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Profession : YouTubeur

Une grande influence, quelle responsabilité ?

À l'instar des blogueurs « professionnels » dépendants de la publicité et auteurs d'articles sponsorisés pas toujours bien annoncés, les vidéocasteurs qui souhaitent vivre de leur travail sont soumis aux mêmes sirènes. Les types de dépendances sont de plus multiples. La plupart est dépendant de la plateforme, alors que cette dernière peut du jour au lendemain sévir sur les droits d'auteur allant jusqu'à la suppression de leurs publicités, voire au blocage de leurs vidéos. Ce scénario est arrivé à un grand nombre de YouTubeurs en décembre dernier suite à serrement des vis de la part de la plateforme, à l'instar d'Antoine Daniel qui a vu plus d'une dizaine de ses vidéos sans publicité aucune du jour au lendemain, au point même d'imaginer l'arrêt de son émission What The Cut.

Décembre 2013 : gros changement de politique chez YouTube

Le Cinéma de Durendal, spécialiste du septième art qui cumule déjà plus de 500 critiques et autres vidéos sur YouTube, a lui aussi connu quelques problèmes avec certaines de ses publications suite à l'utilisation d'images de films. Ces derniers mois, il a donc fait développer un nouveau site web qui a vu le jour en mai dernier. Bien plus évolué que la version précédente, ce site a un objectif principal : gagner en indépendance.

 

Dans sa vidéo fêtant ses 50 000 abonnés, il explique d'ailleurs parfaitement son souhait de se « libérer de YouTube aussi. Principalement, j'aimerai que vous utilisiez ce site plutôt que YouTube, parce que si jamais YouTube me refait une crasse comme ils l'ont fait il y a quelques mois (à la base c'est pour ça que ce projet de site a été lancé), je veux pouvoir être libre de partir ailleurs et faire autre chose. S'il y a une fermeture de la page de YouTube, vous pouvez tous aller sur le site. (...) Une fois que les vidéos seront remises en ligne sur un autre serveur, ce sera là-dessus qu'elles seront disponibles. (...) Ça me permettra de mettre ma propre régie de pub, donc peut-être, du coup, d'avoir assez de revenus pour arrêter Tipeee. »

 

 

À l'heure où nous rédigeons ces lignes, les vidéos présentes sur le site sont encore hébergées sur YouTube, mais dans un futur proche, il devrait donc toutes les accueillir sur son propre serveur. Outre l'aspect financier, cela permet déjà d'accroître grandement son indépendance vis-à-vis de la plateforme, sachant que le site évoluera encore dans les mois à venir et qu'il permettra d'aimer les vidéos, de les partager, les commenter, etc. Bien d'autres YouTubeurs pourraient bien prendre exemple sur Durendal dans le futur, tant son approche va dans le bon sens.

 

Sa logique sur le plan financier sera de plus à suivre. En effet, le Cinéma de Durendal est un petit YouTubeur (par rapport aux géants) avec à peine plus de 60 000 abonnés. Et s'il cumule près de 13 millions de vues du fait du nombre élevé de publications, ce n'est bien entendu pas suffisant pour en vivre convenablement. Sa campagne sur Tipeee a toutefois été un succès gigantesque, lui permettant ainsi de se développer, d'acheter du nouveau matériel, et donc aussi de développer un site qui pourrait un jour le rendre 100 % indépendant, en tout cas de YouTube.

Influencer le contenu par des bonus financiers et du parrainage

Mais la question de l'indépendance ne se pose pas uniquement sur le plan de la plateforme et des publicités. La diffusion grandissante de vidéos sponsorisées et commandées par des marques soulève de sérieuses questions sur le futur des créateurs, mais aussi de YouTube. Ce dernier n'a jamais caché qu'il voulait capter les budgets publicitaires des chaînes de télévision. YouTube, grâce aux TV connectées, compte même remplacer les chaînes dans les foyers. Pour ceux diffusant sur la plateforme, cela implique des sollicitations plus élevées pour afficher diverses marques, et si certains refuseront de céder aux sirènes pour des raisons éthiques, tous ne le feront assurément pas.

 

En janvier dernier, une polémique a d'ailleurs éclaté concernant la Xbox One. Une rumeur annonçait ainsi que les vidéocasteurs ayant un grand nombre d'abonnés affiliés au network Machinima s'étaient vu proposer de toucher 3 dollars pour 1000 vues en cas de propos positifs sur la dernière console de Microsoft. La rumeur a toutefois été démentie par la firme américaine (ce qui ne veut pas dire que l'information est fausse). Son porte-parole a ainsi expliqué que « Microsoft n’avait pas connaissance des contrats individuels de Machinima avec ses fournisseurs de contenus dans le cadre de cette promotion, et nous n’avons fait aucun commentaire ou donné d’avis sur ces vidéos. Nous avons demandé à Machinima de ne plus publier d’autres contenus Xbox One dans le cadre de cet achat média et nous avons demandé d’ajouter un avertissement sur chaque vidéo faisant partie de ce programme pour indiquer qu’il s’agit de publicité payée. »

 

Cette affaire a néanmoins eu pour effet positif de mettre en avant ce type de campagnes montées par certaines sociétés afin que des YouTubeurs vantent leurs mérites. Sans précisément viser une marque, le célèbre Machinima propose régulièrement des bonus à ses membres lors de certaines occasions comme l'E3 ou encore des Comic Con. Ils touchent par exemple 1 dollar de plus pour 1000 vues s'ils abordent le sujet dans un laps de temps limité. Et des bonus (5000 dollars l'an passé) sont même donnés pour qui fera le plus de vues sur un sujet dédié. Si la manœuvre n'a rien d'illégal, elle permet par contre d'influencer le contenu proposé par certains grands YouTubeurs sur la plateforme. Sans aller jusqu'aux 3 dollars pour 1000 vues pour vanter les bienfaits de la Xbox One, le fait est qu'il est possible de « manipuler » ce que proposent les vidéocasteurs, ce qui là encore implique des questions d'indépendance.

 

EA YouTubeurs

 

Plus officiel, le programme Ronku d'Electronic Arts est un exemple parfait des liens ambigus entre les YouTubeurs et une entreprise de jeu vidéo. Officiellement, ce programme est « consacré à la connexion directe entre de grands joueurs sur YouTube et les gens qui font les jeux qu'ils aiment ». Mais il semble que Ronku dépasse largement le cadre de simples relations. Quelques jours à peine après la polémique Xbox One, une campagne d'EA allant jusqu'à payer la somme très élevée de 10 dollars les 1000 vues a été dévoilée par certains membres. Les demandes de l'éditeur sont claires et comportent des mentions comme « ne pas mettre en avant les bugs majeurs » du jeu ou encore proposer un lien vers le site du jeu dans la description de la vidéo.

 

Pointé du doigt par Forbes, l'éditeur américain a confirmé l'existence de ce programme, tout en précisant que les vidéocasteurs l'acceptant devaient aussi se conformer aux directives de la Federal Trade Commission et donc déclarer clairement que le contenu est parrainé par Electronic Arts. Effectivement, l'agence du gouvernement, chargée notamment des pratiques commerciales des entreprises, a créé il y a plusieurs années un guide spécifique à l'utilisation de mentions et de témoignages dans les publicités. Outre-Atlantique, la FTC autorise donc bien tout ce qui porte au « sponsoring », mais il faut pour cela faire preuve d'un minimum de transparence.

La loi est là, mais qui s'occupe de la faire respecter ?

Et pourtant la loi est claire, et ce à plusieurs niveaux. La LCEN et son article 20 veulent ainsi éviter de telles dérives, et ce de manière plutôt limpide : « toute publicité, sous quelque forme que ce soit, accessible par un service de communication au public en ligne, doit pouvoir être clairement identifiée comme telle. Elle doit rendre clairement identifiable la personne physique ou morale pour le compte de laquelle elle est réalisée. » L'ARPP étant sur la même ligne au sein de ses recommandations.

 

De son côté, l'article L121-1-1 du Code de la consommation précise que « Sont réputées trompeuses au sens de l'article L. 121-1 les pratiques commerciales qui ont pour objet [...] d'utiliser un contenu rédactionnel dans les médias pour faire la promotion d'un produit ou d'un service alors que le professionnel a financé celle-ci lui-même, sans l'indiquer clairement dans le contenu ou à l'aide d'images ou de sons clairement identifiables par le consommateur. »

 

Et si cela passe par une société de presse, qui a des engagements renforcés en la matière, l'article 10 de la loi n° 86-897 du 1 août 1986 portant réforme du régime juridique de la presse est aussi clair : « il est interdit à toute entreprise éditrice ou à l'un de ses collaborateurs de recevoir ou de se faire promettre une somme d'argent, ou tout autre avantage, aux fins de travestir en information de la publicité financière. Tout article de publicité à présentation rédactionnelle doit être précédé de la mention "publicité" ou "communiqué". » 

 

Dans sa FAQ, YouTube indique ainsi qu'il faut l'informer en cochant une case spécifique dans les paramètres de monétisation de la vidéo concernée. Cela n'est pas sans conséquence. En effet, si le placement de produit venait à entrer en conflit avec les publicités de la plateforme, cette dernière peut supprimer les annonces.

