Asterix contre Mobilix, il y a comme un hix…

Les reines du X peuvent respirer ! 33

L’affaire Mobilix contre les éditions Albert René avait fait couler beaucoup d’encre à l’époque. Le papa d’Astérix se voyait garni de laurier, du fait d’une grosse victoire devant la cour d’appel de Munich. Celle-ci, contraignait le site MobiliX.org à changer de nom, sous peine de 200 000 euros d’amende… . Werner Heuser, son propriétaire, optait alors pour TuxMobil.org. MobiliX est un acronyme des mots "Mobile" et "UniX" et dédié au monde de Linux sur les PDA et autres ordinateurs portables. Il n’avait donc rien à voir avec les aventures franchouillardes des deux personnages.

On pensait l’histoire définitivement close mais un récent arrêt du Tribunal de première instance des communautés européennes vient indirectement la remettre au goût du jour.

Dans cette affaire, les mêmes Éditions Albert René s’opposaient à l’Office de l’harmonisation dans le marché intérieur. L’éditeur demandait au tribunal de casser la décision de ce dernier qui a osé enregistrer le sigle… Mobilix. Aucun rapport avec l’informatique libre cette fois-ci puisqu’il s’agit d’une marque communautaire déposée par Orange pour dénommer des produits téléphoniques.

En 1997, Orange demandait donc à l'Office de l'harmonisation dans le marché intérieur (OHMI) d'enregistrer une marque communautaire relative au signe verbal MOBILIX pour ces produits. L’OHMI a accepté au moins en partie l’enregistrement que les Editions Albert René ont illico attaqué. Comme dans l’affaire Mobilix.org, l’éditeur fait valoir qu'il existe une forte similitude entre les deux signes, MOBILIX et OBELIX, notamment du fait du suffixe « ix », élément hautement caractéristique des personnages maison.

Au terme de longs développements toutefois juridiques, le tribunal note cependant « il existerait une certaine similitude auditive, mais celle ci serait compensée par l’aspect visuel des marques et, plus particulièrement, par les notions très différentes qu’elles véhiculent : téléphones portables dans le cas de MOBILIX, et obélisques dans le cas d’OBELIX. »

Mais les Editions Albert René  notent que OBELIX et MOBILIX ont vraiment plusieurs similitude : visuellement, quasiment la même longueur, une séquence similaire de lettres et, phonétiquement, ils produiraient des sons très similaires. « Étant donné que la lettre initiale « m » du signe demandé produirait un son faible, il serait en outre probable qu’elle serait mal entendue dans un environnement bruyant. » note-t-on très sérieusement.

Le tribunal fait cependant valoir que s’il y a similitude phonétique, il faut tout de même ne pas négliger le plus important. En vient alors une discussion digne de figurer dans une des séries des aventures d’Asterix : « les mots « mobilix » et « obelix » n’ont de signification sémantique dans aucune des langues officielles de l’Union européenne. (…) alors que le terme « mobilix » peut être facilement perçu comme faisant référence à quelque chose de mobile ou à la mobilité, le terme « obelix », quant à lui, même si le nom a été enregistré comme une marque verbale, c’est-à-dire sans référence visuelle au personnage de dessin animé, sera aisément identifié par le public moyen au personnage corpulent de la série de bande dessinée, largement connue dans l’ensemble de l’Union européenne ».

Du coup, le tribunal rejette d’un trait de plume la demande des Editions Albert René et donne le feu vert à Orange.  On ne sait pas si l'éditeur attaquera cette décision devant la cour de Justice mais le scénario de ces nouvelles aventures d‘Asterix en Europe va sûrement plaire à l’équipe de TuxMobil.org…