Rapidshare propose un manifeste de bonne conduite aux hébergeurs

Le petit livre bleu 7
Alors que les charges à l’égard des hébergeurs de fichiers ont gagné en intensité depuis la fermeture de MegaUpload, Rapidshare vient de faire un pas de plus en direction de la lutte contre le piratage. Dans un document intitulé « Des pratiques responsables pour les services de stockage », Rapidshare propose un ensemble de règles destinées à l’ensemble des hébergeurs de fichiers, visant à ce que de moins en moins de fichiers protégés transitent par leurs serveurs.

rapidshare manifeste

Dans ce manifeste révélé par nos confrères de TorrentFreak, Rapidshare regrette que « chaque client [puisse] abuser de ces services pour avoir un comportement déviant, y compris s’agissant des atteintes au copyright ». Dès lors, l’hébergeur de fichiers affirme qu’il souhaite « promouvoir les utilisations légitimes et décourager les utilisations illégitimes », tout en garantissant un « équilibre entre les besoins d'un stockage sûr, fiable et privé et le respect de la propriété intellectuelle ». Pour se faire, l’hébergeur de fichiers propose plusieurs mesures, destinées à lancer le débat entre les différents acteurs concernés, « les ayant droits, les fournisseurs de services, les clients et le public ».

Rapidshare énumère ainsi une série de règles, mentionnant tout d’abord le respect de l’U.S Digital Economy Act. Le manifeste propose ensuite que chaque hébergeur de fichiers fasse des efforts pour repérer les fichiers remis en ligne malgré une première suppression. Pour Rapidshare, « les prestataires de services doivent déterminer, dans la mesure où cela est possible techniquement, des signatures uniques aux fichiers supprimés et scanner ensuite les nouveaux fichiers pour identifier les signatures identiques ».

S’agissant de la rémunération des utilisateurs, Rapidshare considère que les hébergeurs « ne devraient pas compenser financièrement les utilisateurs d’après le volume de téléchargements, sauf si ceux-ci utilisent la plate-forme de stockage comme un moyen de monétiser la diffusion de leur propre création ou que celle-ci soit autorisée ». Le manifeste fait ici référence à une pratique assez répandue chez les hébergeurs de fichiers, qui consiste à rémunérer l’uploadeur d’un fichier en fonction du nombre de téléchargements dont ce fichier est l’objet. Ce système est souvent critiqué car il inciterait à partager des contenus qui ont un certain succès plutôt qu'une vidéo de ses vacances en famille.

Pour faciliter les contacts en cas de litige avec les ayant droits, Rapidshare propose que l’inscription aux services de stockage soit conditionnée à la présence d’une adresse email valide. Aussi, pour éviter la divulgation des fichiers au plus grand nombre, le manifeste précise que les fichiers devraient être par défaut paramétrés comme « privés », ce qui limiterait leur accès. Enfin, afin d’améliorer les relations avec les ayant droits, Rapidshare propose que les hébergeurs se dotent tous d’ « équipes robustes et qualifiées pour répondre aux notifications et plaintes pour violations de copyright ».

Avec ce manifeste, Rapidshare s'affiche comme le meneur de la lutte contre les utilisations illégales des services de stockage en ligne. Il restera à voir si cet appel sera suivi et s'il suffira à satisfaire les ayant droits.