Bibliothèques numériques : en attendant Google ou la BNF

Nous l’évoquions, les bibliothèques européennes souhaitent unir leur force... 6
Vieux livresNous l’évoquions, les bibliothèques européennes souhaitent unir leur force face au projet de numérisation titanesque de livres mené par Google. L’enjeu serait de contrebalancer l’emprise américaine sur ce terrain afin de préserver une certaine culture européenne. Cette secousse tellurique a été provoquée par un appel du président de la Bibliothèque Nationale de France, lancé il y a quelques jours. Et ses répliques ont encore perduré hier.

Les chefs d"Etat de six pays membres (France, Pologne, Allemagne, Italie, Espagne et Hongrie) ont en effet demandé à la Commission Européenne et au Conseil de l’Europe la mise en place rapide d’un débat sur une future « bibliothèque numérique européenne ». La lettre est disponible depuis le site de l’Elysée : « Le patrimoine des bibliothèques européennes est d'une richesse et d'une diversité sans égales. [...] S'il n'est pas numérisé et rendu accessible en ligne, ce patrimoine pourrait, demain, ne pas occuper toute sa place dans la future géographie des savoirs » prévient-on.

Outre l’initiative en cours de la BNF, nommée Galica (http://gallica.bnf.fr/), divers projets de numérisation ou de retranscription germes, bourgeonnent et fleurissent depuis bien longtemps sur le net. Et ce, bien avant que Google ne brandisse son scanner-bulldozer. On citera ainsi le projet Gutenberg et ses 15 000 eBooks (dont certains en français) . Le site des Classiques des Sciences Sociales qui rassemble 1 372 oeuvres originales de 459 auteurs différents, tombées dans le domaine public québécois ou publié avec l’accord des intéressés. La bibliothèque Athena qui offre des centaines de textes d’auteurs francophones à disposition de tous. Le site Ebooks LIbres et Gratuits, fruit du travail d’un groupe francophone international. Citons encore l'Association des Bibliophiles Universels ou ABU et son catalogue d’auteurs classiques... Certes, cela n’a rien de comparable aux chiffres avancés par le moteur de recherche (14 millions d’ouvrages traités en 6 ans) mais cela permet déjà de se constituer gratuitement une belle bibliothèque. En attendant.