Vie privée : Google répond aux inquiétudes du Congrès

Unification, harmonisation, simplification, exploitation 11
Vincent Hermann
Google a récemment informé ses utilisateurs que la politique de respect de la vie privée allait changer sur bon nombre de ses produits. Le grand objectif était de simplifier l’ensemble en ne fournissant qu’une seule politique pour des dizaines de services. Mais cette politique soulève des questions puisque Google peut suivre les déplacements de l’utilisateur d’un service à un autre et adapter son contenu en fonction des actions effectuées. Un suivi ayant provoqué des doutes chez des membres du Congrès américain.

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Une « occasion de corriger quelques idées fausses »

Ce dernier a donc adressé le 26 janvier un courrier à Google pour poser quelques questions. La politique de vie privée est peut-être simplifiée, mais elle ouvre les portes d’un tracking publicitaire sans frontière. Ainsi, les résultats de recherches de Google pourraient tout aussi bien être alimentés par les vidéos regardées dans YouTube que les lieux visités et répertoriés dans Latitude. Plusieurs membres du Congrès ont posé des questions auxquelles Google a récemment répondu.

La firme annonce donc qu’elle « accueille avec plaisir cette occasion de corriger quelques idées fausses qui ont circulé » depuis l’annonce initiale. Elle reconnait que des « craintes ont été exprimées sur la possibilité de pouvoir refuser cette nouvelle politique ». Google estime que la véritable question repose sur la manière dont l’utilisateur peut choisir comment ses données sont « collectées et utilisées ». En clair, la politique est un texte s’appliquant à tous les services (ou presque) mais des contrôles ont été mis en place, et ces contrôles continueront d’exister.

L'approche de Google n'aurait pas changé

Google commence donc par expliquer son approche de la vie privée n’a pas changé et que la simplification de la politique de vie privée est même un « excellent exemple » dans ce sens. Une simplification qui s’est accompagnée de la plus grosse campagne d’avertissement, via la page d’accueil, les emails et autres. Cela dit, une telle campagne est naturelle pour éviter justement les critiques sur une politique changée en douce.

Google rappelle en outre que cette politique ne s’applique qu’aux utilisateurs qui sont connectés avec leur compte. Ceux qui n’en ont pas ou ne sont pas connectés ne sont pas concernés. Google donne cependant quelques exemples du type de contrôle qu’un utilisateur peut exercer sur ses services une fois connecté : désactiver l’historique des recherches, désactiver l’enregistrement des conversations du chat Gmail, utiliser le gestionnaire de publicités pour en paramétrer l’affichage ou encore utiliser le mode de navigation privée de Chrome ou de n’importe quel autre navigateur. Une dernière proposition quelque peu exotique.

L'utilisateur a ses réglages, tout va bien

La firme intervient ensuite sur un certain nombre de points connexes. Par exemple, la nouvelle politique de vie privée n’écrase pas les réglages qui ont déjà faits par l’utilisateur via les outils mentionnés plus haut. Concernant les informations elles-mêmes, Google insiste sur leur caractère privé, la visibilité par les tiers n’ayant pas changé. Les données collectées elles-mêmes sont par ailleurs les mêmes que celles qui le sont actuellement : leur traitement évolue pour assurer une continuité de l’expérience.

Google faisait déjà une séparation entre les données personnelles et anonymes, les personnelles reflétant ici les informations nominatives. Cette séparation continue : Google peut vendre les informations anonymisées, ce qui arrive évidemment dans le cadre des publicités, mais pas les personnelles.

Enfin, un utilisateur peut n’utiliser que quelques services, voire même un seul. Il peut ainsi créer un compte Gmail et n’utiliser que ce dernier sans jamais faire appel aux autres. La firme répond ici au souci d’interconnexion des services, mais il est assez clair que l’ensemble est maintenant si emmêlé que les frontières deviennent parfois floues. On pense par exemple à l’intégration de Documents dans Gmail, qui vient s’y intégrer assez naturellement.

Pour Google, cette nouvelle politique répond à de multiples contraintes. Celles des régulateurs d’abord qui réclament toujours des politiques courtes et faciles à lire. Celles liées à l’expérience utilisateur ensuite. Google avait commencé visiblement par créer des politiques différentes pour s’adapter aux spécificités de chaque service, mais rencontrait des barrières qu’elle avait elle-même instaurées. L’interconnexion des services, comme la création d’un évènement dans le calendrier depuis un courrier dans Gmail, réclamait selon Google une harmonisation.

Reste donc à savoir si la réaction des Sénateurs sera aussi enthousiaste que celle de Google dans son courrier. Il est certain en effet que si Google tente le passage en force, une grande majorité d'utilisateurs n'y verra que du feu car non seulement ce type de changement n'intéresse que peu, mais il est surtout invisible dans la pratique.