L'iPod relance le débat de l'influence du son sur les tympans

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L’exceptionnelle popularité de la gamme iPod, dont on compte aujourd’hui 37 millions d’unités vendues, relance un vieux débat sur l’impact du son sur les oreilles. En fait de son, ce sont ici les fameuses « bass » (graves), qui peuvent donner tant de vie et de sensations à une musique ou à un film, qui sont ici montrées du doigt, bien qu’il ne s’agisse pas d’une nouveauté.

Ce qui est nouveau et qui a été généralisé par les iPods dans un vaste phénomène de mode, ce sont les écouteurs intra-auriculaires dans toutes les oreilles. Le modèle blanc fourni avec les iPods est d’ailleurs devenu un vrai signal d’identification à tel point que des spécialistes de l’oreille tirent aujourd’hui la sonnette d’alarme, comme à l’époque des Walkmans de Sony dans les années 80.

Ce n’est pas la première fois que l’iPod se retrouve au centre d’une polémique touchant la santé des oreilles. On se rappellera qu’en 2002 les premiers modèles avaient été retirés du marché pendant quelque temps car ils étaient dépourvus de la limitation française à 100dB. Attention toutefois, si le phénomène est généralisé par le baladeur d’Apple, il ne lui est en rien exclusif.

C’est plus globalement l’extraordinaire succès des baladeurs MP3 et de leur vente systématique avec des écouteurs intra-auriculaires qui est la source du problème. On peut transporter facilement désormais des tonnes de fichiers musicaux, pousser le volume à s’en faire exploser les tympans, vivifier l’amplitude des graves, et le tout est exacerbé par des écouteurs dont l’impact est bien supérieur aux habituels modèles à cerceaux, pour une qualité souvent moindre.

La conjugaison des incessants progrès de la technique dans la restitution du son, notamment dans le spectre des fréquences couvertes, à la proximité de l’écouteur avec le tympan lui-même est la source des problèmes. Pour Dean Garstecki, audiologiste auprès du Communication Sciences and Disorders Department de Northwestern, le constat est simple : « Nous voyons désormais le même genre de troubles auditifs chez les jeunes que nous constatons en temps normal chez les personnes âgées. »

Une étude menée auprès d’étudiants américains a révélé qu’une partie de ces derniers recevaient un niveau sonore dans les oreilles compris entre 110 et 120dB. Pour comparaison, 120 décibels représentent le niveau maximal dans la législation française que peuvent pulser les enceintes d’une boîte de nuit (un compteur est souvent d’ailleurs suspendu dans la zone de la piste de danse pour afficher le chiffre exact). Avec un tel niveau d’exposition, des pertes auditives peuvent se faire ressentir au bout d’à peine une heure et quart.

Les conseils à appliquer sont pour Garstecki assez simples : la règle du 60% pendant 60 minutes. Le pourcentage correspond en fait à la proportion du volume maximal. Il faut selon lui que le niveau sonore du baladeur ne dépasse pas le stade d’une situation où l’on doit pouvoir écouter une personne qui parle en milieu bruyant, comme au restaurant par exemple.