Rachat d'EMI Music par Universal : l'Europe pourrait mettre son veto

EMI Music

Un duo trop puissant ?

N°1 mondial des ventes de CD et de la musique numérique, Universal Music, la filiale du géant français Vivendi, capte déjà entre 30 et 50 % du marché selon les pays. En voulant croquer pour 1,5 milliard d'euros EMI Music, qui croule sous les dettes, Universal Music dépassera largement les 50 % de parts de marché dans de nombreux pays, notamment européens.

Cette situation, maintes fois pointée du doigt par les labels indépendants européens, a été jugée dangereuse par ces derniers. Pour ces petits acteurs, le pouvoir de négociation d'Universal Music deviendra bien trop important. Ce à quoi nous pourrions répondre qu'en tant que n°1 du secteur, son influence est déjà très élevée.

Encore très confiant il y a quelques mois lors de la publication des résultats du dernier trimestre 2011, Jean-Bernard Lévy, l'ancien PDG de Vivendi, espérait obtenir l'autorisation de cette acquisition par les régulateurs européens dans la deuxième partie de l'année.

 

Estimant que la part de marché d’Universal Music « est moindre que celle qui est exagérée par certains », Lévy relevait que le poids immense des plateformes de téléchargement conjugué à la disparition des disquaires impliquent le besoin d’un producteur de musique puissant pour résister au marché.

Universal/EMI deux fois plus gros que Sony en Europe

Fin mars, la Commission européenne, qui officialisait son enquête approfondie sur cette acquisition, notait judicieusement qu'Universal et EMI auraient « presque deux fois la taille du deuxième acteur » de l’Espace économique européen, à savoir Sony Music.


La Commission rajoutait à cette époque que les deux majors ne semblent « 
pas être soumise(s) à des pressions suffisantes, qu’elles soient exercées par les autres concurrents présents sur le marché ou qu’elles résultent de la puissance d’achat de ses clients et/ou de la menace de la consommation de musique illégale (autrement dit le « piratage »). »

L'avis des régulateurs européens sur ce rapprochement était donc déjà négatif en mars dernier. Sauf surprise, l'approbation sans concession de cette acquisition est peu probable. Selon Reuters, un document de 194 pages a été envoyé par l'Europe à Universal le mois dernier afin de répondre à divers griefs à son encontre. La major avait jusqu'à aujourd'hui pour y répondre.

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