Share de BitTorrent : partage simplifié et illimité

Introduction & Rappel

BitTorrent est un service bien connu des amateurs de réseaux décentralisés et d'échanges de fichier en P2P. Le protocole, utilisé légalement par de nombreuses sociétés pour la distribution de données (Blizzard pour ses mises à jour, Canonical pour les ISO d'Ubuntu...). Plus souvent utilisé par le grand public pour le téléchargement que pour l'envoi de fichiers, il pourrait connaître un nouvel essor avec Share, un outil disponible depuis peu en version Alpha.

Bittorrent Logo

Distribué directement par BitTorrent, il prend la forme d'un logiciel indépendant, disponible pour Mac OS X et Windows. Il devrait néanmoins être bientôt intégré dans d'autres solutions de l'éditeur comme µTorrent, par exemple.

BitTorrent, késako ?

Pour rappel, le protocole BitTorrent permet la diffusion large de données, avec un bon débit, sans nécessiter le moindre hébergement de celles-ci. En effet, chaque fichier est morcelé en de multiples fragments qui seront diffusés par la source originale, qui est un « seed » (semence).

Lorsqu'un utilisateur aura récupéré l'un de ces fragments, il se mettra à son tour à le diffuser et deviendra un « Peer » pour les autres membres du réseau qui pourront le récupérer depuis chez lui. Peu à peu, il se formera un cercle vertueux permettant de maximiser le débit global de distribution du fichier. Une fois que l'utilisateur aura récupéré complètement le fichier, il deviendra alors à son tour un  « seed » .

Bittorrent Wikipédia
Crédit : Wikipédia

Pour éviter de monopoliser de manière constante le réseau, la plupart du temps un ratio de partage est établi : vous acceptez de diffuser X fois la quantité de données récupérée afin de permettre à l'ensemble de garder une cohérence.

Un vocabulaire et des usages spécifiques... pas toujours simples à appréhender

Un principe simple et équitable, qui n'est pour autant pas sans complication. En effet, comme nous le disions précédemment, si le téléchargement par BitTorent est peu complexe et si les clients sont largement disponibles via des logiciels dédiés, dans certaines box ADSL (la Freebox par exemple), via des extensions pour des navigateurs ou même le navigateur lui-même dans le cas d'Opera, leur diffusion est une autre paire de manches.

En effet, si le fichier n'est présent que chez les utilisateurs du réseau, un « tracker » est en charge de la surveillance de l'ensemble. Il vous faudra, comme l'explique ce document, créer un fichier .torrent contenant des métadonnées, choisir un tracker et configurer votre partage. Pour simplifier la question du tracker, le client µTorrent en intègre un par défaut depuis quelque temps, afin de permettre de faciliter les échanges privés.

C'est sans doute de cette initiative qu'est née la volonté de Share : aller encore un peu plus loin dans la simplification et l'amélioration de l'expérience utilisateur. En effet, comme nous l'avons rapidement appris suite à la mise en ligne du premier client public, encore au stade de l'Alpha, Share se distingue des solutions actuelles par deux caractéristiques principales :
  • Le vocabulaire propre à BitTorrent est totalement absent
  • Un système de cache des fichiers est mis en place via Amazon ECS et S3
Ainsi, dans Share, vous n'entendrez pas parler de  «  seeds », de  «  tracker  »  ou de  «  peers  » . L'outil se veut simple, grand public et social. Vous y trouverez donc des gros boutons, des actions faciles à comprendre, des groupes d'amis, des commentaires et même une intégration de Facebook.

Share Officiel

L'installation, la création de compte, les groupes

Comme nous le disions précédemment, Share prend forme d'un client indépendant à télécharger, sous Mac OS X ou Windows (que nous avons utilisé pour nos tests). Il devrait aussi bientôt être disponible sous la forme d'un complément pour µTorrent.

Une interface simple, mais qui sent encore parfois l'Alpha...

Dans notre cas, nous avons donc récupéré un exécutable de 565 ko à peine qui ne nécessite pas d'installation. Vous aurez directement une fenêtre vous incitant à partager un ou plusieurs fichiers via un glisser-déposer ou via un bouton « Parcourir ».

Share 

Vous devrez ensuite indiquer votre adresse e-mail, celles des personnes à qui vous voulez envoyer votre fichier, ainsi qu'un message (optionnel). Comme nous l'évoquions plus tôt, on retrouve une intégration de Facebook qui vous permet de sélectionner vos destinataires parmi vos amis.

