Interview de Jonathan Benassaya, fondateur de Deezer.com

Interview de Dreezer (page 1)

Nous avons interviewé en fin de matinée, l’un des créateurs de Dreezer, l’offre d’écoute gratuite, illimitée et légale de musique lancée aujourd’hui.

Financée par la publicité, cette offre, montée sur les restes de BlogMusik.net, bouscule les habitudes d’écoute. Sans se confondre avec une webradio, puisqu’un moteur permet d’exploiter la base et autorise la gestion des playlists, le système mis en place ressemble davantage au Joost de la musique. Il n'aura ainsi pas à se confronter aux problèmes de légalité qui gâchent l'aventure YouTube et Dailymotion.

PC INpact : Que s’est-il passé après l’épisode de la SACEM en février ?

Jonathan Benassaya : Ce qui s’est passé ? Nous avons fermé Blogmusik.net, on a investi dans des serveurs, on a hébergé tous nos contenus et on a utilisé une technologie de reconnaissance d’empreinte sonore qui nous permet maintenant d’assurer un tracking de toutes les écoutes. Et donc de mettre en place une rémunération pour les auteurs.

blogmusikdeezer
Avant / Après

Donc vous savez exactement combien de fois tel morceau a été écouté et la quote-part qui revient à tel artiste ?

Exactement, tout ce qu’il y a de plus exhaustif comme informations.

Comment avez-vous pu boucler un tel dossier ? La SACEM n’a pas tiqué ?

Avant de signer avec la SACEM, des modèles, on a tourné, retourné, on a fait des simulations, on a fait plein de choses. Et finalement, nous avons réussi à mettre en place notre modèle. Maintenant nous passons aux producteurs, au mois de septembre. Mais vu que la quasi-totalité des maisons de disque attendait qu’on signe la SACEM pour finaliser nos accords, ce qui est chose faite, la rentrée va être très très excitante.

Rappelons qu’il y a deux droits dans la musique : le droit des auteurs, le droit des producteurs. En terme de priorité, ce sont les auteurs qui passent au premier plan, ensuite les producteurs. Donc, même si les producteurs sont prêts à avancer très vite, il faut finaliser la rémunération des auteurs, qui est faite par la SACEM. Nous avons posé ici les fondations sur le nouveau modèle. Par-dessus, nous allons maintenant rajouter les briques des producteurs et sommes déjà en négociation bien avancée avec les majors et les indépendants. Rendez-vous donc au mois de septembre.

Que se passerait-il si une des majors, par exemple Universal, refusait de signer tel artiste ?


Je leur dirais gentiment qu’on enlève tous les titres Universal de la diffusion de Deezer et nous alerterons les consommateurs. Mais aujourd’hui on s’est tous fait confiance, et étant donné le niveau de discussion atteint entre nous et l’industrie, on avance et encore plus sûrement depuis lundi, jour de la signature de la SACEM.

deezer

Au niveau des sources, où se situent les morceaux de musique, pas chez vous tout de même ?


Si ! Je ne vous raconte pas ce que l’on a comme machine.

Vous avez un petit Google Bis !

Non, tout de même pas (rire). Nous avons 200 000 morceaux et si on devait se comparer à des sites de diffusion vidéo, entre vidéo et musique, il y a un ratio de 1 à 6. A audience identique, on a donc une architecture six fois plus faible.

Sachant aussi qu’en informatique, il y a certains stades à passer pour vos investissements. Chaque stade devient ensuite exponentiel. En toute évidence, cela nous coûte beaucoup moins cher de diffuser de la musique que de la vidéo.

Interview de Dreezer (page 2)

Grosso modo, si l’on résume, vous ouvrez un Dailymotion ou un Youtube légal et dédié au monde de la musique, et avec accord des ayants droit.

Oui, sauf qu’on le fait à l’envers, nous : on signe avant d’être gros.

Puisque vous êtes imprégnés dans le monde de la musique jusqu’au cou, comment voyez-vous l’avenir de la musique en ligne ?

Comme Deezer  !

Et que pensez-vous des solutions de téléchargements couplées à des offres FAI, nous pensons évidemment à Orange et surtout Neuf avec Universal ?

Pour tout vous dire, je ne crois pas à l’abonnement pour écoute sur PC, tout simplement parce que vous avez déjà Deezer. En terme de qualité, vous aurez la même chose sauf qu’ici vous ne payez pas. Deezer, vous y avez accès partout sur la planète. Votre téléchargement, vous n’y aurez accès que sur un ou deux ou trois PC. Au travail, chez vos amis, etc. vous faites comment ? Avec Deezer, on tape son log in et son mot de passe, et l’on retrouve toute sa playlist.

deezer

A partir du moment où vous faites de l’écoute sur une machine, il n’y a pas d’avantage. Avec Deezer, vous entrez dans une communauté. Vous allez avoir un réseau social, un portail de news avec un nouveau site en septembre, on réfléchit aussi à la possibilité de faire une table de mixage en ligne sur le site, etc. Bref, qu’est-ce que vous voulez vous embêter à réfléchir à ce que vous allez télécharger ?

Maintenant, il ne faut pas leur jeter la pierre à ces gens là - j’ai beaucoup de respect pour eux - mais l’avenir n’est pas dans le fait de payer un abonnement. Maintenant si l’avenir est de retrouver sa musique quelque soit le canal de diffusion, là ça devient intéressant.

Au niveau des publicités, vous avez opté pour des bannières. Envisagez-vous des pubs en audio ?

Oui, on va le tester, mais comme pour tout, dans la pub, quel que soit le support, on a besoin d’atteindre une masse critique pour devenir cohérent avec les annonceurs. Aujourd’hui quand je veux investir un spot dans une radio, je sais avec Médiamétrie que dans telle tranche, je vais toucher 150 000 personnes qui vont écouter mon annonce. Tout cela est lié à l’évolution du trafic, mais vous avez raison, la pub audio est intégrée dans notre plan de développement.

youtube kyo

D'ailleurs, Youtube se lance aussi dans les pubs vidéo greffées dans leur clip...

Nous avons un gros avantage par rapport à Dailymotion ou Youtube c’est que nous, notre catalogue est 100 % copyrighté. Je peux donc garantir à l’annonceur qu’il n’y aura pas de contenu illégal. Comment moi, Coca Cola, je peux être sûr que je ne vais pas « cobrander » une publicité sur un crash d’avion ? Par comparaison, la situation est plus intéressante chez Joost, puisqu'on y a un contrôle sur tout le contenu. C’est plus intéressant pour le consommateur, qui n’est pas embêté, et le diffuseur qui maximise sa monétisation.

Merci Jonathan !

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