 

Interrogé récemment par nos soins sur ce sujet, Google nous a expliqué que « ce sont à nos partenaires de s'assurer que leurs contenus sont en conformité avec les lois de leur pays et les règles de YouTube ». Et en cas de non-respect des règles, le contenu peut purement et simplement être supprimé. Tout du moins en théorie. Pour Google France, les choses sont toutefois limpides : « les contenus sponsorisés ou les placements de produits doivent être indiqués clairement aux utilisateurs, ce qui peut être fait de différentes manières : via la description, à l'intérieur de la vidéo, via une intégration dans le titre ou toutes celles-ci en même temps. »

 

YouTube publicités

Les placements de produit doivent être indiqué à l'upload d'une vidéo sur YouTube

 

Si l'on prend le cas de ce que l'on appelle parrainage pour la télévision, les règles sont simples et impliquent notamment qu'il doit être « clairement spécifié au téléspectateur en début ou en fin d’émission », qui plus est, « le parrain ne peut en aucun cas influencer le contenu ou la programmation de l’émission » et « les émissions parrainées ne doivent pas inciter à acheter les produits du parrain ou comporter des références promotionnelles à ces produits ». Certes, il est tout de même possible de citer le parrain de l'émission, « mais ce rappel doit être ponctuel et discret ». Les règles sont plus ou moins similaires concernant le placement de produit, sachant que les téléspectateurs doivent être informés du placement via un pictogramme spécifique présent au début et à la fin du programme.

 

Sur Internet, le respect des règles liées à la télévision n'est de toute façon pas (encore) d'actualité. La professionnalisation de certains YouTubeurs, avec parfois des sociétés derrière, impliquera de toute façon de se plier à certaines conventions, ceci afin d'éviter de lourdes amendes voire de coûteux procès. L'Autorité de régulation professionnelle de la publicité (l'ARPP), a toutefois des règles spécifiques à la communication publicitaire numérique. L'autorité précise que la définition des publicités concernées par ces règles est très large et que cela concerne même celles présentes dans les jeux vidéo, la réalité augmentée ou encore les vidéos à caractère publicitaire.

Pour l'ARPP, il faut que le « caractère publicitaire apparaisse instantanément »

Dans son document, l'ARPP signale que dans le cas où la publicité n'est pas manifeste, « il est alors recommandé d’adjoindre une indication explicite permettant d’identifier la publicité comme telle. Lorsque le message est diffusé au milieu d’informations ou d’articles rédactionnels, il doit être présenté de manière à ce que son caractère publicitaire apparaisse instantanément. Cette indication doit être lisible ou audible, et intelligible. » Des points qui ne sont pas respectés par la plupart des YouTubeurs concernés.

 

Plus précisément, si le cas des vidéos faites par des particuliers n'est pas précisé, celui des billets sponsorisés sur les blogs est par contre traité par l'autorité. Cette dernière indique que « les blogs publicitaires et billets sponsorisés doivent pouvoir être identifiés comme tels, sans ambiguïté, de manière claire et immédiate, au besoin par une indication explicite ». Enfin, et c'est un point qui n'est guère respecté, l'ARPP indique que les billets sponsorisés doivent être véridiques et honnêtes. « Une attention toute particulière sera portée sur la véracité et la loyauté du contenu de ces messages publicitaires, compte tenu de leur apparence éditoriale. »

 

Interrogée par Next INpact sur le cas spécifique des vidéos sur les plateformes comme YouTube et Dailymotion, le directeur général de l'ARPP, Stéphane Martin, nous a indiqué qu'il fallait tout d'abord que la publicité et l'annonceur soient bien identifiés et que la publicité soit loyale, à l'instar des autres types d'annonces. Ne pas préciser qu'une vidéo est parrainée est ainsi « contraire aux règles déontologiques liées à l’identification de la publicité et à la loyauté » ainsi qu'à la réglementation.

 

Et que peut faire l'autorité en cas d'abus ? Selon Stéphane Martin, « si un cas s'avère contraire aux règles déontologiques, l’ARPP peut intervenir auprès du ou des professionnels concernés. En outre, en cas de plainte devant le www.jdp-pub.org (NDLR : le Jury de Déontologie Publicitaire), le Jury pourrait se prononcer sur la conformité d’une pratique au regard des règles déontologiques précitées. » 

L€$ vid€o$ $pon$ori$€€$

Après avoir évoqué les publicités standards de YouTube et des Networks, ce ne sont pas les seules sources de revenus possibles. De nombreux créateurs n'hésitent pas à utiliser d'autres moyens pour arrondir leur fin de mois. Il y a bien entendu les systèmes de financement participatif tels que Tipeee ou Patreon, qui permettent à certains d'atteindre plusieurs centaines ou milliers d'euros par mois grâce à leurs fans. Cela nécessite donc de didposer déjà d'une certains notoriété afin de convaincre une communauté de vous faire vivre de vos productions.

 

Usul (du célèbre 3615), Benzaie, Le Fossoyeur de Films, Durendal ou encore Kriss de Languedepub arrivent par exemple régulièrement à dépasser le millier d'euros chaque mois pour réaliser leurs vidéos. Benzaie et Usul explosent même les compteurs avec des centaines de « tipeurs » et entre 2 500 et 3 000 euros en bourse chaque mois. Google a d'ailleurs lui aussi commencé à proposer un système de don en plus de ses chaînes payantes, alors que d'autres proposent aussi un système de pourboire, les « tips » qui sont aussi largement utilisés dans le milieu des contenus pour adulte.

Avec les vidéos sponsorisées, multipliez vos revenus

Il existe cependant d'autres types de financement qui lient directement le contenu à un sponsor. On appelle donc cela des vidéos... sponsorisées. Et si cette pratique peut être mal vue des internautes, l'opération est surtout très lucrative. Dans une partie dédiée à l'augmentation de la monétisation de ses membres, Wizdeo décrit parfaitement le concept : « Vous êtes payé pour la production et la diffusion de vidéos spécifiques auxquelles s’associent des marques prestigieuses. Ces opérations dites de « branded content » vous sont proposées en adéquation avec la ligne éditoriale et les spécificités de votre chaîne et peuvent vous permettre de multiplier par 20 vos revenus. »

 

Si la plupart des créateurs ne cèdent pas encore à cette méthode, on peut tout de même remarquer une augmentation significative du phénomène ces deux dernières années, à la manière de ce qui se passe avec les sites d'informations et autres blogs. On a par exemple pu voir Golden Moustache, qui fait partie du groupe M6, publier le 20 décembre 2013 une vidéo sponsorisée par SFR, ce qui n'a pas été du goût de tous les internautes.

 

 

 

Six mois plus tôt, Orangina a frappé plus fort encore en publiant sur son propre compte un court métrage de 14 minutes mêlant une vingtaine d'acteurs et actrices, certains pouvant être qualifiés de purs YouTubeurs. Là aussi, on retrouvait Golden Moustache mais aussi le Studio Bagel (depuis racheté par le groupe Canal), l'opération ayant été relayée dans l'émission Capital... sur M6. Le groupe indiquait ainsi en février être « la marque de référence du Brand Content » avec son équipe d'humoristes. Il est d'ailleurs aussi celui qui gère les espace publicitaires de Norman.

 

Notez d'ailleurs que les contenus de ces nouvelles stars du web ne sont pas leur seule manière de se faire rémunérer par les marques puisqu'à la manière des animateurs TV, on peut aussi les retrouver dans certains spots, parfois en amont de leurs propres vidéos. Et pour mesurer leur popularité de ces créateurs, on retrouve aussi depuis mars dernier une cérémonie, là aussi organisée par le groupe M6, mais sur W9 : les Web Comedy Awards.

Quand le « sponsoring » n'est pas toujours clairement indiqué

Et le phénomène du contenu sponsorisé ne cesse de s'étendre. Gonzague, connu pour ses canulars et caméras cachées, a par exemple multiplié les vidéos de ce genre, ceci pour des sociétés plutôt variées. S'il a gardé son style habituel, ses fins de vidéos, lorsqu'elles sont sponsorisées, sont toutefois de véritables publicités. Ce même Gonzague a d'ailleurs collaboré avec la banque CIC en diffusant trois défis directement sur le compte YouTube de l'établissement financier. Cyprien, le YouTubeur français le plus suivi avec plus de 6 millions d'abonnés, en a d'ailleurs fait de même pour cette banque française, avec un style digne d'un Gad Elmaleh chez LCL. Le YouTubeur Jeremy a pour sa part donné de sa personne pour Mon Contrat Pro.

 

Mais le « sponsoring » sur YouTube connait surtout un succès grandissant dans le secteur du jeu vidéo. Cyprien Gaming, la chaîne de Cyprien et Squeezie, a ainsi été la cible d'Un Drop Dans La Mare pour une vidéo vantant un peu trop les atouts du PS+. Plus que la publicité « cachée », c'est surtout le manque de mention indiquant qu'il s'agit d'une publicité qui gêne dans ce cas de figure. Le publireportage a ainsi fait des petits dans le secteur des vidéos. Dans le cas de Cyprien Gaming, poussé par la société Mixicom qui dispose d'une régie publicitaire qui ne cache pas réaliser du publi-rédactionnel, cela passe notamment par ses magalogues : « Mixicom introduit le concept des "magalogues" , qui sont des magazines publi-rédactionnels, gratuits et diffusés sur les lieux de vente, au plus proche des produits chroniqués » explique d'ailleurs la société sur son site.

 

 

Cyprien Gaming n'est toutefois pas une exception. Récemment, le Studio Bagel a multiplié les remarques négatives suite à la publication de trois vidéos portant sur un voyage à Los Angeles (le premier épisode par exemple). Centrées sur les péripéties à l'E3 de trois membres du studio (qui appartient désormais à Canal+), les vidéos mettaient surtout en avant des jeux vidéo d'Ubisoft, Far Cry 4, The Crew et Just Dance plus précisément. Sous couvert de second degré, la publicité « cachée » n'en reste pas moins évidente. Et contrairement à la vidéo de Golden Moustache financée par SFR et clairement indiquée comme telle au début de la vidéo, aucune mention n'est ici faite.