Une interface qui est, comme annoncée : simple et efficace. On notera néanmoins parfois certaines latences en raison de temps de chargement qui ne sont pas indiqués à l'utilisateur. Espérons que cela sera corrigé d'ici une éventuelle phase de bêta.

Share : un partage sans limites... si ce n'est celle de votre ligne

Pour rappel, Share ne permet que des échanges privés. Il vous sera alors impossible de disposer d'un lien afin de diffuser largement un fichier. Par contre, aucune limite de taille ne vous sera imposée dans le fichier partagé. Attention néanmoins, comme vous serrez en partie à l'origine du partage, le débit de votre ligne peut influer sur le temps nécessaire à l'envoi comme nous le verrons un peu plus loin.

Typiquement, avec une ligne ADSL et ses 100 ko/s en émission, il faudra 1h30 environ pour partager 500 Mo de données. L'utilisateur sera donc en partie limité par sa ligne avant tout.

Share 

Une fois votre premier fichier partagé, un compte sera créé pour vous et vous recevrez d'ailleurs un mail de confirmation.

Une gestion de compte encore un peu trop simpliste, qui manque de sécurité ?

On trouvera par contre étrange que le mot de passe créé ne soit pas communiqué à l'utilisateur. Il faudra donc bien penser à le modifier directement, sinon vous devrez en redemander un nouveau via la procédure d'oubli.

Certains regretteront aussi sans doute qu'il soit possible d'envoyer un fichier en déclarant une adresse mail sans la moindre vérification préalable de celle-ci. Une fois utilisée une première fois il sera bien entendu impossible de recommencer (le compte ayant alors été créé), mais il est hypothétiquement possible de se faire passer pour n'importe quelle personne n'ayant jamais utilisé Share.

Le client en détail

Ce compte vous servira autant pour l'envoi de données que pour leur réception. Ainsi, vos amis devront à leur tour disposer d'un compte Share pour recevoir les données que vous leur avez envoyées. Le service se veut en effet social comme le montre la nouvelle interface qui s'offrira à vous une fois connecté :

Share

On voit que l'outil se découpe en plusieurs zones. La barre du haut vous permettra ainsi d'envoyer de nouveaux fichiers, de vous déconnecter ou de gérer votre compte. Les options actuellement disponibles sont assez faibles :
  • Modifier votre pseudo
  • Modifier votre mail
  • Modifier votre mot de passe
  • Modifier votre avatar
Pour le mot de passe, on notera là encore une bizarrerie : pour le modifier, nous n'avons droit qu'à un seul champ. Il faudra donc veiller à ne pas faire de faute de frappe.

Qhare

Une interface simple et claire, mais qui manque encore de maturité

La zone centrale sera celle qui regroupera tous les fichiers que vous avez partagé ou que vos amis partagent avec vous. Actuellement aucun système de filtre, de tri ou de recherche n'est proposé ou presque. Un ami vous partage un fichier que vous ne voulez pas voir ? Il sera tout de même dans la liste et impossible de le masquer. Seul celui qui est à l'origine du partage peut vous retirer de la liste des destinataires, ou le supprimer purement et simplement.

Une icône représentera chaque partage, vous indiquant que vous pouvez le télécharger, le pourcentage d'avancement (avec une couleur verte pour l'envoi et bleue pour la réception) ou qu'il est disponible pour l'ouverture. Vous saurez aussi combien de fichiers le composent, la taille globale, le débit de l'envoi / réception, les personnes concernées, depuis combien de temps il est partagé...

Share

On aurait tout de même aimé pouvoir avoir accès au nom des différents fichiers lorsqu'un partage en embarque plusieurs, et pouvoir attribuer un nom à ce dernier. En effet, par défaut il prendra le nom du fichier, ou du premier d'entre eux... pas toujours très parlant, donc.

Une application ? Plutôt une Webapp packagée qui utilise le moteur d'IE

Cette interface pourra être rafraîchie manuellement via un bouton dédié, ce qui sera parfois nécessaire. La touche F5 pourra aussi être utilisée, Share n'étant qu'une application Web placée dans une fenêtre. Sous Windows, elle utilise d'ailleurs le moteur d'Internet Explorer et nécessitera au moins la version 8 pour fonctionner (attention aux mises à jour sous XP, donc).

Notez que vous aurez la possibilité de converser avec vos amis via un système de commentaire assez simple. Vous pourrez aussi décider de faire l'impasse sur ces derniers via un bouton dédié.

