Windows Vista : quel succès à sa sortie ? (2/2)

Quand il n'y en a plus, il y en a encore 121

VistaD’après les questions des analystes à un grand nombre de sociétés, il apparaît que les prévisions les plus optimistes parlent d’une intégration de Vista dans les parcs aux alentours de la mi-2007. D’un point de vue strictement professionnel, six mois ne représentent que peu de temps. La très grande majorité des sociétés procéderont à des essais sur 12 ou 18 mois, ce qui en général est la durée des tests d’un système. Autre avantage, hérité des précédentes versions de Windows : cette période de tests laisse en général le temps à Microsoft de sortir un premier Service Pack. On n’est jamais trop prudent.

Microsoft estime que le parc concerné par l’arrivée de Vista sera d’environ 200 millions de machines. La société possède deux principaux leviers pour ses ventes : les mises à jour et le marché OEM. Cependant, le système sera particulièrement optimisé pour des technologies n’ayant pas, et de très loin, envahi le marché, comme le 64 bits et le dual-core. Dans ce contexte, les mises à jour pourraient ne pas donner d’excellents résultats, car il apparaîtra vite que le système ne fonctionnera pas de manière optimale sur un Pentium III 500MHz avec 128Mo de mémoire vive.

Le marché OEM, quant à lui, pourrait très bien fonctionner, n’étaient les ventes moribondes prédites par les analystes. Néanmoins Microsoft pourra peut-être compter sur les ventes d’ordinateurs portables qui connaissent un succès grandissant, et dans une proportion toujours plus importante, pour remplacer la machine de bureau.

Vista finira probablement sur un nombre très important de PC, mais son adoption sera graduelle. Selon une étude du cabinet Jupiter Research, sur l’ensemble des sociétés interrogées de 250 employés au moins, 76% utilisent Windows XP, mais 51% utilisent encore également Windows 2000, soit de manière partielle, soit sur l’intégralité de leurs parcs. Ce système a d’ailleurs un vif succès dans le monde professionnel, bien que là encore, de manière graduelle. Enfin, 29% des sociétés interrogées utilisent encore également Windows NT 4.0.

Autre point : la décision de Microsoft de porter certains éléments propres à Vista vers Windows XP. Preuve s’il en est de l’éclatement de Vista en composants, le portage de certaines technologies est une décision à double tranchant. Trois éléments principaux seront portés vers Windows XP : Windows Presentation Foundation (WPF, anciennement Avalon), Windows Communication Foundation (WCF, anciennement Indigo) et Internet Explorer 7.0. WPF et WCF seront réunis au sein du Service Pack 3 de Windows XP qui sortira un peu après Vista. Internet Explorer 7.0 sera disponible avant.

Avec cette décision, la volonté de Microsoft a été avant tout de diffuser ces technologies au maximum pour que les développeurs se familiarisent au plus vite. Ainsi, les différentes sociétés travaillant dans le logiciel pourront commencer à exploiter de nouvelles possibilités et la migration vers Vista n’en sera que plus simple. Inconvénient majeur : nul besoin de migrer vers Vista pour profiter de ces technologies. C’est effectivement le cas en théorie. Dans la pratique, les possibilités seront bien plus vastes sur Vista, car WPF et WCF y seront mieux intégrés et donc mieux optimisés.

Le cas d’Internet Explorer 7.0 n’est guère différent. La version qui sera disponible pour Windows XP et Server 2003 sera bel et bien nouvelle et contiendra un grand nombre de nouveautés (bon, il fallait bien ça…). Cependant, la version intégrée à Vista profitera d’un nombre plus étendu de fonctions, notamment l’exécution en mode restreint pour éviter qu’une menace quelconque puisse passer du navigateur dans le reste du système.

Un nombre croissant d’avis exprime une certaine reconnaissance pour le travail accompli sur Vista et sur certaines technologies qui gravitent autour, comme l’environnement .Net. Cependant, un an avant la sortie de ce qui apparaît comme la plus aboutie des versions de Windows réalisées jusqu’ici, il semble que Vista soit cependant victime de son retard. Selon les analystes en effet, il aurait fallu que le système sorte en 2004, ce qui était effectivement sa première date de sortie. D’un autre côté, le projet actuel est de loin beaucoup plus intéressant et l'on imagine mal le Vista actuel sortir en 2004 en regard des technologies qu’il intègre.

On peut comprendre le rythme que s’impose désormais Microsoft pour tenir ses délais et ne plus retarder son système. Cinq ans entre Windows XP et Vista représentent un véritable fossé que certains ont exploité à juste raison. Le rythme effréné actuel permettra, selon la firme de Redmond, de sortir également une version Bêta par mois. Résultats : les développeurs et le public ont le temps de s’habituer aux nouveautés, et le système peut être médiatisé régulièrement.

Tout ceci n’empêchera pas votre serviteur de continuer à tester les différentes versions Bêta et de vous tenir informés des nouveautés.