Une pause dans la numérisation Google Print

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livreNouveau couac dans le projet Google Print ? Google a décidé de mettre temporairement en pause son projet de numérisation d'ouvrages. On rappellera à ce titre que Print est un moteur de recherche capable de retrouver une information dans des livres préalablement numérisés. Selon les cas, seules trois pages sont accessibles, le lecteur pouvant alors procéder à l'achat s'il est intéressé. D'autres fois, c'est l'intégralité de l'ouvrage qui est accessible, lorsque celui-ci est dans le domaine public.

De fait, le projet bénéficie à la fois de l’apport des éditeurs, mais aussi de la collaboration d’universités réputées comme Harvard, Stanford, ou Oxford. Plus de 14 millions d'ouvrages sont concernés et leur numérisation doit s'achever normalement dans 6 ans. Toutefois, si le projet est séduisant sur le papier, il n'échappe pas à la critique.

Déjà, en Europe, des voix s'élevaient pour évoquer un risque d'hégémonie. « A partir du moment où l'on numérise ces 14 millions de livres, il y a un sentiment de puissance, [cela] pose un problème car il y a forcément un choix vu d'Amérique, et choisir, c'est forcément coloré. Ce n'est pas neutre » notait ainsi Jean Noël Jeanneney avant de solliciter la création d'une bibliothèque européenne similaire.

Ce week-end, Google a été confronté à un problème plus grave, lié aux droits d'auteur. Un problème qui a occasionné une pause de trois mois. Plusieurs éditeurs et auteurs estiment que Google viole leurs droits en numérisant et publiant sans autorisation leurs ouvrages trouvés dans les bibliothèques. Afin de crever cet abcès en formation, Google a opté pour une solution à la saveur très particulière : "Désormais, les détenteurs des droits peuvent nous dire quels livres ils préféreraient ne pas nous voir numériser, si nous les trouvons dans une bibliothèque. Pour (leur) permettre d'examiner ces possibilités, nous ne numériserons aucun livre sous copyright d'ici à novembre " a ainsi précisé Adam Smith, responsable du projet.

Il reviendra donc aux auteurs de faire connaître leur opposition, et non à Google de chercher ceux qui sont d'accord pour figurer dans le catalogue en ligne. "C'est faire marcher sur la tête la législation du droit d'auteur", a déclaré Patricia Schroeder, P-DG de l'Association des éditeurs américains, à l'agence Reuters. Des éditeurs pourront néanmoins soumettre des listes d'ouvrages à ou à ne pas numériser (système d'opt-out) Google assimile cette procédure à celle de son moteur de recherche. Si un site veut interdire l'indexation, il suffit d'utiliser les procédures techniques pour se voir ignorer par le moteur (fichier robots.txt).

"Nous pensons que la plupart des éditeurs et auteurs choisiront de participer au programme afin de présenter leur oeuvre aux innombrables lecteurs de par le monde, mais nous savons que tout le monde n'est pas d'accord et nous voulons faire de notre mieux pour respecter les opinions", a déclaré Adam Smith, chargé du programme chez Google.