À la SIAE, la Sacem italienne, la crise n'existe pas pour les employés

Après les sociétés de gestion collective françaises en 2010, voilà que la SIAE, l’équivalent italien de notre SACEMse voit elle aussi épinglée pour sa gestion et ses salaires très élevés. Plus étonnant encore, selon la Corriere Della Sera, 42 % des membres de la SIAE sont des groupes familiaux ou des amis proches.

sacem gestion collective coûts cour des comptes

Une société un peu trop familiale

Il y a deux ans, la 7e édition du rapport annuel de la Cour des comptes créait un petit tremblement de terre dans le monde feutré des SPRD. Ce rapport mettait en lumière les frais de gestions et les salaires très élevés des sociétés de collecte et répartition alors que la crise du disque et le piratage auraient poussé les ayants droit dans le caniveau.

Nos voisins italiens semblent cependant aller encore plus loin. Les employés de la « Società italiana degli autori ed editori » sont en effet accusés de bien des maux. Le premier, pointé par la Corriere Della Sera est le côté « familial » très surprenant remarqué au sein de la SIAE. Sur 1257 employés permanents, 527 d’entre eux, soit 42 % de l’effectif total, sont des groupes familiaux ou connexes, avec parfois le père, la mère, les enfants, les petits-enfants d'anciens employés, etc.

Ces « clans familiaux » comme les nomme notre confrère italien prospèrent au point d’être totalement opaques et de recruter sans contrat de travail. Ces quelques familles ayant une mainmise totale sur la SIAE, les salaires sont loin d’être ridicules, avec 64 000 € par an en moyenne pour commencer pour les plus petits postes, et 158 000 € par an pour les postes plus élevés.

Des avantages divers et variés

Mieux, à l’instar des salaires les plus importants de la SACEM, la crise n’existe pas à la SIAE avec une augmentation comprise entre 7,5 et 8,5 % tous les deux ans de la masse salariale. Ceci sans compter les multiples primes mises en place par la société italienne. Nous retrouvons ainsi 10,91 € par jour d’allocation blanchisserie versés automatiquement après quatre jours passés en voyage hors du bureau.Sans parler des primes de travail, une prime pour l’Épiphanie, des 36 jours de vacances alloués, des indemnités de maladie sans certificat médical quand l'absence ne dépasse pas trois jours, etc.

En ces temps de difficultés en Italie, la publication hier de ces informations dans la Corriere Della Serra fera sans doute réagir en Italie et certainement en dehors des frontières du pays. D’autant plus que selon Sergio Rizzo, le journaliste à l’origine du scoop, la SIAE est déficitaire depuis de nombreuses années : 21,4 millions d’euros de pertes en 2006, 34,6 millions en 2007, 20,1 millions en 2008, 20,9 millions en 2009 et 27,2 millions en 2010…Cerise sur le gâteau, malgré les conditions de travail exceptionnelles des employés de la SIAE, la société a fait face ces cinq dernières années à 189 conflits de travail. Coût de l’arrangement : 1,469 million d’euros par an.

Pour finir, n'oublions pas cette prime comprise entre 53 et 159 € versés aux courageux employés acceptant de passer du stylo à l’ordinateur. La prime est évidemment mensuelle.

Vous n'avez pas encore de notification

Page d'accueil
Options d'affichage
Abonné
Actualités
Abonné
Des thèmes sont disponibles :
Thème de baseThème de baseThème sombreThème sombreThème yinyang clairThème yinyang clairThème yinyang sombreThème yinyang sombreThème orange mécanique clairThème orange mécanique clairThème orange mécanique sombreThème orange mécanique sombreThème rose clairThème rose clairThème rose sombreThème rose sombre

Vous n'êtes pas encore INpactien ?

Inscrivez-vous !