L'équipe de Studio Bagel ira « peut-être vers l'abonnement payant un jour »

Mais via de nouvelles chaînes

Nos partenaires d'Arrêt sur images diffusent aujourd'hui leur dernière émission de l'année. Elle se focalise sur le Studio Bagel, son ascension fulgurante de ces derniers mois et son modèle économique. Au gré de l'échange, on peut apprendre que l'équipe n'exclut aucune source de revenus, pas même celle de l'abonnement payant. Une fonctionnalité déjà proposée par YouTube.

Arrêt sur images Studio Bagel

Natoo et Mr Poulpe

 

La dernière émission d'Arrêt sur images se voulait centrée sur les Youtubeurs, en pleine période de refonte de la gestion des droits par le site américain (nous y reviendrons d'ailleurs bientôt). Un sujet qui avait déjà évoqué par nos confrères un peu plus tôt dans l'année, mais sur lequel ils voulaient revenir afin de constater l'évolution de ces derniers. Et dans le « Making-of », on comprend que cela n'a pas été si simple. La raison principale ? L'apparition d'un intermédiaire nouveau, mais bien connu des journalistes : l'attaché de presse et ses citations aussi mythiques que « vos titres ne donnent pas envie, c’est toujours très critique ».

De la difficulté d'inviter une star du web en plateau

Si après de nombreuses discussions il a été possible de faire venir Monsieur Poulpe et Natoo du Studio Bagel, ainsi que leur producteur Lorenzo Benedetti, pour les autres, ce fût un refus ou une esquive. Jérôme Niel ? Refus via l'attaché de presse. Antoine Daniel ? Pas d'émission de TV. Pas mieux du côté du Joueur du grenier ou de Cyprien qui était en tournage. Rémi Gaillard, pour sa part aura ironiquement lancé un « Tu as l’air gentille, je te fais des bisous. Mais vous pourrez me réinviter pour faire la promo de mon film qui sort en mars ».

 

Pour autant, l'émission est intéressante. Tout d'abord parce qu'elle revient sur une aventure née de la passion d'humoristes qui ont fait d'internet leur mode de diffusion principal, comme une manière de s'affranchir des contraintes leur permettant d'accéder à la télévision... pour finalement y finir. Financé au départ par YouTube, le Studio Bagel s'est en effet depuis assez largement associé à Canal+, qui s'est à son tour associé avec YouTube. La boucle est bouclée.

 

Pour autant, l'esprit créateur de l'équipe semble y rester intact. Le Dézapping du Before ne serait ainsi pas modéré par les équipes de la chaîne qui ne valident pas les textes, les membres du collectif continuent de diffuser ce qu'ils veulent sur leurs chaînes respectives, alors que Studio Bagel (derrière lequel on retrouve aussi Black Dynamite Productions) cherche même à fournir un studio et des moyens à ses membres, un peu comme va le faire Dailymotion par exemple. 

Des figurants à la publicité : Studio Bagel comment ça marche ?

L'autre point important concerne la gestion de la publicité et le financement de l'équipe. La « Première question relou » aura concerné les figurants qui apparaissent dans certaines vidéos, comme c'était le cas dans En couple sur Facebook :

 

 

Ici, on apprend qu'il s'agit de fans, qui sont prévenus par une application du tournage et sont filmés pendant qu'ils y assistent sur un lieu public. Aucune instruction, aucune obligation donc, lien de subordination oblige. Car ceux-ci ne sont bien entendu pas payés, alors « qu'il y a une convention collective qui impose que chaque personne qui est à l'image soit payée. » Un cas rare selon le producteur, puisque les figurants sont rarement utilisés.

 

Mais ce qui a surtout intéressé l'équipe de Daniel Schneidermann, c'est le mélange qu'il peut parfois exister entre publicité et contenu. Ce fût le cas de manière assez claire pour Mission 404, que nous avions évoqué dans nos colonnes puisque cette initiative s'était mystérieusement retrouvée mise en avant par Capital, une émission de M6, que l'on retrouve aussi derrière le collectif Golden Moustache qui était justement partie prenante de cette vidéo.

 

Qu'en est-il des publicités en pre-roll dans lesquelles on retrouve les membres de Studio Bagel, n'est-ce pas une source de confusion ? Pas pour l'équipe pour qui la distinction est claire puisque cela apparaît comme un message publicitaire. Un choix « malin » pour Monsieur Poulpe qui devra tout de même faire face à un animateur qui rappelle son côté « publiphobe primaire »

L'humour et la production de vidéos sur internet : en route vers le modèle payant ?

Là où les choses se corsent, c'est lorsque ce sont des marques sont clairement au centre d'une vidéo, comme Mc Donald's, SFR ou Yop. Est-ce de la publicité ? Lorenzo Benedetti précise alors que tous les contenus de la chaîne n'intègrent pas de contenus publicitaires. Ceux-ci sont réservés aux espaces dédiés alors que Mission 404 a par exemple été publié sur la chaîne d'Orangina.

 

Mais sans doute conscient des questions que cela peut soulever, il précisera que « Grâce à la pub, on peut financer nos contenus [...] Aujourd'hui on essaie de diversifier de plus en plus, en allant en télé, en s'essayant à d'autres choses, parce qu'on se dit qu'on ne veut être dépendant d'aucun secteur. C'est-à-dire qu'on ne veut pas être dépendant ni spécialement de la pub, ni de la télé [...] On ira peut-être vers de l'abonnement un jour, comme vous, parce que c'est un truc qui, pour le coup, nous affranchit totalement, de tout. [... ] On est en train de réfléchir à des choses qui nous permettraient de modéliser une logique d'abonnements. » Bien entendu, cela ne concerne pas Studio Bagel, qui vient de fêter son million d'abonnés qui permettent de générer sans doute de larges revenus publicitaires à chaque publication. La chaîne est donc gratuite « et le restera ».

 

youtube chaîne payante

YouTube et ses chaînes payantes

 

Pour autant, une porte semble être ouverte pour des contenus Premium diffusés sur d'autres chaînes « avec une production encore plus ambitieuse ». Cela tombe bien, YouTube propose depuis quelques mois maintenant la possibilité de rendre l'accès payant à certaines chaînes, et le propose à un nombre croissant de ses utilisateurs. Une tendance qui va donc sans doute aller à la hausse dans les mois et les années qui viennent et qui devrait rapidement commencer à inquiéter les géants du secteur si elle venait à être couronnée de succès. On comprend dès lors un peu mieux la volonté de Canal+ de s'investir dans ce mode de diffusion qui s'affranchit de nombreuses contraintes (CSA, facilité d'accès même en mobilité, lecture possible sur une TV via des technologies d'affichage sans fil, etc.).

 

D'autres devraient suivre, au risque de devenir les grands perdants du bouleversement qui est en marche, et qui n'attendra sans doute pas que la loi daigne s'adapter, à moins que le CSA ne vienne finalement y mettre son grain de sel.

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