Petite histoire d'Internet Explorer

Quelle nostalgie chez Microsoft en ce moment 80

La nostalgie doit envahir Microsoft ces derniers temps, car en plus des trente ans de la société, nous « fêtons » également cette année les dix ans d’Internet Explorer. Des débuts du navigateur jusqu’à la future version 7, voici un petit tour d’horizon de ce cette série.

Tout prend place à une époque où le web était différent. En fait, il n’existait même pas. On convient que la première page web a été postée le 6 août 1991 par Tim Berners-Lee, qui a également proposé la première vraie forme du World Wide Web. Avant cela, Internet était un système d’échanges de données à travers les FTP, Gopher et Usenet. L’ancêtre d’Internet Explorer se nomme Mosaic et avait été créé par le NCSA (National Center for Super Computing Applications).

A ses débuts, il s’agissait d’une application extrêmement novatrice, répandant un concept nouveau de consultation de l’information, et présentant pour la première fois également une interface graphique (GUI). Un peu plus tard, l’ensemble des technologies et la marque Mosaic furent revendues à la société SpyGlass. Le code source fut racheté en 1995 par Microsoft afin de générer le premier Internet Explorer. Entre temps, une partie des développeurs de Mosaic avait travaillé sur un autre projet qui allait aboutir en 1994 sous le nom de…Netscape.

Le premier Internet Explorer n’était pas livré avec Windows 95 lors de sa sortie mémorable du 24 août. Il fit son apparition dans le tout premier pack Plus! sous forme d’option, au même rang que les thèmes d’affichage supplémentaires :

 
 
 
Cette version 1.00 pesait à peine plus d’un mégaoctet et permettait un affichage à des années lumières de ce qu’il est possible de faire aujourd’hui. Il permettait tout de même la lecture des newsgroups, d’afficher des images et pouvait même lire de la vidéo et de la musique.
 
 
 
Débarqué sous forme de version bêta en octobre 1995, Internet Explorer 2 fit sa véritable apparition le mois suivant de la même année. Il apportait bien entendu plusieurs nouveautés, dont le support du javascript, la gestion des frames (ô rage, ô désespoir…), le SSL (Secure Socket Layer), l’utilisation des cookies et le NNTP pour les newsgroups. Le navigateur était considéré comme très rapide, bien que manquant cruellement de fonctions par rapport à son grand ennemi Netscape. IE2 marque aussi le début du support de la plateforme Mac.
 
 
 
Internet Explorer 3 est arrivé en août 1996 avec une interface plus claire, plus propre et plus agréable comparée à l’ambiance spartiate des deux premières versions. IE3 était intégré à Windows 95 dans sa version OSR2, et introduisait la fameux gros E bleu qui allait devenir le symbole du logiciel, et carrément d’Internet pour un nombre grandissant d’utilisateurs. IE3 venait également avec quelques ajouts optionnels, comme Mail 1.0 (qui allait devenir plus tard Outlook Express), NetMeeting ou encore Active Movie. Cette version introduisait enfin un début de support du CSS (on ne se moque pas) et pouvait lire les fichiers MIDI (j’ai dit : on ne se moque pas).
 
 
 
Internet Explorer 4 marque un changement important pour le web tout entier car il s’agit de la version qui a pris le pas sur Netscape. Et oui, les parts de marché actuelles de Microsoft dans le monde des navigateurs puisent leurs racines dans cette version, sortie en 1997, et intégrée à Windows 98. Outlook Express 4 fait alors son apparition, avec un numéro de version apte à refléter ce changement chez Microsoft. IE4 débarque avec une foule d’autres composants : Active Desktop (Windows Desktop Update), Channels, Frontpage Express, Netshow, Web Publishing Wizard, ou encore Microsoft Chat 2.0. Les utilisateurs doivent alors faire face à une orgie de bidules destinés à Internet, et certains crient à l’indigestion, en particulier face au redoutable Active Desktop. On notera toutefois l’introduction du DHTML, qui promettait dès lors de riches contenus hautement dynamiques.
 
 
 
Internet Explorer 5 marque une apogée dans la courbe de l’évolution du navigateur. L’application trouve en effet à cette version une vraie maturité, et fait des éclats avant que n’arrive la tempête de la remise en cause et de la sécurité à tous les étalages. Microsoft se concentre avec cette version sur la stabilité et les performances, la plupart des changements intervenant alors dans la mécanique interne du navigateur.
 
Parmi les nouveautés visibles pour l’utilisateur final, on notera l’apparition de l’affichage du texte de manière bidirectionnelle, une fonction essentielle pour ceux dont la langue était affichée de la droite vers la gauche. Le support du CSS était également étendu, et les XML et XLS étaient introduits. Le navigateur était « livré » avec une fonction particulière, nommée mode de compatibilité. Il permettait de lancer une session d’IE5 en même temps qu’une session d’IE4. Ce mode était clairement destiné aux développeurs voulant tester la compatibilité de leur site avec la nouvelle version.
 
Internet Explorer 5.5 fut une version d’entretien qui était intégrée par défaut à l’épouvantable Windows Millenium. L’apport le plus important reste sans doute l’intégration du cryptage 128 bits, mais Microsoft avait également travaillé sur les fonctionalités destinées aux développeurs, sur le rendu ainsi que, encore une fois, sur le CSS. IE5.5 est la deuxième et dernière version à profiter du mode de compatibilité.
 
Internet Explorer 6 est essentiellement connu parce qu’il est intégré à Windows XP, faisant de fait du navigateur le butineur le plus utilisé dans le monde, avec des parts de marché évaluées à 87% environ, après une dégringolade de près de 10% avec, dans la peau du nouvel ennemi à abattre le navigateur open source Firefox. C’est un peu le retour de la vengeance pour ce navigateur issu des vieux restes de Netscape.
 
Internet Explorer 6 peut toujours toutefois s’installer sur tous les autres systèmes d’exploitation de la marque, à l’exception de Windows 95, déjà en soins palliatifs. IE6 n’a rien d’une version majeure et les fonctions ajoutées se retrouvent dans les outils de gestion des images, les images redimensionnables, l’aperçu avant impression (oui, ça c’était vraiment bien par contre) ou encore la Media Bar. Le Service Pack 2 de Windows XP a fait d’IE6 ce que le navigateur aurait du être dès sa sortie, en lui ajoutant un anti-popup, une barre d’informations ou encore un gestionnaire des add-ons.
 
Et ensuite ? Et bien le futur, c’est évidemment la version 7. Une interface entièrement redessinée, une navigation par onglets, le support des RSS, la sécurité ou encore des fonctions comme le redimensionnement automatique de la page lors de l’impression : il faut au moins ça pour espérer revenir au niveau d’autres navigateurs qui, soumis à la pression du géant de Redmond, ont joué la carte de l’innovation.