Des microprocesseurs sous-cutanés

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Je n'ai pas pour habitude de faire des "copier-coller", mais cette information est riche en détails...

La société américaine Applied Digital Solutions a annoncé cette semaine la commercialisation prochaine de VeriChip, une puce de la taille d'un grain de riz, dissimulée sous la peau d'un humain et qui délivre des informations par ondes radio.

L'usage d'une telle puce, conçue pour stocker des données médicales, mais qui risque de porter atteinte à la vie privée, inquiète les experts. Un large débat sur la protection des données privées pourrait en effet s'ouvrir, à la suite des mesures de lutte contre le terrorisme adoptées après le 11 septembre, qui accordent des prérogatives sans précédent aux forces de police.

De telles puces radio-activées sont déjà utilisées pour suivre à la trace le bétail, des animaux domestiques ou des saumons, mais ce serait la première fois que cette technologie s'appliquerait aux êtres humains.

VeriChip permettra ainsi de "scanner" les patients à risque dans les services d'urgence des hôpitaux et de repérer des détenus en liberté conditionnelle ou évadés.

Applied Digital a annoncé cette semaine que la commercialisation de VeriChip débuterait par l'Amérique du Sud et l'Europe, où elle servirait pour l'instant aux médecins dans la transmission d'informations sur les patients qui ont subi des implantations chirurgicales (stimulateur cardiaque ou articulations artificielles). Les médecins pourraient ainsi rapidement savoir où et comment ces patients ont été soignés.

La puce, lorsqu'elle est reliée à un scanner radio, émet un signal depuis sa position sous la peau et transmet les données stockées à un poste informatique connecté à internet ou bien par le biais d'un téléphone, a expliqué la société.

L'implantation de la puce peut être effectuée par un médecin généraliste, avec une anesthésie locale et la pose d'un pansement sans nécessiter de point de suture, a précisé Applied Digital.

Des technologies appelées à se généraliser

Mais les ambitions d'Applied Digital ne s'arrêtent pas là. Les puces, dont la capacité de stockage d'informations reste limitée, pourraient à l'avenir être utilisées pour émettre des signaux de repérage ou servir pour identifier des personnes, a indiqué un responsable de la société.

"Les bénéfices à en attendre sont plus importants que les inquiétudes concernant la vie privée", a déclaré le P-DG d'Applied Digital Richard Sullivan.

Des experts restent pourtant sceptiques, évoquant des problèmes pratiques tels que la nécessité d'instaurer des normes internationales, qui rendraient les puces lisibles partout dans le monde, ou encore des inquiétudes quant aux libertés publiques.

Mais quelles que soient les réticences, les implants de ce type se généraliseront certainement dans un proche avenir.

"Bien sûr, nous en porterons. Et ce ne sera pas seulement pour le coté fonctionnel, mais aussi pour la mode. Vous avez une génération qui pratique déjà le piercing, bien sûr qu'ils voudront mettre des puces électroniques sous leur peau", a déclaré Saffo, membre de l'Institut du Futur, basé dans la Silicon Valley.

La société Applied Digital prévoit d'obtenir en janvier l'autorisation de la Food and Drug Administration pour commercialiser la puce aux Etats-Unis, processus qui pourrait prendre encore 18 mois à un an, a indiqué le P-DG de la société.

La Federal Communication Commission a d'ores et déjà autorisé l'usage de fréquences radio particulières pour repérer les animaux domestiques en fuite, a ajouté Sullivan.

La société a aussi remporté un contrat avec l'Etat de Californie pour tester pendant trois ans une puce destinée à suivre les prisonniers en liberté conditionnelle de Los Angeles et à avertir les autorités lorsqu'ils quittent la zone autorisée.

En novembre, la société a lancé le Digital Angel un bracelet comportant un transmetteur relié à un système de positionnement par satellite (GPS). Cet appareil peut transmettre des informations sur la température du corps, le rythme cardiaque et la localisation du patient.

Digital Angel a été vendu comme un moyen de retrouver les personnes atteintes de la maladie d'Alzheimer ou les enfants qui se seraient enfuis de chez eux.

Les ventes des nouvelles puces implantées sur les êtres humains pourraient atteindre entre 2,5 et 5 millions de dollars en 2002, a estimé le P-DG de la société, soit une infime fraction d'un marché évalué à 70 milliards de dollars au moins, par Applied Digital Solutions.