 

Cela ne s'arrête cependant pas là. Le marché du « sponsoring jeux vidéo » semble particulièrement lucratif, puisque le Studio Bagel compte lancer Studio Gaming, une chaîne dédiée aux jeux vidéo donc. Le contenu de cette future chaîne reste encore à déterminer, mais tout semble indiquer que les vidéos financées par Ubisoft pour l'E3 ne soient qu'une entrée en matière.

 

Questionné par nos soins sur ce sujet délicat, le duo d'Un Drop Dans La Mare (UDDLM) a eu la dent dur. Pour eux, afin de vivre de leurs activités, les créateurs vont « céder à une pratique de plus en plus répandue : le publireportage. L’objectif sera donc pour les YouTubeurs de réaliser des publicités déguisées sous forme de sketch, de tutoriel ou bien de simples conseils afin de promouvoir les avantages d’un produit de l'entreprise qui les aura rémunérés pour. »

« L’utilisation de superlatif tout au long de la présentation du jeu en est la résultante »

Mais concrètement, comment s'organise une vidéo sponsorisée ou un publireportage ? Il existe plusieurs méthodes pour les éditeurs et les constructeurs afin de contacter un YouTubeur, mais deux moyens sont principalement utilisés. Il y a tout d'abord les agences web spécialisées dans ce type de contact. « C’est le cas par exemple de la société influence4you.fr contactée par le studio 505games qui souhaitait faire connaitre le jeu Terraria auprès d’un public orienté Minecraft » nous expliquent Rémi et Thomas d'UDDLM. « La web agency a donc mis en relation le studio avec le YouTubeur Unsterbliicher pour qu’il réalise une vidéo de promotion du jeu. L’utilisation de superlatif tout au long de la présentation du jeu en est la résultante. »

 

La seconde grande méthode est tout simplement le contact direct. Une entreprise X, via  va ainsi appeler un YouTubeur ou lui envoyer un email afin de négocier contre des produits voire de l'argent une vidéo vantant l'un de ses produits. Pourtant très critiques envers le milieu du jeu vidéo, les deux membres d'UDDLM eux même été contactés afin de faire partager leur avis sur un produit avec leur audience. Il faut dire que du côté des marques même, il y a une pression.

 

Nombreux sont les responsables marketing qui commencent à se voir imposer par leur hierarchie des objectifs sur les réseaux sociaux, mais aussi sur la notoriété de leurs marques auprès des YouTubeurs, qui son prescripteurs auprès des jeunes. Ils sont donc de plus en plus sollicités pour évoquer tel jeu plutôt que tel autre, afficher tel casque pendant un « Let's play », vanter telle souris, expliquer pourquoi telle carte graphique leur rend de grands services au quotidien, etc. 

 

Cette pratique est-elle condamnable ? Tout dépend bien entendu si cela est indiqué ou non dans les vidéos. « Sans rentrer dans un conflit juridique, la publicité déguisée est condamnable sur un plan éthique. Partons du principe que quand on tente de dissimuler quelque chose, c’est qu’on n’est pas tout à fait en accord avec sa morale, tout du moins qu’on se sait en désaccord avec la morale d’autrui » résument pour leur part les deux membres d'UDDLM.

 

Pour le duo, non seulement les méthodes des compagnies sont à pointer du doigt, mais la responsabilité du YouTubeur qui accepte cela est aussi en cause. « Une grande partie de son auditorat est composée de jeunes qui n’ont pas forcément la capacité de discernement suffisante pour reconnaitre une publicité d’un contenu rédactionnel. Ces jeunes se retrouvent face à l’avis biaisé d’une personne dont ils apprécient le travail et écoutent les recommandations. » Et les YouTubeurs, grâce aux statistiques dont ils disposent, connaissent bien l'âge de leurs auditeurs.

 

« En bout de ligne, c’est l’acheteur qui valide ou non un produit. Et soyons très clair, l’acheteur a validé sur internet le publirédactionnel en consommant du Cyprien Gaming et du jeuxactu, tiré par des célébrités du web. On a beau retourner le problème dans tous les sens, on est toujours seul face à ses choix » conclurent Rémi et Thomas.

Comment gagner de l'argent et combien ?

Concernant les YouTubeurs qui vivent en partie ou complètement de leurs production, la question la plus récurrente est sans doute combien ils gagnent pour 1000 vues ? C'est en effet de cette manière que se comptabilisent les revenus. Mais comme pour un site internet financé par la publicité, cette question n'a pas de réponse unique et prédéfinie.

 

En effet, cela dépend de très nombreux critères. Le créateur active-t-il ou non de la publicité ? Certains, surtout pour les vidéos très courtes, préfèrent la désactiver pour une question de respect. Et si vous en voyez, ce n'est pas nécessairement du fait du YouTubeur, dès lors que dans le cas où la vidéo contient du contenu soumis au droit d'auteur, la plateforme peut d'elle-même activer la publicité afin de partager les revenus avec les ayants droit. Il est aussi possible, pour la même raison d'exploitation de droit d'auteur, que seule une fraction des gains publicitaires tombe dans la poche du créateur, réduisant ainsi fortement ses gains.

 

YouTube publicités

Les formats publicitaires

Dans le cas où les publicités sont activées et où aucune problématique liée au droit d'auteur n'entre en jeu, il y a tout de même de nombreux paramètres qui restent à prendre en compte. Tout d'abord, quels types d'annonces sont affichés ? Celles dites superposées (simple bandeau de texte en bas de la vidéo), celles appelées « TrueView InStream » qui consistent à diffuser une publicité vidéo avant le contenu, ou bien les deux ?

 

Bien évidemment, celle qui permet de réaliser le plus de profits est de loin la « TrueView Instream ». Néanmoins, que sa coupure après cinq secondes soit présente ou non, elle génère aussi le plus d'agacement de la part des utilisateurs et peut pousser certains à tout simplement quitter la page. Un point à prendre en compte pour qui souhaite respecter ses auditeurs, alors que si les gens évitent de regarder la télévision ou d'écouter la radio, c'est aussi en raisons de la quantité astronomique de publicités abrutissantes visibles. Ce n'est donc pas pour les retrouver sur internet pour chaque vidéo vue.

 

On en vient alors à un autre critère majeur. Ennemi de bien des sites internet, les logiciels de type Adblock permettent aussi d'éviter les publicités sur YouTube, tout comme le bloqueur de publicité de Free. Un créateur ayant une part importante de ses auditeurs exploitant un tel outil remarquera alors rapidement une différence entre son nombre de vues sur YouTube et celui spécifique à la publicité via AdSense. Or, cela peut représenter une part non négligeable des utilisateurs de la plateforme, même si les vidéos de cuisine pourraient être moins touchées que les contenus qui visent les geeks.

 

Dans certains cas, il ne sera aussi pas possible d'afficher une publicité parce que l'annonceur aura décidé de limiter à un certain nombre par utilisateur (capping). On parle alors de « vues monétisables », un nombre bien inférieur à celui des vues comptabilisées par YouTube. 

 

Il reste ensuite d'autres critères pour connaître les revenus d'un YouTubeur comme le taux de clics de ses visiteurs. Si une publicité génère plus de clics (en moyenne), les gains pourront en être augmentés. Autre information à prendre en compte : le pays. Un internaute situé aux États-Unis rapporte en moyenne bien plus qu'un visiteur Français, qui lui-même rapporte plus qu'un vidéonaute d'un pays au pouvoir d'achat plus faible.

 

Les annonceurs visent logiquement les plus riches, et cela se répercute sur les gains publicitaires des YouTubeurs. Un Squeezie, à nombre de vues égal, gagnera donc beaucoup moins qu'un PewDiePie, l'un ayant une audience majoritairement francophone, alors que le second en grande partie anglophone et donc américaine.

100 000 vues sur YouTube, ce n'est pas vraiment le début de la richesse

Enfin, dernier point majeur : la valeur des campagnes publicitaires. Toutes ne sont pas égales, bien loin de là. Alors que l'on a coutume de dire que 1 000 vues rapportent 1 à 2 €/$ (ou 1 000 à 2 000 €/$ le million de vues), cela peut grimper bien plus haut selon les cas. Wizdeo, encore lui, a par exemple proposé un temps à tous ses partenaires une campagne à 5 dollars les 1 000 vues, soit un peu moins de 4 euros à l'époque. Cette campagne, limitée dans le temps, ne signifie pas que ses collaborateurs ont pu compter sur un tel montant pour toutes les campagnes suivantes.

 

Comme le précise la plateforme, « pour le premier sponsoring, Wizdeo va reverser, sur 3 semaines, un prix de 5 dollars les 1 000 vues monétisables, soit près de 3,8 € de RPM sur les vues monétisables ! Le sponsoring, c'est donc le gage que progressivement, les partenaires Wizdeo pourront aller au-delà de 2 dollars les mille vues monétisables. » Il est de plus bien spécifié à ses membres que ce « n'est pas encore signe que vous serez sponsorisé en permanence. YouTube et Wizdeo vont d'abord regarder les résultats pour l'annonceur, en termes de retour, de visionnage, etc. Il devra certainement y avoir des ajustements dans les offres, peut-être les durées, etc. ».

 

Concrètement, si un YouTubeur affiche les publicités les plus rémunératrices, il peut effectivement atteindre entre 1 et 2 euros par 1 000 vues en fonction de l'origine de ses visiteurs. Cela signifie donc qu'il faut s'approcher du million de vues pour commencer à vivre de la plateforme (uniquement avec les publicités standards) et si l'on est plusieurs à faire des vidéos à l'instar du Joueur du Grenier, il faut alors compter plusieurs millions de vues par mois.

