Spywares : le peuple monte au créneau

Et si ils réussissaient là où tant d'autres ont échoué ? 56

Avec les spams, les spywares sont un de ces fléaux modernes que nous apprécions grandement et qui nous garantissent parfois de magnifiques journées. Bien que le temps qui passe nous ait appris à instaurer certaines règles basiques de sécurité, ces bestioles sont toujours très présentes et se tiennent à l’affût de la moindre faille exploitable sous Windows, ou plus fréquemment encore d’une faille dans le comportement de l’utilisateur.

Certains ont pour autant décidé de ne pas se laisser faire. L’action se passe aux Etats-Unis et met en œuvre un moyen de plus en plus courant d’attaquer une société lorsque l’on n’a pas le budget de Microsoft à consacrer aux frais de justice : les « class actions ».  Ces procédures sont ouvertes dans le sens où le nombre de participants est virtuellement illimité et où d’autres personnes peuvent ensuite se joindre.

Deux sociétés sont attaquées : Direct Revenue et 180Solutions. Non seulement ces sociétés sont attaquées, mais elles le sont par d’authentiques citoyens américains qui en ont tout simplement ras la casquette de cette plaie. Autre information importante : une telle action en justice pourrait montrer l’exemple et ouvrir une époque de procès en tous genres contre l’ensemble des sociétés dont le commerce tourne autour de ces bestioles pas très nettes.

Il est pour le moment difficile d’évaluer la portée dans le futur de ces actions, et certains se demandent même si ces procès ont la moindre chance d’aboutir à un résultat concret. Pour les partisans d’un monde sans spyware cependant, toute action entreprise contre ce genre de sociétés est un pas dans la bonne direction.

Selon Ben Edelman, un étudiant célèbre pour ses travaux sur les spywares, il est trop tôt pour juger des conséquences de ces procédures. Le fait est que les deux sociétés visées sont connues, implantées aux Etats-Unis, disposent de fonds suffisants et leurs « quartiers généraux » sont facilement trouvables. Seulement voilà, les sociétés derrière les spywares les plus pénibles ne sont pas aussi facilement atteignables.

Depuis quelques mois, beaucoup de ces sociétés font de gros efforts pour changer leur image, tentant même de négocier avec les vendeurs de solutions anti-spyware pour que leurs produits ne soient plus reconnus comme tels. D’un autre côté, Edelman souligne que Direct Revenue et 180Solutions engrangent des dizaines de millions de dollars par an, et que cet argent provient dans tous les cas de publicités affichées chez des utilisateurs qui n’ont jamais accepté de voir apparaître vingt popups en cliquant sur n’importe quel lien, ou d’avoir une barre de superbes outils inutiles dans leur navigateur.

D’autres jouent un peu les observateurs « blasés », notant au passage qu’il n’y rien de nouveau ici. Cependant, au regard de tous, il sera très intéressant de suivre les retombées de ces actions, notamment au regard de la loi. Il se pourrait en effet que devant la virulence de l’opinion et surtout son unanimité, la loi soit plus durement appliquée. A dire vrai, la première porte s’est ouverte avec le procès d’Intermix.

L’action d’Elliot Spitzer contre cette société a en effet montré au public que les sociétés faisant du spyware un business n’étaient pas hors d’atteinte. Mais Spitzer était un procureur, pas un « citoyen de base ». Les class actions d’aujourd’hui sont différentes, et déjà placées sous une bonne augure, car le juge se serait montré intéressé par les plaintes et aurait montré sa sympathie devant la cause.

Si un déchaînement devait suivre contre toutes les sociétés de ce genre, serait-ce un mal ?