Pour le DoJ, les utilisateurs de Megaupload savaient à quoi s'en tenir

« Vous n’auriez pas dû » 107
Vincent Hermann
En fin de semaine dernière, la fermeture de Megaupload a sonné comme un coup de tonnerre pour l’ensemble des utilisateurs. Le service se retrouvait régulièrement en première position lorsqu’il fallait partager des données, quelle que soit leur légitimité. Or, la fermeture a provoqué la coupure de l’accès à tous les fichiers sans égard justement pour leur source. Des voix se font entendre pour restaurer ces accès.

Megaupload Sénat

Il n’y a pas de différence entre les utilisateurs « légitimes » et les autres

La fermeture de Megaupload a provoqué un début de réaction en chaine. Plusieurs sites tels que Filesonic ont soit coupé leur accès, et empêchent désormais les uploads de nouveaux fichiers, soit ont coupé leurs systèmes d’affiliation. Il reste possible le plus souvent de récupérer ses propres données. Mais que se passe-t-il dans le cas d’un utilisateur ou même d’une entreprise qui aurait utilisé Mégaupload de manière légitime ? Réponse simple : ils sont au même tarif que les autres, autrement dit ils n’ont plus accès à rien.

Le site Digital Trends, cité par Numerama, révèle le point de vue du Département américain de la justice sur la fermeture de Megaupload. Par courrier, un porte-parole source de cette instance (qui a tenu à rester anonyme) résume la réponse aux critiques par une phrase simple : « Vous n’auriez pas dû ».

« Les utilisateurs étaient prévenus »

Pour le porte-parole, la légitimité des données n’est pas un critère sérieux. Et cela tient à deux raisons principalement. La première est que Megaupload ne fait pas profiter ses utilisateurs d’un stockage de longue durée. En clair : quand un fichier n’est plus téléchargé pendant une certaine durée, il est automatiquement effacé par les robots ménagers du service. Megaupload prévient d’ailleurs les utilisateurs qu’ils ne doivent pas s’appuyer sur lui pour une version unique d’un fichier. Il ne doit pas être confondu avec un autre service tel que Dropbox ou SkyDrive.

La deuxième tient à un avertissement là encore donné par Megaupload : celui de ne pas trop compter sur les données. Traduction : si vous tenez à vos données, faites en sorte d’en avoir des sauvegardes ailleurs. Pour le Département de la justice, il est clair que les utilisateurs sont prévenus qu’une perte totale ou une indisponibilité des données peut survenir, et ce sans aucune notification de la part de Megaupload.

Le Département de la justice tient donc là deux précautions d’usage liées qui constituent finalement toute sa ligne de défense. En effet, puisque les utilisateurs sont censés savoir que les données ne sont pas protégées sur Megaupload, ils ne peuvent en aucun cas s’en prendre à la justice américaine pour réclamer l’accès à ces données. Le message est clair : il fallait prendre vos précautions. Cela contredit d'autant plus le message initial de Megaupload qui déclarait n'être qu'un disque dur à distance.

Tout est parfaitement clair pour le Département de la justice

Et le porte-parole d’appuyer l’avis du Département :

« L’acte d’accusation indique que les conspirateurs de Mega ont conçu leur business model sur le profit généré par la distribution de contenu, non sur leur stockage. Comme l’un des conspirateurs l’a clairement indiqué dans un courriel : « Nous ne sommes pas des pirates, nous pourvoyons simplement un service de distribution aux pirates ». Mega a été visé car l’enquête a révélé que sa direction avait réellement connaissance du contenu piraté, a pris des mesures pour le dissimuler et a récompensé ceux qui envoyaient ce contenu piraté, entre autres choses. »

Pour autant, si le Département semble particulièrement sûr de sa position, aucun procès n’a pour le moment débuté. Une chose semble certaine en tout cas : le DoJ ne fera pas machine arrière.