 

Il faut toutefois comprendre que certains YouTubeurs à succès peuvent toucher bien plus que 1 à 2 euros par 1 000 vues en fonction de ses relations avec son network, tandis que d'autres sont en deçà. Rémi et Thomas, d'Un Drop Dans La Mare, nous ont par exemple indiqué qu'avec « 100 000 vues mensuelles, nous générons 55 dollars avec les publicités en pre-roll. Il est évident que ce n’est pas rentable. »

PewDiePie multi-millionnaire

Mais si l'on peut gagner quelques milliers de dollars et d'euros par mois avec une très forte visibilité, les revenus peuvent aussi s'envoler bien plus haut pour les superstars. Un récent article du Wall Street Journal a ainsi estimé que le fameux PewDiePie gagnait ni plus ni moins que... 4 millions de dollars en 2013. Si la somme arrondie laisse entendre qu'il s'agit d'un à peu près, il faut surtout comprendre que l'an passé, sa chaîne est passée de 3,5 millions d'abonnés à... plus de 18 millions fin 2013 (et près de 31 millions aujourd'hui !). Et selon Statfire, en moyenne, PewDiePie réalise plus de 270 millions de vues par mois, soit plus de 3 milliards par an. Une moyenne qui devrait encore croître fortement à l'avenir. Que le jeune homme né en Suède et vivant en Angleterre soit millionnaire n'est donc pas surprenant.

Dans le même ordre d'idée, le Coréen PSY, lauréat, certainement pour très longtemps, de la vidéo la plus vue sur YouTube avec son tube Gangnam Style, a généré un chiffre d'affaires publicitaire de 8 millions de dollars rien qu'en 2012, et plus de 13 millions de dollars à ce jour. Ceci avec une seule et unique vidéo qui a dépassé les 2 milliards de vues en mai dernier. Bien entendu, tout ne va pas dans les poches du chanteur asiatique et YouTube garde sa part. Mais les chiffres ont de quoi faire tourner les têtes, même si cela reste exceptionnel, il faut bien entendu le rappeler.

 

Sans atteindre de tels sommets, les plateformes de streaming vidéo, et en particulier YouTube, permettent bien aujourd'hui de compléter ses fins de mois voire pour les plus connus d'en vivre tout simplement. Bien entendu, nous manquons encore de recul pour savoir si un tel système peut tenir sur le long terme. Que se passera-t-il en cas d'utilisation massive des bloqueurs de publicité ? YouTube ne risque-t-il pas d'augmenter ses marges dans le futur, puisque c'est par sa plateforme que passent toutes ces publicités ?

 

S'il faudra patienter pour avoir des réponses solides, la situation actuelle est en tout cas un cercle vertueux qui profite avant tout à YouTube : grâce à son audience et son potentiel financier, elle attire un maximum de créateurs, qui eux-mêmes attirent plus de visiteurs et par conséquent les annonceurs, qui voient ici un marché bien moins onéreux que la télévision, et surtout bien plus flexible. Les possibilités de ciblage son nombreuses, le calcul du retour sur investissement plus clair et plus rapide, etc. Ce n'est pas pour rien que les chaînes de TV commencent à s'intéresser au RTA (Real Time Advertising).

Comment être payé par YouTube ?

Après avoir publié des vidéos et affichés de la publicité, le YouTubeur peut ensuite encaisser son argent. Cela peut toutefois prendre du temps. Il faut au préalable créer un compte Adsense et dans un premier temps fournir des informations (lieu du domicile, etc.) ainsi que valider votre adresse. Une lettre vous est alors envoyée après quelques jours, voire plusieurs semaines, et un code secret vous est fourni afin de confirmer votre adresse mais aussi confirmer que vous êtes bien détenteur du compte.

 

Une telle procédure n'est possible que si l'on atteint 10 euros de revenus publicitaires. Tant que cette barre symbolique n'est pas atteinte, Google ne vous contactera pas et ne vous demandera d'ailleurs pas votre adresse.

 

YouTube Adsense Seuil Paiement

 

Pour encaisser l'argent gagné, cette procédure est certes indispensable, mais cela ne signifie pas pour autant que vous serez payés. En effet, la plateforme applique un seuil minimal pour transférer des fonds, par chèque ou virement généralement (les Networks passent parfois par d'autres moyens, PayPal par exemple). Ce seuil, que vous pouvez augmenter à votre guise, est de 70 euros dans les pays où l'euro est la monnaie utilisée, ou encore de 100 dollars aux États-Unis et au Canada, de 60 livres outre-Manche et 100 francs suisses.

 

Il faut donc atteindre un tel niveau avant de récolter les fruits de la publicité. Si l'on réalise peu de vues, cela peut donc prendre des mois voire des années pour recevoir son premier chèque, puisqu'il faut plusieurs dizaines de milliers de vues au minimum.

Les Networks : des partenaires particuliers

Pour gagner de l'argent via les publicités, outre passer par le système de base de YouTube, il est aussi possible de signer un contrat avec ce que l'on appelle un Multi-Channel Network (MCN), plus communément nommé Network. Les plus importants et connus se nomment Vevo (pour la musique), Machinima (jeux vidéo et autres), Makers Studio (racheté par Disney récemment), FullScreen, Yeousch, ou encore les Français Believe Digital Studios et Wizdeo. Ils sont les intermédiaires parfaits entre YouTube et les annonceurs, puisqu'ils négocient eux-mêmes les publicités.

 

Par contre, et contrairement à ce que de nombreux YouTubeurs pensent, ils n'ont aucun lien avec les majors et les représentants des ayants droit (hormis Vevo qui appartient à Universal Music et Sony Music), et ne protègent donc en rien d'éventuelles plaintes pour abus de droit d'auteur, comme nous le verrons un peu plus loin.

Les Networks : des intermédiaires entre les annonceurs et YouTube

Sauf chez certains petits networks, il faut montrer patte blanche avant de rentrer. Il est ainsi parfois nécessaire d'avoir un minimum d'abonnés, de faire un certain nombre de vues chaque jour (quelques centaines voire milliers), de publier plus ou moins régulièrement des vidéos et non une fois tous les six mois, voire de diffuser des productions qui répondent à un niveau de qualité minimal pour les plus tatillons. Tous ces critères varient selon les exigences des partenaires, qui évoluent aussi avec le temps, certains networks devenant moins rigoureux en fonction de leur évolution. Plusieurs réseaux n'appliquent d'ailleurs pas certains de ces critères afin d'attirer plus aisément les nouveaux YouTubeurs ou encore ceux souhaitant diminuer leur rythme de publication.

 

Bien entendu, ces intermédiaires captent une partie des revenus des créateurs, ce qui peut aller jusqu'à 30 voire 40 % (et plus encore) selon les cas. Prenons un exemple concret avec Wizdeo, un français qui compte tout de même plusieurs millions d'abonnés via ses partenaires, et plusieurs centaines de millions de vues par mois. Ses critères d'entrées sont simples : créer son propre contenu, respecter le droit d'auteur et la loi, et dépasser les 1500 vues par jour, soit 45 000 vues par mois.

 

Machinima

 

Aujourd'hui, plusieurs de ces sociétés représentent des milliards de vues par an, des centaines voire des milliers de YouTubeurs et des dizaines ou des centaines de millions d'abonnés. Ils deviennent ainsi des partenaires de choix pour la plateforme américaine et ont un poids réel lorsqu'il s'agit de négocier avec des annonceurs. Pour mieux comprendre leur importance, il faut par exemple savoir que Makers Studio, racheté à prix d'or (500 millions de dollars) par Disney il y a quelques mois, compte dans ses rangs des stars de YouTube comme PewDiePie ou encore Nice Peter de Epic Rap Battles of History.

« C'est ce qui va peut-être, j'espère, nous permettre de vivre de ces vidéos »

Machinima compte (ou comptait) pour sa part dans ses rangs Sky Does Minecraft (2 milliards de vues) ou, côté Français, Le Joueur du Grenier, Antoine Daniel, Benzaie, LinksTheSun, Fanta & Bob, Wartek, Digidix, etc. Le JdG a rejoint ce network il y a plus de deux ans maintenant. Sur leur site officiel, Frédéric Molas et Sébastien Rassiat expliquaient ainsi début 2012 qu'il y avait désormais de la publicité sur toutes leurs vidéos sur Youtube, ceci du fait de ce nouveau partenariat. « C'est ce qui va peut-être, j'espère, nous permettre de vivre de ces vidéos et donc de continuer à en faire, tout ça en admettant qu'on fasse autant de vues qu'on en fait maintenant donc quelque part ça va dépendre aussi autant de nous que de vous » précisaient-ils alors.

 

Le duo rajoutait que pour les internautes visionnant leurs vidéos, « cette association avec Machinima ne va rien changer, mis à part les quelques secondes de pub de YouTube (qui sont skippables de toute façon), peut-être vous verrez qu'on devra faire un peu de promo en mettant des likes sur d'autres vidéos du réseau Machinima mais pour le reste ça change rien. On est libre comme l'air de faire ce qui nous plait. » Les activités du compte du JdG ne montrent toutefois pas un grand nombre de J'aime sur d'autres chaînes de vidéos, hormis celles traitant des jeux vidéo (et souvent amis du duo) ou de la série abrégée du Chevalier du Zodiaque. L'objectif de cette alliance est donc clairement de pouvoir se professionnaliser et de se consacrer exclusivement à leurs réalisations sur internet, et des à-côtés.

