La RIAA croit aux effets bénéfiques de la fermeture de Limewire

Effet Kiss cool 27
La RIAA, l’association américaine de l’industrie musicale, affirme que 65 % des utilisateurs de Limewire ont arrêté de télécharger illégalement suite à l’arrêt du logiciel de peer-to-peer, décidé par la justice américaine en 2010...

limewire

Dans un billet publié le 12 avril dernier sur le blog de la RIAA, Joshua Friedlander, responsable de l’analyse stratégique des données de l’association, se félicite de la publication de différentes études relevant « l'importance de la lutte contre le piratage dans la construction d’une offre légale de musique ». Après avoir évoqué l’étude (contestée) de janvier 2012 ciblant plus particulièrement les effets de l’Hadopi, il s’appuie sur des données de Nielson Netview pour affirmer que la répression du téléchargement illégal favorise l’offre légale de musique, d’après des statistiques étudiant le comportement des usagers de Limewire...

Selon la RIAA, « pratiquement 90 % » des utilisateurs de Limewire ont arrêté d’utiliser ce logiciel de peer-to-peer entre septembre 2010 et septembre 2011. Étant donné que la justice américaine a ordonné l’arrêt des fonctions de recherche et donc de téléchargement de ce logiciel depuis le 27 octobre 2011, la surprise se situe plutôt du côté de l’usage des 10 % d’utilisateurs restant.

La RIAA affirme également qu’ « environ 65% de ceux qui ont cessé d'utiliser Limewire n’ont pas utilisé ou visité l'une des applications ou sites figurant dans le panel des fournisseurs principaux de téléchargements illégaux ». Sont ici concernés « Frostwire, Megaupload, The Pirate Bay, et plusieurs autres ». La fermeture de Limewire aurait ainsi eu des conséquences bien plus larges sur les pratiques de téléchargement illégal, la RIAA estimant que « l’effet ne s’est pas limité à un seul site ».

L’association justifie cette corrélation à l’appui de statistiques publiées par le NPD Group s’agissant de la consommation de musique en ligne. Selon la RIAA, « le nombre d'utilisateurs américains des sites illégaux était de 28 millions en septembre 2010, mais est tombé à 19 millions en septembre 2011 ». Un an après la fermeture de Limewire, ce serait 9 millions d’américains qui auraient ainsi arrêté de télécharger illégalement de la musique.

Pour la RIAA, aucun doute : « ces résultats confirment à nouveau le lien entre le téléchargement illégal et le déplacement du marché vers l’offre légale ». Prenant acte des données du NPD Group affirmant que plus de la moitié de la musique était encore acquise illégalement, la RIAA estime que son travail « est loin d'être terminé, mais les données s’accordent pour démontrer que les mesures anti-piratage peuvent avoir des effets réels sur l’offre légale ». Cette conviction trouvera un écho favorable dans le projet d’ « Hadopi américaine » qui devrait voir le jour en juillet 2012.