Ben Goodger et Netscape : je t'aime moi non plus

On ne présente plus la Fondation Mozilla. AOL lançait en 1998 le projet Mozilla.org qui devait reprendre les restes de feu Netscape pour en faire un navigateur open source. A la mi-2003, la Fondation Mozilla voyait le jour, avec le succès qu'on lui connaît aujourd'hui.

L'un des points concernant la Fondation est sa dimension de communauté. On se souviendra de la surprenante efficacité de la demande de fonds pour le financement d'une publicité dans le Times. Une communauté très attachée à l'image véhiculée par la Fondation, qui lui prodigue un soutient quasi sans faille.

Les récents changements dans la politique d'utilisation des noms, logos et icônes des projets tiers basés sur du code de la Fondation ont provoqué quelques remous dans la communauté. Certains ont en effet commencé à se poser des questions sur "l'unité" de la communauté, et sur les intentions de la Fondation quant au support des projets s'appuyant sur ses travaux.

Il faut savoir que jusqu'à présent, la Fondation a énormément encouragé la réutilisation de ses travaux, dont le principal : le moteur Gecko, qui alimente aujourd'hui Firefox. Le logiciel client CompuServe 7.0 utilise Gecko, de même que le client AOL pour MacOS X, l'ancien client AOL pour Linux, ainsi que l'IBM Web Browser d'OS/2 utilisait Gecko, à côté aujourd'hui de Firefox, Thunderbird ou, bien évidemment, la suite Mozilla elle-même.

Avant même que Mozilla.org devienne l'actuelle Fondation, les développeurs encourageaient la réutilisation du code pour créer des versions personnalisées du navigateur. Le but était de disséminer le code au maximum, mais bien sûr, tout ceci était sans commune mesure avec l'expansion que l'on connaît de Firefox. L'impact d'un logiciel libre faisant perdre un pourcentage significatif de parts de marché à une multinationale comme Microsoft : l'image avait de quoi s'imprimer au fond de bien des crânes.

Le fait est qu'aujourd'hui, la Fondation Mozilla mène surtout deux projets principaux : Firefox et Thunderbird. On peut également estimer au regard des développements prévus, que ces deux logiciels n'en sont quasiment qu'à leurs balbutiements. La liste des supporters s'allonge, et Firefox s'entoure avec le temps d'un noyau solide de défenseurs en tous genres.

La récente sortie de Netscape 8.0 a cependant jeté un pavé dans la marre. C'est une ombre au tableau de la magnifique montée de Firefox. Malgré le fait que Netscape 8.0 soit basé en grande partie sur Firefox, les deux navigateurs sont ennemis. Et pour preuve ! La sortie d'une mise à jour pour Netscape une douzaine d'heures après sa sortie lui a valu un commentaire sans pitié de Ben Goodger, l'un des principaux développeurs de Firefox.

"Si la sécurité est importante pour vous, cette démonstration devrait vous montrer que les navigateurs qui sont des redistributions des versions officielles de Mozilla ne pourront jamais vous apporter les mises à jour de sécurité aussi vite que la Fondation elle-même avec ses propres produits"

Cette remarque concernait le fait que Netscape 8.0 était basé sur la 1.03 de Firefox, qui était affectée par deux failles jugées extrêmement critiques. Netscape s'était exprimé en annonçant que leur navigateur n'était pas touché par ces failles. Cependant, douze heures après la sortie de la version 8.0, la version 8.0.1 apparaissait sur le site officiel de téléchargement et corrigeait trois failles.

Autant le dire, les mots de Ben Goodger ont fait sensation. Relayés par la magie si connue de l'Internet, ils ont provoqué des exagérations, voire des erreurs sur certains sites d'informations. En quelques heures, le nouveau Netscape se retrouvait au ban de la société, affublé de 41 failles. Oui, 41 failles quand au départ il n'y en avait que trois. Une bien belle surenchère.

Les articles ont été corrigés lentement, mais on connaît l'effet d'avis négatifs ajoutés sur un produit. Netscape a probablement son entrée pour un nombre de personnes ayant jonglé entre le commentaire de Ben Goodger et les articles parlant de 41 failles. Ce fameux commentaire du sieur Goodger a d'ailleurs provoqué un certain nombre de réactions négatives.

Mais que s'est-il donc passé ? Beaucoup de lecteurs, suite à ce commentaire, se sont posés la question. Pourquoi Firefox, qui n'existerait pas sans Netscape, devrait faire aujourd'hui cavalier seul, alors que la résurrection de Netscape n'est que le juste retour des choses ? Ben Goodger ne supporterait-il pas la concurrence ?

Non seulement les failles de Netscape 8.0 étaient celles de Firefox 1.03, mais il ne faut pas oublier que la mise à jour est intervenue douze heures après la sortie de la version officielle. Même si les failles avaient déjà été corrigées, il existe peu de sociétés qui fournissent des correctifs en à peine douze heures. De très vives critiques sont apparues jusque dans le propre blog de Ben Goodger.

Ces commentaires oscillaient entre le message pacifiste et la remontrance virulente d'utilisateurs déçus par une telle attitude. Certains ont reproché à Goodger d'attaquer Netscape dans le seul but de faire ressortir un peu plus Firefox, alors que les failles en étaient originaires. D'autres ont conseillé à la Fondation de travailler avec les sociétés ayant des projets similaires plutôt que de les crucifier sur la place publique. Beaucoup en tout cas se sont dits déçus de cette attitude, jugée immature, et ont pointé le fait que Firefox doit tellement à Netscape que la Fondation devrait se montrer plus respectueuse.

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