 

Il faut toutefois comprendre qu'à l'origine, l'intérêt du network était différent d'aujourd'hui. En effet, il y a encore quelques années, afficher des publicités sur ses propres vidéos était impossible ou cela pouvait prendre un certain temps. Avoir une chaîne vérifiée, et mieux encore devenir un « partner », n'était pas aussi aisé. Par conséquent, adhérer à un network, c'était surtout accélérer la procédure, réduire les tracasseries administratives tout en profitant d'une monétisation de ses vidéos.

Incontournables il y a peu, ce sont toujours des partenaires privilégiés 

Mais aujourd'hui, tout ceci est possible sans de tels intermédiaires (avec peu de patience), néanmoins, les networks apportent toujours divers avantages. Il est ainsi possible d'accéder à des fonctionnalités de YouTube plus rapidement, d'augmenter sa visibilité, d'obtenir divers conseils pour accroître son audience, de profiter de campagnes publicitaires spécifiques (plus rémunératrices), de créer des vidéos sponsorisées, de diffuser son contenu sur plusieurs plateformes différentes facilement (et non YouTube uniquement), etc. Se lier à un partenaire n'est toutefois pas indispensable pour vivre de YouTube, mais cela peut avoir des atouts selon le sérieux du network et sa puissance de négociation.

 

Enfin, terminons ce passage sur les Networks avec un point trop rarement abordé : les contrats. Ces plateformes, pour devenir l'intermédiaire du YouTubeur, en proposent et leur contenu varie selon les cas, nous ne pouvons donc faire de généralité à ce sujet. Néanmoins, il convient absolument d'en lire son intégralité. Certaines mauvaises surprises peuvent en effet arriver en cas de signature à la hâte, trop appâté par les gains à venir. Le créateur peut par exemple se rendre compte a posteriori qu'il a signé un contrat à vie. Et si ledit document vous semble trop complexe, il ne faut pas hésiter à le faire relire par des amis juristes, voire par un avocat, tout simplement. 

Une audience gigantesque

Ils se nomment PewDiePie, Smosh, Ray William Johnson ou encore Nigahiga. Ils cumulent des millions voire des dizaines de millions d'abonnés, et surtout, ils dépassent tous le milliard de vues sur YouTube. Le célèbre joueur et spécialiste du « Let's Play » PewDiePie affole même les compteurs avec déjà plus de 30 millions d'abonnés et plus de 6 milliards de vues depuis peu. Des chiffres stratosphériques qui leur permettent de gagner plus que confortablement leur vie, sans compter leurs « activités annexes ».

 

L'une des vidéos les plus vues de PewDiePie de ces dernières semaines 

Des cas français déjà bien installés...

Mais pour vivre de ses productions via une plateforme de vidéos, pas besoin d'atteindre de tels chiffres. En France, de nombreuses personnes vivent déjà en grande partie grâce à YouTube. Ils sont connus de bien des internautes : Le Joueur du Grenier, Antoine Daniel (What The Cut), Mathieu Sommet (Salut les Geeks), Links The Sun, LangueDePub (Minute Papillon), EnjoyPhoenix, Aypierre, Siphano, Fanta & Bob, Newtiteuf, Usul, Le Fossoyeur de Films, Durendal, Benzaie, Squeezie, Natoo, Le Rire Jaune, Norman, Cyprien, etc. Vous pouvez d'ailleurs en voir certains dans une campagne de publicité pour YouTube diffusée par Google.

 

Certains exploitent depuis peu des plateformes comme Tipeee afin de compléter leurs revenus et/ou éviter de dépendre de la publicité. Mais outre ces quelques cas, pour vivre de leurs vidéos, deux tactiques sont mises en place par les YouTubeurs qui consacrent donc la majorité de leurs temps à leurs productions.

... mais des stratégies assez différentes

La première est de proposer des vidéos longues, de qualité, bien montées, avec un temps d'écriture préalable très important. Cela implique de proposer une vidéo toutes les deux ou trois semaines, voire une par mois seulement. De telles vidéos doivent faire au minimum plusieurs centaines de milliers voire quelques millions de vues pour être viables. Il faut donc être régulier et connaître son audience et évoluer avec elle pour la faire croitre afin qu'elle soit à chaque fois au rendez-vous.

 

D'autres, sans avoir beaucoup d'abonnés ni cumuler un grand nombre de vues par vidéos, ont trouvé une parade : multiplier les vidéos. C'est principalement le cas des spécialistes du « Let's Play », ces joueurs qui nous montrent leur avancée dans un jeu vidéo, peu importe lequel. Si le cas de PewDiePie est exceptionnel dès lors qu'il arrive à cumuler quantité de vidéos (près de 2 000 aujourd'hui) et de vues, d'autres de contentent de quelques milliers de vues à chaque publication, parfois un peu plus, mais ils publient à un rythme important, souvent quotidien. Aypierre, spécialiste du jeu Minecraft, dépasse par exemple les 1 000 vidéos diffusées et NewTiTeuf, spécialiste de Pokémon, dépasse les 800. Une cadence infernale facilitée par l'utilisation d'images existantes (le jeu vidéo) et par un montage soit léger, soit carrément inexistant. Le texte est pour sa part moins abouti qu'un créateur chevronné. Bref, cela demande moins de travail, d'où une facilité à publier à un tempo très élevé.

 

La chaîne WizGamerz, qui analyse régulièrement les performances de « vues » des plus gros YouTubeurs français, notamment spécialiste de jeux vidéo, a dans l'une de ses dernières publications réalisé un top 10 qui en dit long. Le dixième, Sup3r Konar (spécialiste GTA), a par exemple cumulé près de 800 000 vues en une toute petite semaine. Devant lui, on retrouve de nombreux YouTubeurs à plus d'un million de vues par semaine, dont le Joueur du Grenier (rare YouTubeur de jeux vidéo à ne pas miser sur la quantité), TheFantasio974 (Minecraft), Aypierre, FantaBobGames, etc. Le plus impressionnant reste toutefois le top 2 de ce classement, avec le duo Cyprien et Squeezie en seconde position avec plus de 2 millions d'abonnés et près de 3,5 millions de vues (en une seule semaine faut-il le rappeler) et en première place Squeezie seul avec plus de 11 millions de vues. Un nombre stratosphérique pour un francophone.

 

 

Le secret de Squeezie est simple et se rapproche grandement de PewDiePie : publier régulièrement des vidéos (une par jour ou tous les deux jours), plutôt courtes (entre 5 et 10 minutes), avec une thématique n'ayant parfois aucun rapport avec les jeux vidéo, des « tests » de tous les jeux possibles (pas de spécialisation), des images de présentation de la vidéo (avant de la lancer) travaillées, une propension à s'énerver et crier facilement et des titres en majuscules. Rajoutez une base d'abonnés très importante (plus de 2,3 millions) et vous obtenez des vidéos qui dépassent généralement le million de vues, et souvent, deux voire trois millions, sauf exception.

 Vous voulez atteindre 20 millions de vues « facilement » ? Publiez 100 000 vidéos

Autre cas typique et plus parlant encore, celui du compte Emma Saying. Spécialisé dans la prononciation des mots en anglais (How to Pronounce), ce compte cumule aujourd'hui plus de 100 000 vidéos. Les vidéos ne durent qu'une poignée de secondes, et la chaîne compte à peine un peu plus de 18 000 abonnés. Un principe basé sur celui de la longue traine qui est tout aussi payant puisque cette chaîne compte plus de 19 millions de vues depuis sa création, et le nombre augmente à un rythme très élevé ces derniers mois.

 

Une performance qui tient en son rythme effréné de publication, puisque plusieurs dizaines de vidéos sont diffusées chaque jour sur la chaîne. Des listes de lecture thématique sont ainsi créées afin de multiplier les vues et pousser les internautes à enchainer les vidéos. Celle sur les noms dans Game of Thrones cumule ainsi 1755 vidéos au moment où nous rédigeons ces lignes. Quant aux listes des joueurs de football, chacune d'entre elles génère parfois des dizaines voire centaines de vidéos.

 

 

Selon l'auteur de la chaîne, son objectif est de mettre en ligne « des vidéos pour chaque mot en anglais avec la prononciation correcte de celui-ci. Ensuite, je vais ajouter des vidéos comparant des ensembles de mots qui ont une sonorité similaire. » Toutefois, si en anglais la prononciation est plutôt bonne, dans les autres langues parfois abordées (dont le français), le résultat n'est pas toujours au rendez-vous.

 

Mais intéressons nous maintenant aux fameux Networks, ces intermédiaires qui font le lien entre les plateformes et les plus gros YouTubeurs, dont nos confrères d'Arrêt sur images nous parlaient l'année dernière.

Déclarations, impôts & cie.

C'est fait. Vous avez créé vos vidéos, elles ont du succès et vous y affichez des publicités. Vous commencez donc à gagner de l'argent. Mais si ces nouveaux revenus sont accueillis avec plaisir dans votre compte en banque, cela implique une action plus douloureuse : la déclaration, obligatoire à moins d'avoir le goût du risque.

 

Plusieurs cas de figure selon votre situation se présenteront à vous. Peu importe combien vous gagnez, que ce soit 100 euros ou 100 000 euros, il faut les déclarer dans vos revenus. Néanmoins, si vos vidéos sur internet deviennent vos ressources principales, cela signifie qu'il s'agit de votre travail. Une simple déclaration ne suffit généralement plus et il vous faut alors un véritable statut.

