Les sites de partitions de musiques en ligne de mire

Le Do au mur et le Sol au tapis 105
guitareLes majors de la musique avaient déjà ciblé par le passé les sites de liens de téléchargements directs de musique, puis ceux de liens BitTorrent avant de s’intéresser aux sites de paroles de musique. Une nouvelle cible se dessine outre-Atlantique : les sites de partitions et tablatures ou d’accords de musiques.

La MPA (Music Publisher’s Association) va lancer en 2006 sa première campagne contre ce genre de site aux Etats-Unis. La BBC rapporte ainsi que Lauren Keiser, le responsable de l’association, veut jeter les gestionnaires de ces sites, « en prison » car ces sites sont « complètement illégaux. » Les fans d’artistes ont, depuis des années sur le net, mis en ligne des sites où l’on trouve des tablatures patiemment éditées et proposées. D'autres fois, ce sont simplement des accords déchiffrés, accompagnant les paroles de leurs artistes favoris. Selon la MPA, seuls les très gros sites qui sont « très très populaires » seront pris pour cible des actions à venir.

Une première action en ce secteur est à noter cependant : pearLyrics, site offrant un logiciel freeware permettant de récupérer des paroles de chansons lues sous iTunes vient de réceptionner une injonction de Warner Chappell, gros éditeur en ce secteur. Le site a été invité instamment à retirer son logiciel alors que celui-ci se contentait de récupérer les paroles sur les places publiques d’Internet, sans rien héberger sur le serveur maison. L’auteur n’ayant pas les moyens de se battre contre un tel géant a préféré obéir docilement à la requête.

En France, la Chambre Syndicale des Editeurs de Musique (CSDEM) n’a pas attendu le réveil de la MPA. Trente des principaux sites de paroles ont reçu en début d’année une lettre recommandée leur demandant de faire le ménage dans leur dossier. « Je ne suis pas un criminel, les internautes ont beaucoup de plaisir à lire les chansons et cela peut par ailleurs souvent les amener à acheter des disques ! » nous avait alors confié l’un des webmasters destinataires de la missive. Qu’on propose de la musique sur des réseaux P2P ou des paroles est en théorie juridiquement aussi grave. La première affaire en ce secteur avait été celle de Miditext en juin 2002, site de paroles de chansons, partitions et fichiers MIDI montés là encore par un fou de musique française. L'aventure s'était soldée par une condamnation à 20 000 € en septembre dernier.