Des groupes d'amis, des commentaires, Facebook : le partage se veut social

Une barre latérale, située à droite, vous propose ensuite la gestion des groupes. En effet, chaque utilisateur partageant des fichiers avec vous, ou avec qui vous partagez des fichiers vous serra proposé par un système d'auto-complétion lors d'un nouveau partage.

Share 

Mais vous avez aussi la possibilité de créer des groupes d'amis afin de vous faciliter la vie pour envoyer des documents à différentes personnes de votre environnement professionnel ou familial. Vous aurez alors la possibilité de ne voir que les fichiers concernant tel ou tel groupe.

Chaque groupe disposera d'un nom, pourra être identifié par une photo et vous pourrez directement y inviter des amis par mail ou, là encore, via votre compte Facebook.

Du côté de l'icône dans la barre de notification, elle vous permettra de limiter les débits en émission et en réception, de quitter l'application (et donc de stopper les partages qui ne sont pas en cache) ou d'accéder aux site / forum de Share.

Enfin, notez qu'un bouton « Feedback » vous permet de remonter votre avis (en anglais) à l'équipe qui développe le service. Une manière de faire évoluer les choses d'ici la publication des prochaines versions.

Le partage dans la pratique & Conclusion

Comme nous l'avons vu à plusieurs occasions, vous avez donc la possibilité de partager un ou plusieurs fichiers avec des amis ou des groupes d'amis. Une fois ce partage créé, que se passe-t-il ? Tout d'abord, vos amis reçoivent un mail les incitant à créer un compte Share ou à lancer leur client.

Share: tout est dans le cache ?

Comme nous l'avons évoqué en introduction, un système de cache existe pour les fichiers uploadés. En effet, afin d'améliorer au mieux l'expérience utilisateur, celui-ci permet au client de créer une copie sur les serveurs EC2 / S3 d'Amazon où vos amis pourront trouver vos fichiers si votre client n'est pas lancé, ou en attendant qu'assez de copies soient disponibles à travers le réseau.

Cela ne semble pour le moment pas systématique, sans que nous ayons pu déterminer la logique. Un choix effectué certainement afin de réduire les coûts, le temps de trouver un juste milieu acceptable au niveau économique durant cette phase de test.

Share

Mais comme annoncé, lorsque c'est le cas, le téléchargement sera assez rapide une fois le fichier entièrement envoyé. Sinon, dans le cadre d'une connexion purement P2P, vos amis seront dépendants de votre débit et de celui des autres personnes qui disposent d'au moins une partie du fichier.

D'ailleurs, une question se pose. Si un groupe d'amis partage la dernière ISO d'Ubuntu, Share permettra-t-il à un autre groupe d'amis échangeant le même fichier de piocher dans leurs fragments ? Quid du fichier torrent partagé directement par Ubuntu ? Une chose est sûre pour l'instant, les sources de ce dernier ne sont pas utilisées... ce que l'on pourra trouver dommage, d'une certaine manière.

BitTorent : un protocole vraiment adapté à un partage avec 2 ou 3 amis ?

Car là, il va vite se trouver la limite d'une telle solution : si un réseau P2P prend tout son sens à l'échelle nationale ou mondiale, lorsqu'il ne s'agit que d'une communauté de quelques personnes, il peut en être tout autrement, surtout si personne n'est équipé en fibre optique ou d'une connexion avec un débit d'émission important.

Outre les améliorations de son outil, BitTorrent devra donc faire face à la concurrence de solution telles que Ge.tt ou Sendoid que nous évoquions il y a quelques mois, ou d'autres plus proches de nous avec ForgetBox, développé par un jeune français : Séverin Marcombes. Ne misant pas forcément sur le P2P, elles se veulent aussi simples et efficaces, avec pour chacune, ses avantages et ses inconvénients.

Quelles seront celles qui arriveront à séduire le plus large public, sauront évoluer et qui auront encore un sens d'ici quelques mois ? L'année 2012 nous semble pleine de promesses en terme de rebondissement sur le sujet.

Vous n'avez pas encore de notification

Page d'accueil
Options d'affichage
Abonné
Actualités
Abonné
Des thèmes sont disponibles :
Thème de baseThème de baseThème sombreThème sombreThème yinyang clairThème yinyang clairThème yinyang sombreThème yinyang sombreThème orange mécanique clairThème orange mécanique clairThème orange mécanique sombreThème orange mécanique sombreThème rose clairThème rose clairThème rose sombreThème rose sombre

Vous n'êtes pas encore INpactien ?

Inscrivez-vous !