affaiblir plus encore. En cas d'échec, la valeur de la société sera d'autant plus faible et ses concurrents se partageront alors les miettes dans quelques années. La véritable question est donc de savoir si une offre concrète peut dès aujourd'hui convaincre le PDG du groupe Bouygues. Et à ce jeu là, seul Orange semble pouvoir répondre à ses désirs, les autres opérateurs n'ayant pas les reins financiers suffisants ni l'État pour les pousser à ouvrir leur portefeuille.

 

Boutiques Bouygues Telecom

Si les services marketing et informatiques seront lourdement touchés, les boutiques seront épargnées

 

Hier, suite à l'annonce des licenciements et de son désir de rester autonome, l'action de Bouygues s'est effondrée de plus de 6 %. L'action d'Iliad (Free) en a fait de même, tandis que celle d'Orange accusait le coup, mais à un degré moindre. Preuve que pour les actionnaires, il n'y a qu'une seule et unique réponse qui les contenteront : la consolidation du marché et donc la vente de Bouygues Telecom. Si aujourd'hui, les actions des principaux opérateurs ont toutes retrouvé leur valeur d'hier avant la chute, le signal n'en reste pas moins fort.

 

Et selon le quotidien économique Les Échos, rien n'est vraiment terminé. Avant l'annonce d'hier, Bouygues souhaitait obtenir un accord de principe avec l'opérateur historique afin de l'annoncer et donc d'éviter les licenciements. Mais aucun accord n'a pu être réglé avec Orange. Ce dernier n'a pas baissé les bras pour autant. Des sources chez l'opérateur indiquent ainsi à nos confrères que le créateur de la Livebox pourrait racheter cash la filiale du groupe Bouygues, ceci avec l'apport de Free.

Sortir complètement le Groupe Bouygues du marché télécom

Croquer l'opérateur via une offre en cash implique une sortie totale de Bouygues dans le secteur télécom. Au contraire, une acquisition en action aurait par exemple pu permettre au groupe de détenir des actions d'Orange, à l'instar du rachat de D8 et D17 par Canal+ qui a permis à Vincent Bolloré d'entrer dans le capital de Vivendi, au point de le propulser PDG. Mais ce scénario, qui reste plausible, n'est donc pas le seul et une proposition 100 % cash, avec par exemple 6 milliards d'euros par Orange et 2 milliards d'euros par Free, est aussi une possibilité.

 

Mais officiellement, Bouygues compte bien rester indépendant et à la modification de son effectif se rajouteront d'autres changements, telles la simplification de ses offres, la modernisation de ses boutiques, et surtout une agressivité accrue dans le réseau fixe (en ADSL et le très haut débit) afin de réduire les marges de Free. Reste à savoir si tous ces efforts porteront leurs fruits. Dans le cas contraire, l'opérateur n'en sera que plus affaibli et sera à ramasser à la petite cuillère dans une poignée d'années. 

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