Le passeport biométrique RFID arrive en France

Le douanier au touriste : "boujour ma puce !" 40
Les puces RFID (Radio Frequency IDentification) ne servent pas seulement à la gestion des stocks, des entrées et sorties de biens. Les qualités intimement attachées à cette technologie, ne cessent de nourrir chaque jour certains vœux sécuritaires.

Le passeport biométrique et « RFIDisé » fait en effet son entrée ces prochaines semaines, en novembre et en région parisienne d’abord. Après coup, il sera généralisé dès le printemps 2006 à toute la France. Ce dispositif tire son origine dans une décision américaine prise suite aux attentats du 11 septembre et qui exige pour l’entrée sur le territoire la détention d’un passeport biométrique. Du coup, le phénomène a été suivi par la plupart des pays. Cette exigence sera en effet obligatoire dès octobre 2005. La puce intégrera d’abord la photo numérisée qui permettra aux douaniers de vérifier si la personne prise en photo ressemble bien à la personne contrôlée. Plus tard, elle renfermera en sus, les empreintes digitales du porteur afin de blinder les vérifications.

L’on notera que sur le passeport, les données seront normalement blindées et seul un scanner possédant la clé d’authentification saura accéder aux données enfermées. Mais les craintes émises face à un tel système ne sont pas minces et se concentrent aussi sur la gestion globale de ce parc de documents : l’on redoute surtout une centralisation des données à un moment ou à un autre, et leur exploitation à des fins diverses. L’on évoque dès lors des risques de violations de la vie privée, d’atteintes aux libertés individuelles. La Ligue des Droits de l’Homme redoute « une trop grande confiance dans une technologie, qui reste néanmoins faillible » avec du coup « un réel danger pour les personnes concernées ». Et du côté de la Cnil, on avait exprimé ses inquiétudes sur l’adjonction d’un deuxième élément d’identification (les empreintes), modalité qui exige un redoublement des garanties dans ce système..

Dans d’autres pays, les inquiétudes sont similaires : en Suisse par exemple, des associations de juristes demandent à ce que seul le passeport biométrique soit délivré aux personnes désireuses de se rendre aux Etats-Unis. Les autres pouvant continuer à utiliser leur document habituel.  Quant à l’Algérie par exemple, on s’inquiète des risques de « big brotherisation » avec ce procédé, d’autant que les gardes fous juridiques y sont bien maigres…