Devenir auto-entrepreneur

En France, de nombreux YouTubeurs ont ainsi eu la riche idée de devenir auto-entrepreneurs (AE). « C’est le statut le plus avantageux et le plus facile à gérer » nous a même indiqué Émilie Topsen, la responsable administratif et financier du Network français Wizdeo. Pour ceux ne gagnant pas plus de 32 900 euros par an, être auto-entrepreneur permet à la fois d'être en règle avec l'administration fiscale tout en cotisant et en remplissant les contributions sociales. Tout ce qui concerne l'URSSAF est par exemple simplifié, les frais administratifs sont allégés, etc. Le formulaire à remplir pour les AE pour la déclaration de revenus est précisément le 2042-C (pour la France). Quant à la déclaration pour débuter ses activités, il n'y a rien de plus simple. Il suffit de se rendre sur cette page et de remplir quelques informations en quelques minutes. Notez qu'un blogueur professionnel, un community manager, un web master ou même un rédacteur web peut en faire de même.

 

Auto Entrepreneurs impots

Les YouTubeurs sont vus comme des prestataires de services

 

Au-delà de la limite des 32 900 euros, et même avant d'atteindre une telle somme, cela signifie que les choses sérieuses commencent et il vaut mieux passer à l'étape suivante, c'est-à-dire créer une véritable entreprise, même si vous êtes le seul et unique maître à bord. Cela a ses avantages et ses inconvénients. Bien entendu, vous perdez toutes les facilités liées au statut de l'AE, mais il y a aussi des contreparties non négligeables. Il faut par exemple savoir qu'un AE ne peut pas déduire ses frais. Or un YouTubeur professionnel qui gagne plusieurs milliers voire dizaines de milliers d'euros par mois est susceptible d'avoir des charges importantes pour son travail, notamment vis-à-vis de son matériel ou encore de ses locaux. Qui plus est, un AE paie ses impôts en fonction de son chiffre d'affaires, ce qui est différent pour les sociétés.

 

Rajoutons qu'en ce qui concerne la retraite, le régime de l'auto-entrepreneur n'est pas forcément le plus intéressant. Le site du service public ne s'en cache pas : « les droits à la retraite (en matière de retraite de base ou de retraite complémentaire) des auto-entrepreneurs soumis au régime micro-social dépendent du montant des cotisations sociales versées. Sans chiffre d'affaires déclaré et donc sans cotisation, aucun droit à une pension vieillesse ne peut être ouvert. » Il faut ainsi atteindre un seuil minimal pour valider ses trimestres comme le montre le tableau ci-dessous réalisé par l'administration française.

 

Auto Entrepreneurs retraites

EIRL, EURL/SARL ou SASU

En dehors de l'Auto-Entrepreneur, pour quel statut opter précisément ? Dès lors que les montants s'envolent, il convient de réfléchir soigneusement à cette question. « Lorsque le plafond (NDLR : des 32 900 euros) est dépassé il faut effectivement créer une société, le statut dépend vraiment de chacun, de ses activités extérieurs, de ses ambitions » nous résume Wizdeo, contacté par Next INpact sur ce sujet. 

 

Si l'on est seul, l'EIRL, c'est-à-dire l'Entreprise Individuelle à Responsabilité Limitée a un sens. Elle a l'avantage d'être plutôt simple à créer et à gérer, et de ne pas demander de capital minimum. La couverture sociale est par contre plus faible qu'un salarié. L'EIRL dépend d'ailleurs du RSI (Régime Social des Indépendants) et non de l'URSSAF. Et  il n'y a pas de droits à l'assurance chômage. Il faut donc souscrire soi-même à une assurance spécifique si on le souhaite.

 

L'autre statut bien connu pour une personne seule est l'Entreprise Unipersonnelle à Responsabilité Limitée (EURL), sachant qu'à plusieurs, on se tournera alors vers une Société À Responsabilité Limitée (SARL). L'avantage de l'EURL est de permettre de choisir son régime fiscal. L'imposition se fait soit via l'impôt sur le revenu, soit via l'impôt sur les sociétés. Sa gestion reste simplifiée (même si plus complexe que pour l'AE), les responsabilités sont toujours assez limitées (i.e. le patrimoine personnel ne peut être saisi en cas de dettes) et opter pour l'impôt sur les sociétés (IS) n'est que de 15 % jusqu'à 38 120 euros et 33,33 % au-delà. Et là encore, la protection sociale proposée par l'EURL est moins intéressante que pour un salarié. Cela reste de toute façon le défaut commun aux « patrons ».

 

Selon Wizdeo, les entreprises à responsabilité limitée ne sont toutefois pas forcément judicieuses pour les « purs » YouTubeurs. « S’il reste sur une activité purement YouTube d’encaissement de revenus publicitaires, il n'y a pas de nécessité d’entreprise en responsabilité limitée, il y a peu de risque de faillite et de devoir rembourser des dettes avec sa voiture ou sa maison » nous a-t-on ainsi expliqué.

 

Vers quel statut alors opter ? « Certains choisissent des sociétés en noms propres d’autres passent sur des SAS. » Effectivement, outre l'entrepreprise individuelle classique (en nom propre), il existe aussi la SASU, soit la Société par actions simplifiée unipersonnelle. Elle peut être créée seul ou à plusieurs, et cela permet d'être un dirigeant assimilé salarié. Excepté l'assurance chômage, les droits de sécurité sociale ou encore de retraite sont donc plus intéressants que les autres statuts décrits ci-dessus. Les responsabilités sont là encore limitées et il est possible lors des premières années de choisir son type d'imposition (revenus ou sociétés). De plus, les cotisations ne se font qu'en cas de rémunération, et les dividendes n'impliquent pas non plus de cotisations. Les charges sociales sont par contre plus importantes que pour l'EIRL et l'EURL/SARL.

 

 

Pensez enfin que l'AGESSA, qui s'occupe de la sécurité sociale des auteurs, peut être intéressante pour les YouTubeurs qui disposent de revenus modérés et qui ne souhaitent pas s'embarquer dans les complications des entreprises. L'AGESSA gère notamment les auteurs d'œuvres multimédias qui sont indépendants et donc ne sont pas salariés. Cela peut permettre de cotiser pour la sécurité sociale et de se créer une retraite sans difficulté.

 

D'une façon globale, il faut de toute façon se renseigner de manière approfondie sur votre futur statut à opter en fonction de vos revenus et de vos frais actuels et futurs, du nombre de collaborateurs, des ambitions, du travail à côté (s'il y a), etc. Contacter un spécialiste, tel un expert-comptable ou un avocat fiscaliste, est ainsi recommandé. Il faut de plus rappeler que certains statuts évoluent, à l'instar de celui de l'auto-entrepreneur, et qu'un statut aujourd'hui intéressant peut ne plus l'être dans un an.

 

« Quoi qu’il en soit, une fois qu’il passe les seuils (de l'auto-entrepreneur, ndlr), le YouTubeur devra tenir une comptabilité, donc avant de choisir le statut de sa future entreprise le mieux est de s’adresser à un comptable qui évaluera la meilleure solution et qui pourra le suivre pour toutes les déclarations obligatoires et la tenue de la comptabilité » estime d'ailleurs la responsable administratif et financier de Wizdeo.

 

Enfin, il est important de comprendre qu'un YouTubeur doit (normalement) faire deux grands types de déclarations : la partie sociale (à l’URSSAF ou la RSI) et la partie fiscale (impôts, etc.). Selon les statuts, ces déclarations sont simplifiées, voire fusionnées, mais ce n'est évidemment pas toujours le cas. 

 

Quelques liens intéressants :

Les droits d'auteur

Concernant les droits d'auteur sur YouTube, il y a tout d'abord deux points distincts à séparer : vos propres droits en tant que créateur, et ceux qui ne vous appartiennent pas, mais que vous exploitez dans vos vidéos. Concernant ce dernier point, la politique de la plateforme est simple : idéalement, les contenus présents dans vos vidéos doivent vous appartenir, être libres de droit ou appartenir au domaine public.

 

Ce dernier point est important dès lors qu'un nombre grandissant de vieux films, datant d'avant la Seconde Guerre mondiale généralement (ou même un peu après), tombent dans le domaine public. Le site Archive.org propose par exemple de nombreuses vidéos exploitables pour vos propres vidéos. Attention, toutes ne sont pas dans le domaine public, vous devez donc vérifier pour chacune d'entre elles. Néanmoins, pour celles dont c'est le cas, il n'y a rien à demander, et il est possible de monétiser sa vidéo. Un véritable trésor. 

 

Notez que les contenus d'INA.fr ne sont pas exploitables contrairement à ce que l'on pourrait croire. Le site le précise explicitement dans ses conditions générales d'utilisation : « les Contenus ne peuvent ne aucun cas être téléchargés (de façon permanente ou temporaire), altérés (y compris d’une éventuelle séquence publicitaire), tronqués, modifiés, traduits, supprimés, exploités à titre payant ou gratuit, ou utilisés en tout ou partie pour créer une œuvre dérivée. » Par contre, en passant par InaMédiaPro, il est possible d'obtenir du contenu. Qui plus est, pour ceux souhaitant exploiter ces fonds radio ou télé « à des fins éducatives et culturelles », il faut contacter le service de l'action Culturelle et Éducative par email : sace@ina.fr. 

« Usage loyal » et parodies

Pour certains types de vidéos, il est toutefois possible de diffuser du contenu tiers et même de le monétiser. Il y a par exemple le cas équivalent à une courte citation, aussi appelée « usage loyal » par YouTube en français, ou « fair use » dans la langue de Shakespeare.

