Le marché de la vidéo continue de perdre des plumes en France

Malgré Allostreaming et Megavideo 43
Nil Sanyas
La difficulté de trouver des films et des séries en streaming et en téléchargement direct suite à la disparition de MegaUpload et MegaVideo en janvier dernier n’a semble-t-il pas eu de grands effets sur la consommation. Le Centre National du Cinéma (CNC) vient en effet d’annoncer une baisse des ventes de disques vidéo de 13,7 % en quantité et de 11,8 % en valeur pour le premier trimestre 2012.

CNC Cinema 1er trimestre 2012

Allostreaming, Megaupload et Hadopi

Le premier trimestre 2012 avait tout pour réussir. Les points potentiellement positifs pour ce secteur étaient nombreux : les fermetures de MegaUpload et MegaVideo et toutes ses conséquences sur les autres plateformes concurrentes, la fin d’Allostreaming et des autres sites de la galaxie Allo, la présence d’Hadopi et de sa riposte graduée, et la sortie de films majeurs en DVD et Blu-ray comme Les aventures de Tintin : le secret de la licorne, The Artist, Polisse ou encore Intouchables (fin mars).

Les disques Blu-ray ont certes augmenté leurs ventes de 24,6 %, soit 700 000 unités de plus que le 1er trimestre 2011, pour un total encore très limité de 3,52 millions de disques, et 53,73 millions d’euros de chiffres d’affaires (+20,3 %). Durant le même laps de temps, les DVD ont vu leurs ventes passer de 31,72 millions d’unités à 26,30 millions, soit une chute de 5,42 millions (-17,1 %), pour un chiffre d’affaires de 228,67 millions (-17 %).

Au total, il s’est donc écoulé lors des trois premiers mois de l’année 29,83 millions de disques vidéo en France, soit 4,71 millions de moins qu’en 2011. Quant au chiffre d’affaires global, il n’a atteint que 282,41 millions d’euros, contre 320,1 millions d’euros en 2011 (soit -11,8 %).

Des baisses de prix sur les nouveautés

Cette baisse des revenus s’explique selon le CNC par une diminution des prix (-5,1 %) des nouveautés DVD, désormais à 17,44 € en moyenne, tandis que les anciens DVD coûtent désormais 7,81 € en moyenne. « Les ventes de DVD entre 17 € et 20 € représentent la principale tranche de prix du marché avec 24,2 % du chiffre d’affaires total, contre 24,9 % au premier trimestre 2011 » précise le CNC. Les DVD vendus entre 3 € et 8 € constituent toutefois « la principale tranche de prix avec 42,0 % des volumes au premier trimestre 2012 » remarque le Centre National du Cinéma.

Du côté des disques Blu-ray, le prix moyen des nouveautés a lui aussi reculé (-4,7 %) pour atteindre 22,52 €, tandis que les Blu-ray de catalogue ont chuté de 10,2 % (11,82 €). Et si les Blu-ray proposés entre 10 et 13 € « constituent la principale tranche en volume avec 38,8 % des ventes », en valeur, les Blu-ray vendus entre 20 et 25 € représentent 34,1 % du chiffre d’affaires.

Quid de l'argument du téléchargement illégal et du streaming ?

Le Syndicat de l'Édition Vidéo Numérique n’a pas encore réagi à cette nouvelle, néanmoins, rappelons que lors du bilan du dernier trimestre 2011, le Syndicat avait avancé pour principale raison de la baisse des ventes de disques le téléchargement illégal, comme le rappelle notre confrère ZDNet. « Le piratage d’œuvres cinématographiques et audiovisuelles, qui reste à un niveau élevé malgré les actions positives de la Hadopi, a continué à avoir un impact très négatif sur le secteur de la vidéo » expliquait ainsi le SEVN.

Cet argument du piratage sera-t-il réutilisé malgré la mort des sites du groupe Mega ? Le SEVN, qui se vantait en février dernier de s’attaquer à des sites offrant du contenu illicite, se félicitait en tout cas « des premières fermetures de sites tels que Allostreaming et bien sûr Megaupload ». Une victoire pour le Syndicat qui n’a pas eu de grandes conséquences sur les ventes légales pour le moment…

Notez que les chiffres ci-dessus ne prennent en aucun cas en compte des ventes de Vidéo à la Demande (VàD ou VoD). Nous devrions obtenir ces dernières d’ici ces prochains jours pour le premier trimestre 2012.