Bilan 2011 du CNC : hausse des entrées, de la VOD et de ses recettes

Le Centre national du cinéma et de l'image animée (CNC) a présenté mardi son bilan de l'année 2011, devant différents acteurs du secteur, dont la nouvelle ministre de la Culture, Aurélie Filippetti. Des chiffres qui démontrent globalement que l'audiovisuel français se porte bien, et qui permettront à certains d'affirmer que la lutte contre le téléchargement illégal aura porté ses fruits, et à d'autres que le partage des fichiers sur Internet ne tue pas la culture...

garandeau cnc (cc Agence Cathy Berg)
Éric Garandeau, président du CNC - Crédits : Agence Cathy Berg / CNC

Un nombre d’entrées record depuis 45 ans

Entre le 1er janvier et le 31 décembre 2011, les cinémas français ont vendu 216,63 millions de billets, soit plus de trois entrées par an et par habitant. Cela représente une hausse de 4,7 % par rapport à 2010. D’après le CNC, il faut remonter jusqu’en 1966 pour retrouver un nombre d’entrées supérieur à celui de l’année dernière. Cette hausse s’explique notamment grâce au succès d’Intouchables, dont seule une partie des entrées a été prise en compte dans ce bilan, puisqu’il s’arrête fin 2011.

Les cinémas français fonctionnent également mieux que l’ensemble de ceux de l’Union européenne, qui voient leurs entrées baisser de 0,4 % d’après les premières estimations de l’Observatoire Européen de l’Audiovisuel. La recette moyenne par entrée est quant à elle restée stable, à 6,33 € en 2011, contre 6,32 € en 2010.

Le marché de la VOD en hausse de plus de 44 %

En 2011, les dépenses des ménages en programmes audiovisuels ont augmenté de 1,8 % par rapport à l’année précédente, s’établissant à 8,222 milliards d’euros. Derrière cette progression générale, se cachent néanmoins de grandes disparités. Les dépenses relatives au cinéma ont effectivement augmenté de 4,7 % comme nous le soulignions précédemment, les abonnements pour les services de télévision ont progressé de 2,9 %, tandis que le marché de la vidéo a quant à lui diminué de 4,3 % par rapport à 2010. Il apparaît enfin qu’en moyenne, chaque foyer français a dépensé 301,4 € en programmes audiovisuels.

Le marché de la vidéo (location et vente, physique et dématérialisée), en diminuant de 4,3 %, a tout de même atteint 1,487 milliard d’euros de chiffre d'affaires. Il apparaît ainsi qu'avec une augmentation de 44,4 % par rapport à 2010, le dynamisme du marché de la vidéo à la demande n’a pas suffi à compenser la baisse des ventes physiques. Ces dernières ont diminué à elles seules de 9,2 %, atteignant par la même occasion leur plus bas niveau depuis 2001.

D’après le bilan du CNC, « le marché de la VàD est estimé à 219 millions d’euros en 2011 ». Il s’avère également que « le prix moyen par transaction à l’acte en VàD s’établit à 4,63 € à la location et à 9,70 € à la vente ». Il est enfin précisé que la location représente la quasi-totalité du marché dématérialisé, les locations ayant représenté « 99,5 % du chiffre d’affaires de la VàD en 2011 ». À cet égard, le rapport conclut que « les ventes de vidéo dématérialisée demeurent marginales et ne progressent pas ».

Le financement du CNC lui aussi en hausse : le trésor de la TST

Il est un chiffre qui est moins mis en avant par le CNC : celui de ses recettes. En sortant la calculette, on s’aperçoit que l’établissement public a perçu au total 806,29 millions d’euros en 2011, soit 40 % de plus qu’en 2010. Cette hausse de ses financements s’explique notamment par la récolte de la taxe sur les services de télévision (TST), qui a augmenté à elle seule de plus de 200 millions d’euros en un an.

Depuis 2010, cette redevance est versée directement au CNC par les éditeurs et distributeurs de services de télévision, dont les FAI qui proposent une offre comprenant de la télévision. Le problème est que cette taxe « connaît un rendement croissant depuis plusieurs années ayant pour effet de constituer un trésor de guerre au sein du CNC », comme le soulevait l’année dernière le député UMP Lionel Tardy. Alors que le contexte budgétaire est plutôt propice à la réduction des dépenses publiques, le législateur avait d’ailleurs obligé l’établissement à lui reverser 20 millions d’euros au titre de l’année 2011. Comme le souligne La Tribune, Free "qui versait au CNC près de 20 millions d'euros par an, a [en outre] trouvé une parade pour quasiment cesser de payer sa contribution".  Malgré tout, on reste très au-delà du prévisionnel : le budget voté étant établi à 750 millions d'euros.

La commission des finances du Sénat a d’ailleurs demandé au début de l’année à la Cour des comptes de préparer un rapport sur ces entreprises publiques bénéficiant de taxes affectées, dont le CNC.

financement 2011 cnc 

Vous n'avez pas encore de notification

Page d'accueil
Options d'affichage
Abonné
Actualités
Abonné
Des thèmes sont disponibles :
Thème de baseThème de baseThème sombreThème sombreThème yinyang clairThème yinyang clairThème yinyang sombreThème yinyang sombreThème orange mécanique clairThème orange mécanique clairThème orange mécanique sombreThème orange mécanique sombreThème rose clairThème rose clairThème rose sombreThème rose sombre

Vous n'êtes pas encore INpactien ?

Inscrivez-vous !