La librairie Google Print, une impression d'hégémonie ?

Les projets de Google ne cessent de s’attirer les foudres ou du moins les critiques conte les risques d’hégémonie. Et parmi eux, Google Print. Le service en question estampillé Google est un moteur de recherche capable de retrouver une information dans des livres préalablement numérisés. Cela permettra également de procéder à un éventuel achat en ligne si l'extrait intéresse. Evidemment, c’est là aussi une plateforme idéale pour Google en terme d’image de marque. Et, AdWords obligent, cette plateforme constitue un nouveau panneau publicitaire pour les liens sponsorisés « Googliens ».

En pratique, cette librairie (ou projet Ocean) repose sur la numérisation d'un nombre incommensurable d’ouvrages. Elle bénéficie de l’apport des éditeurs mais aussi de la collaboration d’universités réputées comme Harvard, Stanford, ou Oxford. Le temps faisant son effet sur les copyrights, la consultation sera gratuite pour les ouvrages vieux de plus de 70 ans. Pour le reste, on se contentera d’extraits pour aguicher le lecteur-consommateur.

Ce marché de la librairie en ligne est un secteur où les intérêts mis en jeu dépassent allégrement le strict cadre financier. Ainsi Jean-Noël Jeanneney, président de la Bibliothèque Nationale de France, expliquait il y a peu que « A partir du moment où on numérise ces 14 millions de livres, il y a un sentiment de puissance, [cela] pose un problème car il y a forcément un choix vu d'Amérique, et choisir, c'est forcément colorer. Ce n'est pas neutre ». Son analyse avait été publiée dans un article dans le quotidien Le Monde. Aujourd’hui, elle fait l’objet d’un petit ouvrage de 120 pages intitulé « Quand Google défie l'Europe / Plaidoyer pour un sursaut » en librairie dès mercredi (éd. Mille et une nuits, 9 euros).

Son point de vue, rapporte une dépêche AFP, connaît un certain retentissement, même à l’échelon international. Ses prédictions sont sombres : « Voici que s'affirme le risque d'une domination écrasante de l'Amérique dans la définition de l'idée que les prochaines générations se feront du monde ». Il égratigne au passage les apparences de gratuité du système peu à peu mis en place : « les bibliothèques apportent généreusement (...) le matériau à numériser et la matière grise à diffuser. Au secteur privé revient le bénéfice, malgré la fausse apparence de la gratuité, de mettre indirectement en vente l'usage de ces livres par l'intermédiaire de la valorisation publicitaire qu'entraîne chaque consultation ». Une gratuité qui sera surtout payante pour les professionnels embarqués sur ce projet ? Au fil de ses pensées sur l’avenir de la culture face à de tels déferlements, le directeur de la BNF regrette amèrement l’achat par Corbis, l’agence photo de Bill Gates, du fonds photographique de Gamma, Sipa et tant d’autres. Un achat notamment effectué dans une trop grande indifférence des pouvoirs publics.

Mais est-ce que nous devons réellement nous inquiéter de l'initiative de Google ? Faut-il vraiment considérer ce travail de numérisation comme une disposition politique ? "Que les collections américaines soient américaines, rien que de très normal: je ne vois pas là de quoi se scandaliser. Si on veut du francophone en ligne sur le web, à nous de l'y mettre" notait par exemple un blogger voilà quelques semaines...

En attendant, on pourra avoir un aperçu de ce projet sur cette page.

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