Achat de Skype : eBay s'explique

Le gratuit, c'est vraiment payant ! 5
eBay, qui vient de diffuser ses résultats financiers pour le troisième trimestre, a donné quelques précisions sur ce que la société compte faire de Skype. Il est en effet plus qu’intéressant de se demander comment le site d’enchères fera pour rentrer dans ses frais, après cet achat de 4 milliards de dollars. Il s’agit aussi de rassurer les partenaires financiers du groupe ou les analystes qui peuvent légitimement s’inquiéter d’un tel investissement.

Jetant d’une certaine manière de l’huile sur le feu, Meg Whitman, le CEO d’eBay a ainsi déclaré lors de la présentation des données comptables que le pourcentage des utilisateurs payants va fondre comme neige au soleil. « Nous l’avions parfaitement compris lorsque nous nous sommes intéressés à Skype » estime-t-il, par l’intermédiaire de Reuters. En bout de route, la direction pose même que les communications vocales vont du coup tendre vers la gratuité totale. Sans doute dans quelques années.

Dans le document transmis à l’occasion de l’annonce, eBay estime néanmoins pouvoir récupérer de Skype un revenu de 20 millions de dollars jusqu’au 31 décembre 2005. Pour toute l’année 2006, le site avance un chiffre de 200 millions de dollars.

L’objectif au final sera de créer un environnement où eBay sera présent partout, avec une communauté d’usagers gigantesque. Dans cette perspective, Skype serait alors une sorte d’appât pour inciter les badauds à s’enrôler dans l’armée eBay. Le site enregistre d’ailleurs plusieurs dizaines de millions d’abonnés à travers le monde, ce qui n’est pas rien. Citons encore la présence dans son patrimoine de Shopping.com, gros comparateur de prix américain. La société n’a en outre de cesse que de multiplier les investissements en Chine. Dans cet univers, la moindre transaction payante et payée avec Paypal engendrera nécessairement de forts revenus.

Pour ce troisième trimestre, EBay, a en tout cas enregistré une hausse de 40% de son bénéfice net trimestriel, notamment grâce au marché américain et allemand.