Microsoft vise désormais le multiplateforme

Oui mais... et Windows ?
Logiciel 5 min
Microsoft vise désormais le multiplateforme
Crédits : MrIncredible/iSotck Editorial/Thinkstock

La Code Conference de cette semaine a permis à Satya Nadella, nouveau PDG de Microsoft, d’éclairer l’assistance sur sa vision du futur de l’entreprise. Le patron, prompt à esquiver les questions sur le passé, a décrit un Microsoft qui ne devrait plus avoir grand-chose de commun avec ce qui a fait sa réputation jusqu’à présent.

windows 8.1

Des plateformes et des hommes 

On ne peut pas dire que Microsoft soit actuellement en difficulté. Forte de 130 000 employés à travers le monde depuis le rachat de la branche mobile de Nokia et assise sur un énorme trésor de guerre, ses bilans trimestriels témoignent d’une augmentation constate du chiffre d’affaires. Pourtant, beaucoup estiment aujourd’hui que Microsoft est à la croisée des chemins et que la firme se prépare à entamer une profonde mutation de son activité professionnelle, en transformant notamment la vision qu’elle a de ses propres produits.

 

Au cours de la Code Conference, le nouveau PDG de la firme, Satya Nadella, a donné quelques indications sur la suite des opérations chez Microsoft. La manière dont le virage de la mobilité a pu être raté ou le nombre d’entretiens par semaine avec Bill Gates n’étaient pas des sujets qu’il souhaitait aborder. Mais alors que l’on pourrait juger que la firme n’en a pas besoin, Nadella a indiqué qu’elle se recentrait actuellement sur ce qui constitue le cœur de son activité : « créer des plateformes, créer des outils pour la productivité ».

Faire de chaque produit un univers cohérent et disponible partout 

De manière très intéressante, à aucun moment donné les mots « Windows » et « Office » ne sont apparus dans la conversation. C’est ici qu’intervient le grand changement qui laisse deviner d’importantes conséquences pour l’avenir : il n’est plus question de river les produits les uns aux autres. Chacun va évoluer librement et devenir une offre cohérente pour le multiplateforme. Les dernières annonces sur la technologie .NET vont d’ailleurs précisément dans ce sens.

 

L’un des premiers signes concrets de ce changement de philosophie est d’ailleurs l’arrivée d’Office pour iPad. La suite bureautique devient justement l’un de ces produits qui existe sous de multiples formes afin d’être toujours accessible. Il n’est donc plus question d’essayer d’attirer autant que possible l’utilisateur vers Windows ou vers d’autres services, ou même de bloquer complétement la disponibilité d’une application ou d’un service. « Ce ne sera désormais plus une tactique » a d’ailleurs ajouté Nadella.

 

Le futur de l’entreprise appartient désormais à la coopération entre les divisions, ce qui est d’ailleurs « l’essence » de la vision Microsoft One qui a entrainé une vaste réorganisation interne. La présentation de l’outil de traduction en temps réel dans Skype est d’ailleurs l’illustration de cette politique puisque le projet est le résultat d’un rapprochement entre les équipes de Skype et de Bing Translator. Il sera également disponible sur toutes les plateformes à terme, même si la priorité reste Windows 8.

 

Mais Nadella tâche également de deviner à quoi pourrait ressembler « l’ère post-post-PC ». À vrai dire, l’ère post-PC change de visage assez régulièrement. Elle se manifeste à travers les tablettes notamment, dont le PDG pense d’ailleurs qu’elles sont loin d’avoir délivré leur plein potentiel à ce jour. Et comme si le message n’avait pas été assez clair, Nadella en rajoute une couche : « C’est un monde aux multiples appareils où vous construisez des plateformes et des applications qui couvrent ces appareils. À partir de maintenant, vous nous verrez lancer des choses sur plusieurs plateformes ». Traduction : Office pour iPad n’était qu’une première étape, et une version pour Android est très certainement en cours de finalisation.

Le rôle de Windows changera 

Si Microsoft compte faire de chaque produit un univers à lui seul et une offre cohérente pour tous les types d’utilisateurs, la plateforme d’accueil perd son importance en tant que telle. Qu’il s’agisse d’Office, de Skype, d’Outlook.com et du reste, peu importe finalement l’appareil utilisé et le système d’exploitation qui s’y trouve. Or, cela est également valable pour Windows, et c’est sans doute la raison pour laquelle Microsoft ne s’était pas décidé jusqu’à présent. Ce qui pose évidemment la question de l’argent rapporté par le système et sa place future dans la stratégie de l’éditeur.

 

Une chose est claire : le rôle de Windows au sein de Microsoft va évoluer, c’est une évidence. Les décisions prises dans ce sens depuis plusieurs mois montrent que la firme diminue ou casse le cout de la licence. C’est le cas pour Windows Phone comme pour les tablettes de moins de 9 pouces et, annoncée plus récemment, l’édition « Windows 8.1 with Bing » permet de réduire le prix de la licence pour les OEM en échange de la promesse de laisser Bing comme moteur de recherche par défaut dans Internet Explorer.

Un Windows 365 par abonnement ? Pas si vite ! 

Cependant, si Microsoft souhaite vraiment que Windows puisse finalement être utilisé à la manière d’un Android, qu’en est-il des rumeurs d’un système d’exploitation par abonnement, ce fameux « Windows 365 » ? Car après tout, il est logique de penser que la firme pourrait s’orienter par exemple sur une version basique qui serait gratuite, mais couplée à des fonctionnalités payantes et donc un abonnement mensuel ou annuel, comme pour Office 365.

 

Selon Mary Jo Foley cependant, un tel produit n’est pas en préparation par Microsoft. Souvent très bien informée, elle indique qu’un tel abonnement ne devrait pas arriver : « Après avoir demandé un peu autour de moi, je pense que Windows 365 n’est pas réel, n’est pas en développement et n’est pas prévu ». Pourquoi pas ? Parce que Windows est une plateforme justement, pas un service ni un produit, dans le sens où il ne s'agit que d'un socle. Si l’on suit le message de Nadella, Windows n’est donc plus qu’un socle sur lequel viennent s’exécuter des produits. Et si l’on pousse la réflexion un peu plus loin, on peut même se demander pourquoi il serait nécessaire de payer ce qui n’est finalement qu’une plateforme parmi d’autres.

 

Dans tous les cas, Nadella veut transformer l’industrie du PC, que Windows devienne gratuit ou pas : « Je veux créer de nouvelles catégories. L’écosystème PC a besoin d’une nouvelle innovation. Elle viendra dans les couches logicielles, elle viendra dans les couches matérielles. Nous avons de nouvelles applications ». Mais avant d’en arriver là, la firme devra montrer qu’elle dispose d’une vision claire sur ce qu’elle pense être le futur de l’informatique, car la dichotomie apparue avec Windows 8 puis corrigée ensuite avec les mises à jour risque d’avoir représenté finalement une perte de temps.

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