 

L'usage loyal est « une doctrine selon laquelle certains éléments protégés par des droits d'auteur peuvent être réutilisés, dans certaines circonstances, sans la permission du titulaire des droits d'auteur » résume la plateforme. Il s'agit néanmoins d'une définition américaine, qui s'applique donc aux États-Unis. Dans ce pays, il permet de publier des critiques, de diffuser des informations, de faire des parodies ou encore de réaliser des vidéos à but éducatif, en utilisant le contenu d'un tiers, sans être inquiété, tout du moins si l'on se conforme à certains standards. 

 

 

Malgré l'existence de l'usage loyal, YouTube conseille néanmoins très fortement :

  • d'exploiter une très courte partie du contenu tiers
  • d'utiliser des contenus tiers basés sur des faits réels plus que purement fictifs
  • de se renseigner sur la législation en vigueur
  • de ne pas nuire au profit de l'auteur originel
  • de donner une autre dimension à l'œuvre reprise via vos propres contenus

Il faut noter que ne pas afficher de publicité ne permet pas pour autant d'utiliser du contenu tiers qui n'est pas concerné par les points ci-dessus.

 

En France, la notion de« fair use/usage loyal » n'existe pas en ces termes. Néanmoins, l'article L122-5 du Code de la propriété intellectuelle est très clair et se rapproche en partie des règles américaines. Si l'on indique clairement le nom de l'auteur et la source, le créateur du contenu ne peut interdire les « analyses et courtes citations justifiées par le caractère critique, polémique, pédagogique, scientifique ou d'information de l'oeuvre à laquelle elles sont incorporées ». Les revues de presse et la diffusion de discours destinés au public sont dans le même cas.

 

Tout ce qui touche aux parodies, aux pastiches et aux caricatures est aussi concerné. Cette catégorie très spécifique et exceptionnelle mérite toutefois une définition exacte. Son but doit tout d'abord être humoristique et ne pas nuire à son auteur. Qui plus est, et c'est un point capital, la parodie ne doit pas créer de confusion avec l'œuvre originale. En ce sens, la série abrégée des Chevaliers du Zodiaque correspond parfaitement à ces critères, tout comme les montages de What's The Mashup ou encore les parodies de Mozinor. Et selon Jurisexpert.net, « rien ne s’oppose à une exploitation commerciale de l’œuvre parodiante ». Une affirmation basée sur une jurisprudence d'un cas de vente d'un t-shirt parodiant le personnage de Monsieur Propre.

La musique et les bruitages 

Une vidéo, pour la rendre plus attrayante, a souvent besoin de musiques et parfois de bruitages. YouTube fournit gratuitement un grand nombre de musiques et d'effets sonores directement sur le site, classés par genre, instrument, durée et même par types d'humeur. Intégrer des fichiers Creative Commons ou libres de droits, dans certains cas est aussi possible, mais il faut bien vérifier quelle licence est exploitée pour chaque titre. Certaines peuvent par exemple vous permettre de l'utiliser dans la vidéo, mais pas de l'exploiter à des fins lucratives. Il faut de plus penser de citer l'artiste à l'origine du morceau ou même du bruitage

 

Il est aussi possible de trouver sur la toile des œuvres exploitables en achetant des droits. Jamendo dispose par exemple d'une rubrique Pro qui permet pour quelques euros de se procurer une chanson ou une musique d'ambiance. Pour un YouTubeur à succès, l'investissement n'est pas forcément si dispendieux.

 

Jamendo Pro

 

Si vous souhaitez exploiter une œuvre musicale connue sans obtenir d'accord, cela reste possible, mais à vos risques et périls. Dans le meilleur des cas, vous échapperez aux robots de YouTube et aux oreilles des ayants droit. Dans le pire des cas, votre vidéo sera tout bonnement supprimée. Il existe toutefois une situation intermédiaire où votre vidéo restera en ligne, mais où l'argent de la publicité vous sera partiellement ou intégralement retiré, ceci pour le bénéfice de l'artiste ou de son représentant. Et si vous n'affichez pas de publicité, YouTube peut aussi forcer son affichage, toujours pour le bénéfice de l'ayant droit.

 

Il existe toutefois un cas spécifique aux reprises de musiques et chansons connues. De nombreux YouTubeurs se sont même spécialisés dans le genre. Peter Hollens, par exemple, reprend régulièrement a cappella des chansons du Seigneur des Anneaux, de Disney, etc. Il ne se contente pas de reprendre ces titres : il les vend aussi sur Loudr et iTunes. The Piano Guys2Cellos ou encore Lindsey Stirling en font de même. Mais cela ne se fait pas non plus sans compensation.

 

Concernant la publication de reprises sur YouTube, la plateforme a mis en place un système de partage des revenus publicitaires avec l'ayant droit. La plateforme explique sur cette page son fonctionnement : « Les créateurs participant au Programme Partenaire YouTube peuvent désormais partager les revenus générés par des vidéos éligibles incluant des reprises de chansons sur YouTube, une fois ces vidéos revendiquées par l'éditeur de musique qui détient les droits. Vous percevez des revenus pour ces vidéos calculés au prorata. »

 

Si les parts revenant au YouTubeur et aux ayants droit ne sont pas précisées, la plateforme indique tout de même que le système implique une revendication de la part de l'auteur ou de son représentant. Qui plus est, il faut que les auteurs aient eux-mêmes activé la fonctionnalité. Cela signifie donc que faire un partage de revenus est impossible si les auteurs n'y participent pas. YouTube note de plus que le système ne fonctionne pas avec les vidéos contenant la bande-son d'une publicité, ou encore d'un concert en direct.

Les revendications des ayants droit

En décembre dernier, le monde des YouTubeurs a été ébranlé. Comme décrit brièvement dans notre volet sur l'indépendance, certains créateurs ont vu la publicité retirée de leurs vidéos. Plusieurs d'entre elles ont même été supprimées tandis que d'autres ont vu leurs gains être transférés à des ayants droit. De quoi faire transpirer plus d'un YouTubeur professionnel. Certains ont d'ailleurs pensé un temps que la plateforme allait diviser ses membres en deux catégories : les gros YouTubeurs, pour qui il sera possible d'utiliser du contenant tiers, et les autres. Une pétition française demandant une modification des règles de YouTube a même été signée par plus de 90 000 personnes sur Avaaz. Et sur Change.org, les pétitions sur ce même sujet se sont multipliées.

 

Concrètement, que s'est-il passé ? Jusqu'en novembre 2013, intégrer du contenu non libre de droit créait parfois quelques problèmes, surtout en cas d'abus, mais rien de dramatique, en particulier pour ceux affiliés à un Network. De nombreux créateurs ont ainsi repris sans conséquence quelques extraits de musiques ou de vidéos afin d'agrémenter les leurs. En décembre 2013, les robots de YouTube ont commencé à être bien plus agressifs, en retirant la publicité, en supprimant les vidéos voire en transférant les gains publicitaires vers les ayants droit. Seul problème, même l'exploitation d'une seule seconde d'un contenu tiers a engendré de telles conséquences, alors que cela ne représentait même pas un millième du temps de la vidéo. De nombreux faux positifs ont de plus été relevés. Qui plus est, toutes les vidéos ont été visées, notamment celles reliées à un Network, qui auparavant semblaient passer entre les mailles du filet.

 

L'autre problématique est que même des vidéos autrefois totalement exemptées d'avertissement ont d'un coup d'un seul été touchées par le phénomène. Deux types d'entre elles ont notamment fait débat : celles en lien avec les jeux vidéo et celles abordant le cinéma. Critiquer un film ou un jeu vidéo en montrant des images des contenus critiqués risquait alors de devenir bien plus complexe pour ne pas dire impossible avec cette nouvelle politique, qui semblait ne plus prendre en compte son fameux « fair use » pourtant mis en avant par YouTube lui-même.

 

Enfin, et c'est probablement le plus grave, la politique de YouTube en matière d'avertissement pour atteinte aux droits d'auteur est claire. Un seul avertissement suffit à transformer un compte hors règle, et ainsi lui faire perdre certaines fonctionnalités comme le fait d'être Partenaire YouTube par exemple. Trois avertissements entrainent même la fermeture définitive du compte et les vidéos mises en ligne sont tout simplement supprimées. « En cas de clôture, vous ne pouvez plus créer un autre compte » rajoute même la plateforme.

 

Heureusement, il existe plusieurs moyens d'éviter une catastrophe. En premier lieu, si un ayant droit a demandé le retrait d'une vidéo, il est possible de lui demander de retirer cette réclamation. Cela peut arriver si l'ayant droit a fait erreur par exemple. Qui plus est, patienter six mois sans autre infraction suffit à annuler le dernier avertissement et ainsi éviter d'atteindre les trois avertissements couperets.

 

 

En cas de revendication Content ID (généralement pour de la musique ou des vidéos), qui entraine la suppression du son ou un blocage localisé d'une vidéo plus qu'une suppression pure et simple dans un premier temps, il est là encore possible de la contester. « Vous pouvez choisir de contester une revendication Content ID si vous pensez que le système a identifié votre vidéo par erreur de quelque façon que ce soit, ou si vous détenez les droits vous permettant d'utiliser le contenu protégé par des droits d'auteur » explique ainsi YouTube.

 

Notez d'ailleurs qu'une simple revendication Content ID n'implique pas d'avertissement, sauf si vous contestez cette revendication et que l'ayant droit estime que cette contestation n'est pas valable. Et même dans ce cas, YouTube permet de faire appel dans une limite de trois contestations refusées. Et si le titulaire des droits d'auteur ne répond pas à votre appel sous 30 jours, la revendication n'a plus cours, ce qui annule donc toutes ses conséquences.

