P2P : non au filtrage par les FAI, oui aux radars !

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Un rapport sur les solutions de filtrage des échanges de P2P vient d'être remis au Ministère de la Culture et au Ministère délégué à la Recherche. Il a été rédigé par Gilles Kahn, président de l'Institut national de recherche en informatique et en automatique et Antoine Brugidou, un responsable d’Accenture, grosse boite de conseil en management et de services informatiques.

L’étude était commandée lors de la signature de la charte anti piratage signée par le Gouvernement, les représentants de l’industrie musicale et les fournisseurs d’accès Internet en juillet 2004.

Que dit ce dossier (sa version PDF est ici) ?

D’abord que le filtrage sur le réseau des fournisseurs d’accès Internet n’est pas une solution opérante. « Le filtrage à la demande au niveau des FAI apparaît en première analyse techniquement possible » note les deux chercheurs, « mais sa mise en oeuvre supposerait de mener un ensemble de projets techniquement complexes, avec un investissement et des coûts de fonctionnement très significatifs.»

Selon eux, il y a mieux : c'est l’installation volontaire de logiciels de filtrage sur le poste des utilisateurs. Avantages ? Les internautes qui décident ou non de filtrer sont sensibilisés aux risques des échanges et surtout ils peuvent exercer leur responsabilité en toute connaissance de cause. « Certaines personnes utiliseront [ce filtre] pour se débarrasser d’un problème dont elles ne souhaitent pas s’occuper (exemple les entreprises mais aussi les parents) ; Et le succès de l’abonnement filtré sera très directement lié à la prise de conscience du caractère illégal des échanges (...) et des sanctions encourues. »

Au-delà de ces questions de filtre, le rapport estime qu’il serait intéressant d’explorer « une approche de type « Radar » préventif ». Les auteurs auraient-ils trouvé dans la politique de Sarkozy, signataire de la charte, une source d’inspiration ?

L’approche « Radar » fait bien référence aux systèmes utilisés pour le trafic routier avec comme objectif de réguler les échanges. Cela consiste à mettre en place des mécanismes d’observation sur certains points du réseau.

De type radars fixes/permanents ou radars mobiles/temporaires, ces boiboites permettraient d’identifier les fraudes et surtout d’enregistrer les informations nécessaires pour des opérations de sensibilisation (une lettre du FAI ou des ayant droits envoyées à l'apprenti pirate) ou juridiques (une plainte). La peur du gendarme ferait ensuite le reste.

De son côté, l'association des Fournisseurs d'Accès ne veut pas endosser le képi. Directement concernée, elle critique cette idée de radars. Elle estime en outre le procédé illégal au regard de la protection des données personnelles. « Une telle mesure serait également redondante avec la procédure du relais de notification qui est mise en place par les sociétés représentant les ayants droit en application de la charte ». Elle est par contre davantage favorable au choix du filtre volontaire sur la machine de l’usager...