Projet britannique d'accès libre et gratuit aux travaux de recherche

Logique libérale 24
D’après le Guardian, le gouvernement britannique vient de demander au co-fondateur de Wikipédia Jimmy Wales de conduire un projet permettant aux internautes d’accéder gratuitement et librement aux travaux de recherches publiés outre-Manche. Cette initiative innovante ne concernerait que les publications subventionnées par l'État.

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Un accès libre et gratuit aux travaux de recherches financés par l'État 

David Willetts, le ministre britannique des universités et de la science, a annoncé hier dans un discours à destination des éditeurs que la coalition au pouvoir était « attachée au principe d’accès public aux résultats de recherches financés par des fonds publics ». Son raisonnement suit la logique suivante : « à partir du moment où les contribuables placent leur argent dans la recherche intellectuelle, on ne peut pas leur interdire d’y accéder ».

Concrètement, ce projet devrait se transformer en une plateforme en ligne permettant à chacun de consulter gratuitement et sans condition toutes les publications subventionnées par l’État britannique. The Guardian précise d’ailleurs que le site devrait voir le jour d’ici « deux ans ». Rien ne précise toutefois si des publications antérieures à la mise en place de la plateforme seront également mises à disposition du public.

Cela permettrait à des millions de personnes d’accéder à une vaste source de connaissances, sans avoir à s’acquitter d’une quelconque redevance. Même si les étudiants et les différents universitaires seraient probablement les premiers à se servir d'un tel outil, cela n'empêcherait en rien le reste de la population de bénéficier de ces informations.

Un coup porté aux éditeurs scientifiques

L’origine de cette initiative revient à plusieurs universitaires, qui ont lancé en janvier 2012 une pétition intitulée « le coût du savoir », et qui appelait à boycotter le groupe Elsevier, qui édite diverses revues et ouvrages scientifiques à des prix jugés « exorbitants ». Il faut dire que « les abonnements aux milliers de revues de recherche peuvent coûter plusieurs millions aux grandes bibliothèques universitaires chaque année », et sont pour la plupart détenues par seulement trois sociétés (Elsevier, Springer et Wiley) comme le remarque le Guardian. Les 11 000 chercheurs et universitaires qui ont signé cette pétition militaient donc pour le « droit des auteurs à obtenir une distribution facilement accessible de leur travail ».

boycott elsevier cc Flickr
Crédits: "Boycott Elsevier", giulia.forsythe, Flickr.

Le ministre des Universités David Willetts a ainsi déclaré au Guardian que « donner aux gens le droit de parcourir librement les recherches subventionnées inaugurera une nouvelle ère de découverte et de collaboration universitaire ». Pour mener à bien un tel projet, les autorités britanniques ont fait appel à Jimmy Wales, qui semble avoir l’expérience idéale pour ce poste. Cet américain est effectivement connu pour avoir fondé l’encyclopédie en ligne Wikipédia, elle aussi gratuite et libre. Parmi les grands chantiers qui l’attendent, la question du format sous lequel seront publiées les données sera cruciale, avec l’objectif de garantir au maximum l’interopérabilité des fichiers.

Il devra également faire face à l’opposition des éditeurs scientifiques, pour qui ce projet porte directement atteinte à leur modèle économique relativement lucratif. David Willetts s’est toutefois voulu rassurant : « comme le monde change, à la fois sur le plan culturel et technologique, leur modèle d'affaires va changer. Je veux travailler avec l'Association des éditeurs afin que nous nous dirigions vers un nouveau modèle. »