Le catalogue de Sony ouvert par les Anonymous

Grande braderie 145
Vincent Hermann
La semaine dernière a été particulièrement marquée par les actualités sur les réactions anti-SOPA pour se finir en beauté sur la fermeture de Megaupload. Depuis, les services d’hébergement tombent les uns après les autres dans un effet domino qui était à prévoir. Le groupe de hackers Anonymous a observé tout cela et a réagi à sa façon : en attaquant des sociétés qui ont d’une manière ou d’une autre soutenu SOPA. Et c’est le cas de Sony qui une nouvelle fois subit les affres d’un manque de sécurité.

C’est hier, en plein jour de repos, que le groupe a lancé son attaque contre Sony. Il ne s’agit pas d’une simple attaque par déni de service (DDoS) comme Anonymous en a l’habitude, mais d’une action beaucoup plus visible. En effet, pendant plusieurs heures, le site de Sony a permis de récupérer tous les titres musicaux des artistes possédant un contrat avec la maison de disque. Un délai largement suffisant pour que n’importe quel internaute se serve.

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Source de l'image : Europe 1

Le message posté par Anonymous indiquait sur le site de la société : « Sony, tu as montré ton allégeance à SOPA, une loi créée sous prétexte d'empêcher le piratage de musique, films et logiciels détenus par des entreprises comme la tienne. Désormais tu es le distributeur de ce fameux contenu, et nous apprécions ta générosité involontaire en offrant tout ce que tu possèdes gratuitement et au monde entier ».

Bien entendu, le fait d’aller se servir de cette manière, même si les portes sont grandes ouvertes, ne signifie pas pour autant que la manipulation est légale. En outre, ce ne sont pas les serveurs de contenu qui ont été piratés : Anonymous fournissait en fait une liste des artistes, chacun renvoyant vers un lien direct ou BitTorrent.

Cette action contre Sony porte directement la marque des représailles pour avoir soutenu SOPA. Elle fait suite aux autres attaques de la semaine dernière, notamment sur le site de l’Élysée, puisque la France avait ouvertement affiché sa satisfaction sur la fermeture de Megaupload notamment, le site Hadopi.fr, les puissantes MPAA et RIAA, la major Universal et même le DoJ, département américain de la justice. John Perry Barlow, co-fondateur de l’EFF, avait d’ailleurs demandé dans un tweet à Anonymous de se calmer car « le DDoS est sa propre forme de censure ».

Sony n’a pas été la seule société touchée hier, mais qu’elle ait drainé l’attention car la firme japonaise a eu de nombreux déboires avec la sécurité. Universal a été attaquée hier soir aux environs de 22h15 et un message sur le site accusait la maison de disque « d’acte de censure et de haute trahison envers l’esprit d’internet » à cause, notamment, de son lobbying culturel. Et Anonymous de marteler une fois encore : « nous ne pardonnons pas, nous n’oublions pas ».

Enfin, concernant Facebook, Twitter et YouTube ? Bien que la communication ait été floue au sujet de ces sites, Anonymous a tenu à clarifier la situation en se moquant des colporteurs de rumeurs qui « disent que nous allons abattre Twitter, Facebook et YouTube… Pourquoi Anon s’en prendrait à ce que nous utilisons pour envoyer des messages ? ».