 

Plus de six mois après les faits, les créateurs ont-ils déserté la plateforme ? Les critiques de films ont-elles disparu ? Les spécialistes du let's play ont-ils tous baissé les bras ? Antoine Daniel et Salut les Geeks ont-ils dû arrêter leurs activités ? Pas du tout. De nombreux éditeurs de jeux vidéo ont tout d'abord calmé le jeu, à l'instar de Capcom et de Blizzard qui ont rapidement réagi en déclarant qu'aucun jeu ne sera bloqué ou démonétisé de son fait.

 

 

 

Il est vrai que tous les éditeurs ne suivent pas une telle ligne de conduite. Le plus connu en la matière est Nintendo, qui fait la chasse à certains YouTubeurs depuis au moins un an. Plus précisément, il ne demande pas le retrait des vidéos, mais préfère capter les revenus publicitaires de ceux basant leurs vidéos uniquement sur ses jeux. Ces derniers temps, la firme japonaise semble même vouloir mettre de l'eau dans son vin et partager les revenus. Si la situation s'améliore donc pour les spécialistes du let's play jouant à Pokémon ou encore au dernier Mario Kart 8, il n'empêche que de nombreux éditeurs ne demandent pas un seul centime. En somme, ils jouent le jeu du fait de la publicité gratuite offerte par l'intermédiaire de ces vidéos.

 

Néanmoins, un partage de gain n'est pas non plus choquant en soi, s'il est équitable, dès lors que ces YouTubeurs basent parfois 100 % de leur vidéo sur le contenu créé par les développeurs de jeux vidéo. Certains développeurs estiment même qu'une grande partie des revenus des YouTubeurs leur revient. C'est le cas de Phil Fish, le créateur de Fez, qui a déclaré que les membres de la plateforme « devraient avoir à payer une énorme partie de leurs revenus aux développeurs à qui ils volent tout leur contenu. (...) Ce devrait être intégrée dans YouTube. Tout le reste est essentiellement le piratage. » Des propos qui ont évidemment fait couler beaucoup d'encre et qui ont poussé son auteur à protéger son compte Twitter.

 

Concernant les critiques de films, les Français Durendal et Le Fossoyeur de Films continuent leur travail et ne semblent pas avoir été gênés dans leurs dernières vidéos. Il en est de même pour ceux critiquant d'autres vidéos comme Antoine Daniel et Salut Les Geeks. Bien entendu, il est aussi possible qu'ils aient changé leur façon de faire, que ce soit sur les vidéos et musiques tierces exploitées dans leur vidéo. Mais quoi qu'il en soit, ils ont trouvé une solution et, à notre connaissance, aucun grand YouTubeur n'a arrêté ses activités ces derniers mois contrairement au cataclysme qui était annoncé à l'époque.

 

VOS droits d'auteurs

Enfin, comme indiqué au début de cette partie sur les droits d'auteur, il y a ceux qui appartiennent aux autres, et il y a les votres. Publier sur une plateforme vos propres vidéos implique une licence de droit d'auteur. YouTube fait dans la simplicité et vous offre deux choix : soit vous proposez vos vidéos en Licence YouTube Standard, soit en Creative Commons (CC BY).

 

Si vous publiez vos vidéos en CC BY, cela signifie qu'un autre YouTubeur pourra modifier et intégrer vos vidéos dans les siennes, même à des fins commerciales, sans que vous ne puissiez faire de réclamations par la suite. La plateforme précise qu'avec cette licence, « l'attribution est automatique, ce qui signifie que toute vidéo créée à l'aide de contenus Creative Commons affichera automatiquement les titres des vidéos sources en dessous du lecteur vidéo ». Qui plus est, cela ne signifie pas que vous perdez vos droits d'auteur. Attention toutefois, il est impossible qu'une vidéo comprenant du contenu tiers (hors domaine public) et revendiquée dans Content ID soit marquée d'une licence CC BY.

 

Cette licence n'est toutefois pas celle de base. C'est bien la Licence YouTube Standard qui est appliquée par défaut. Elle implique que vous détenez les droits sur vos créations sur la plateforme. Cela signifie donc que si une autre personne sur YouTube vole votre travail, vous pouvez à votre tour faire une réclamation si les robots du site n'ont rien repéré. Le système est alors très simple : il suffit d'entrer l'url de la vidéo que vous estimez être en infraction avec vos droits et de fournir vos informations personnelles et vos coordonnées.

 

Attention toutefois, le site appartenant à Google précise que « si vous décidez de demander la suppression d'un contenu en envoyant une notification pour atteinte aux droits d'auteur, gardez à l'esprit que vous engagez une procédure juridique ». Cette procédure peut d'ailleurs être appliquée autrement que par le formulaire de YouTube puisqu'il est possible de notifier la plateforme pour atteinte aux droits d'auteur par e-mail, par fax et même par courrier.

Goodies et évènements IRL

Pour engranger plus d'argent encore, un autre moyen est d'utiliser sa notoriété pour vendre des produits divers, et en particulier des t-shirts. Cyprien, encore lui, a fait les choses en grand en créant le site Narmol.fr afin de vendre différents t-shirts, et même une coque iPhone. 

Goodies en tous genres

Il n'est toutefois pas le seul dans ce créneau. Kriss de Languedepub/Minute Papillon a par exemple proposé des t-shirts, en passant d'abord par le célèbre allemand Spreadshirt, avant de passer ensuite par Ateepik, une société française. Spreadshirt compte d'ailleurs d'autres stars de YouTube comme partenaires, dont un certain... PewDiePie, qui propose aussi des polos, des coques iPhone et... des culottes pour femmes, à son nom (enfin son pseudo).

 

Narmol

 

Outre les t-shirts et les sponsors, il est aussi possible de louer ses services pour des chaînes de grands groupes. Endemol, société de production bien connue pour ses émissions TV culturelles, a par exemple créé It's Big fin 2012. Et pour faire croître son audience, cette chaîne YouTube n'a pas hésité à appeler plusieurs YouTubeurs renommés, tels Natoo, le Fossoyeur de films ou encore Links The Sun. François Theurel (le Fossoyeur) a même déjà loué ses services pour Canal+. Dans le même ordre d'idée, l'animateur Cauet a créé il y a quelques mois Shaaker en recrutant quelques YouTubeurs s'étant fait un nom sur la plateforme, à l'instar de Losers Land ou encore Tom et Ludo.

 

Notons aussi que si certains vendent des t-shirts ou encore d'autres produits de ce genre, d'autres exploitent aussi leur succès sur la plateforme de vidéo pour vanter leurs autres talents. L'auteur d'Axolot utilise ainsi sa notoriété pour vendre ses livres, et Chris de Poisson Fécond en a fait de même pour son actuel roman. Outre-Atlantique, Ray William Johnson avait déjà vendu plus d'un million de chansons sur iTunes il y a de cela deux ans et son équivalent en France, Antoine Daniel, répète souvent qu'il travaille sur de la musique.

Organiser de gros évènements, mais sans compétition géante à la clef

Il existe aussi d'autres sources de revenus qui peuvent surprendre. Par exemple, le 6 septembre dernier, Cyprien et Squeezie ont organisé un spectacle au Grand Rex avec Mixicom et Lincom qui gère la partie évènementelle du groupe. Prix des places ? Entre 25,40 euros et 59,50 euros. Mais pourquoi le choix du Grand Rex ? Hasard ou coïncidence, c'est aussi là que se sont déroulés les Zapping Amazing 1 et 2 regroupant quelques stars françaises de YouTube (Norman, Cyprien, Natoo, Mister V, Hugo Tout Seul, etc.), le tout diffusé sur W9, tout du moins pour la seconde édition.

 

Toutefois, selon Cyprien et Squeezie, aucun euro n'a été reversé dans leur poche pour ce spectacle, l'argent récolté ne servant qu'à payer les frais liés à la salle et l'évènement. On s'inspire donc des évènements autour du jeu vidéo, mais avec un défi : il n'y a ici aucun grand évènement à filmer, juste nos deux compères et des invités. Bilan de l'opération ? Plus d'un millions de vues tout de même selon un communiqué diffusé afin d'annoncer « Un record de France » :

 

Cyprien Gaming Show

 

Notez que le Woop', groupe composé notamment de Mister V et Hugo Tout Seul, va encore plus loin en réalisant un spectacle deux fois par semaine au Théatre des feux de la rampe, ceci à partir du 29 septembre.

 

Mais si les Zapping Amazing n'ont peu eu de suite cette année, W9, avec encore Orangina en sponsor, a décidé d'organiser les Web Comedy Awards, une émission de type César/Oscar mais pour les YouTubeurs. Le spectacle a néanmoins été très critiqué du fait du peu de créateurs présents et de la liste qui ressemblait plus à un groupe d'amis qu'une véritable vitrine pour les YouTubeurs. Antoine Daniel et Kriss de Langue de Pub ont longuement expliqué leurs critiques et les raisons de leur absence. Le fait que de nombreux créateurs soient proches du Studio Bagel (sponsorisé par Orangina à l'époque et donc racheté par Canal+ il y a peu) et Golden Moustache (qui appartient à M6), et que seulement deux ou trois Networks soient représentés, a notamment étonné Kriss.

 

Enfin, YouTube a récemment annoncé qu'il allait lancer un système de pourboire directement sur la plateforme. Une forme de financement participatif intégré permettant à n'importe quel visiteur d'aider les créateurs. Pour le moment, seule une poignée de YouTubeurs peuvent tester ce système, uniquement dans quatre pays (États-Unis, Australie, Japon et Mexique).

 

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