Pour Facebook, Richter, c’est du cochon, pas de l’art

On tombe des nues 59
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le lundi 23 juillet 2012 à 11:37
Marc Rees

Sur son compte Facebook, le Centre Pompidou ne peut librement faire la promotion des œuvres d’art de son choix si celui-ci excite les filtres puritains du réseau social.

Ema Gerhard RichterEma (nu sur un escalier)

1966, (c) Gerhard Richter, 2012

Une exposition est actuellement organisée au Centre Pompidou : celle de Gerhard Richter, l’un des maîtres de la photopeinture. Quelque 150 œuvres de l’artiste sont à découvrir à Paris mais toutes n’ont pas droit de cité sur Facebook.

Selon le blog Les notes de Véculture, le Centre Pompidou a tenté de reproduire « Ema » de Richter sur son compte Facebook. On y voit une femme nue descendre un escalier en hommage au célèbre tableau de Marchel Duchamp. Problème : Facebook a considéré que le Centre Pompidou allait au-delà du raisonnable et a tout simplement retiré cette photo.

« A-t-on peur que le choc d’un sexe vaille plus que le poids des mots révolutionnaires du printemps dernier ? Perturbe-t-on la société, l’ordre établi ? Et quand bien même, quel rôle doit-on donner à l’art si on lui retire cette possibilité ? se demandent Les notes de Véculture  (…) Alors, en tant que gestionnaire d’une communauté d’institution artistique, comment puis-je faire confiance à Facebook ? L’art que je dois relayer sur la page du réseau social doit-il être le vecteur de la bien-pensance d’une société puritaine ? Dois-je me faire commissaire d’une exposition d’art officiel, validé par le dogme puritain américain ? ».

Contacté, le Centre Pompidou nous confirme que l'image a bien été retirée, mais n'a pas d'autre réaction à nous communiquer.

Ce n’est pas la première fois que les outils Facebook traquant les poils et la peau lacèrent les tableaux à coups de ciseaux. Un internaute français a justement traîné le réseau social devant la justice : Facebook lui avait fermé son compte après la publication d’une vignette de « l’Origine du Monde » de Gustave Courbet.