Le Parti Pirate gagne des sièges supplémentaires en Allemagne

Ziemlich beste freunde 26
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le mardi 27 mars 2012 à 06:00
Nil Sanyas
Si en France, le Parti Pirate prépare tant bien que mal les prochaines échéances, en Allemagne, le Piraten Partei vient de conforter ses très bons résultats de 2011, eux-mêmes étant la confirmation de leurs résultats intéressants de 2009 et 2010. Le Piraten a ainsi représenté 7,4 % des voix lors des élections du Land de la Sarre.

Le Piraten devient un parti qui compte

Il s'agit de la seconde grande victoire du Piraten après Berlin, où le parti avait cette fois capté 8,9 % des voix. Des résultats qui laissent penser qu’un jour, le Piraten pourra avoir des ambitions nationales, voire européennes. Une performance qui ne serait pas unique en son genre dès lors que le Piratpartiet de la Suède l’a déjà réalisée en 2009, leur permettant de siéger au parlement européen.

Après avoir décroché 15 sièges au Parlement de Berlin il y a six mois environ, le Piraten va donc siéger en Sarre. Il est important de noter que contrairement à Berlin, la Sarre, l’un des 16 Länder d’Allemagne, est bien moins peuplée et citadine. La surprise du score du Piraten outre-Rhin a donc été importante. D’autant plus qu’il surpasse bien des partis connus.

Concrètement, l'Union chrétienne-démocrate (CDU), le parti d’Angela Merkel, a recueilli environ 35 % des voix, contre un peu plus de 30 % pour les sociaux-démocrates (SPD), et 16,2 % pour La Gauche (Die Linke ). Le Piraten est donc la quatrième force de la Sarre, devant Les Verts (5 %) et le FDP (1,3 % des votes, contre 9,2 % en 2009).

Un succès « surprise »

« Je croyais que les Pirates étaient un phénomène de grandes villes. Je suis un peu étonné de leur score en Sarre » a avoué Nils Diederich, politologue de l'Université de Berlin et interrogé par l’AFP. Certains sondages ont néanmoins répondu en partie aux interrogations liées à ce sujet : de nombreux électeurs du Piraten sont jeunes et les moins jeunes sont des personnes évitant de voter habituellement, faute de trouver parti à leur pied.

« Les jeunes hommes qui votent pour la première fois émettent de forts messages protestataires (...) Comment répondre à ces appels à plus de transparence et de participation en politique ? » se demande pour sa part Hermann Gröhe, le secrétaire général du CDU.

Selon les statistiques compilées par Tagesschau.de, 23 % des « primo-votants », ceux ayant voté pour la première fois donc, ont donné leur voix au Parti Pirate Allemand, et le parti a attiré 22 % des 16-24 ans, 16 % des 25-34 ans et 10 % des 35-44 ans.

Bis Repetita dans deux autres régions allemandes ?

Après Berlin et la Sarre, le Piraten pourrait bien faire d’autres ravages ailleurs. En effet, en mai prochain se tient au Schleswig-Holstein et en Rhénanie-du-Nord-Westphalie (NRW) des élections équivalentes.

Or de récents sondages créditent le Piraten à environ 5 % des intentions de vote (le minimum pour rentrer au parlement) pour la première région, et entre 6 et 7 % en NRW. Sachant que ce dernier est le Land le plus peuplé d’Allemagne. Cologne, Dortmund, Bonn, et Düsseldorf ou encore Aix-la-Chapelle font partis du NRW.

Rajoutons qu’en septembre 2013 auront lieu les élections fédérales (nationales). Et certains sondages, certes un an et demi avant ces élections, créditent déjà le Piraten entre 5 et 7 % des intentions de vote.

Un programme qui attire

Si le programme des Partis Pirates du monde entier sont généralement moins « grand public » que d’autres partis, rappelons tout de même les principes et valeurs défendus par ces partis :
  • défendre la vie privée des citoyens, que ce soit sur le Net ou en-dehors
  • défendre la liberté d’expression, et donc lutter contre la censure
  • défendre la neutralité du net
  • renforcer la liberté d’information
  • abolir toutes les lois et les systèmes de surveillance des correspondances (que ce soit sur le Net, le téléphone, etc.)
  • garantir le droit à l’anonymat et la protection des sources
  • réformer tout ce qui porte aux brevets (logiciels, pharmaceutiques, etc.), au droit d’auteur et à la propriété intellectuelle
  • lutter contre la surveillance des internautes
  • démocratiser les nouvelles technologies dans les campagnes et les écoles (dans le but de démocratiser facilement la culture et la connaissance)
  • pousser les administrations à utiliser au maximum des logiciels open source
  • publier publiquement toutes les recherches scientifiques financées par l’État
D’une façon globale, les Partis Pirates sont pour une démocratie bien plus poussée qu’elle ne l’est actuellement dans le monde entier. Des variations entre les pays existent néanmoins, afin de s’adapter aux différents besoins des pays.