Le nouveau buzz IFPI-Hadopi, via ElectronLibre

Une étude de l’IFPI sur Hadopi, atterri chez ElectronLibre, affirme qu’il existe bien un effet Hadopi depuis 18 mois sur les ventes de titres. « Qui en doutait ? » se demande sagement notre confrère, pas peu fier de relever « les principaux enseignements tirés de ce travail universitaire ».

Marie Françoise Marais Hadopi

Premier hic : on ne connaît pas les auteurs de cette étude signée par « quatre chercheurs » qui « travaillent depuis dix-huit mois sur les effets de la réponse graduée sur les comportements des internautes ». Le cabinet Tera par exemple comporte des universitaires. Michel Riguidel est un universitaire. Qui sont ces « universitaires » bardés de diplômes ? Qui a payé cette étude présentée par l’IFPI ? Et combien a-t-elle coûté ?

Peu importe.

Des conclusions très claires pour des candidats pas clairs

Ce qui prime pour EL c’est de bien souligner que ces données seront utilisées dans la campagne 2012 où « les positions de certains des candidats vis-à-vis d’Hadopi ne sont pas encore très claires »… Comme une étude universitaire sans nom ? Une étude qui tombe en tout cas au mieux alors que le candidat PS présenterait ce matin son programme culturel à Nantes.

Ce précieux travail, retweeté par Eric Walter, sera publié le 23 janvier par l’IFPI qui pourra souligner que « la progression de l’offre légale, en terme de volume de vente, et particulièrement iTunes, est plus forte en France, là où existe l’Hadopi ». Selon EL, « le chiffre de la réussite d’Hadopi : 22,5%. C’est le surplus de croissance des ventes au titre sur iTunes qu’il parait logique d’imputer à Hadopi, grâce à son rôle d’épouvantail à pirates ».

Logique.

Effrayés par Hadopi, les fans de rap se ruent sur la vente en ligne

Logique ? Oui, car Hadopi ferait peur au point de pousser des camions d’abonnés internet à aller acheter des titres. D’ailleurs pour le rap, « le chiffre pour les ventes d’album est encore supérieur avec 25% d’albums vendus en plus en France, comparés aux cinq autres grands marchés de la musique européens : Belgique, Allemagne, Espagne, France, Italie et Royaume-Uni. » Un vrai miracle ! « Cet effet bénéfique aurait été observé avant même le passage de la loi à l’assemblée et son vote définitif ». À croire que le seul nom « Hadopi » a suffi à civiliser les consommateurs français, en même temps qu’ils se suréquipaient en smartphones.

Brr.

Hadopi en France : 13,8 millions d'euros de plus à gagner

« La lutte contre Hadopi des partis de gauche comme de certains députés de droite et la publicité faite autour de ce texte a finalement convaincu les internautes que le temps de l’impunité était terminé ». Un constat « surprenant » tente de relativiser EL. Ajoutons « merveilleux ! » car on connaît même le chiffre de l’effet d’Hadopi : « le plus gagné dû à Hadopi, comme l’on parlait du manque à gagner du piratage, est évalué à 13,8 millions d’euros par an pour le seul marché français. »

Superbe !

Les coûts et les couleuvres

Il y a cependant d’autres broutilles face à ce travail-d’universitaires-qui-a-duré-18-mois. Par exemple, on ne sait pas s’il prend en compte la variable budgétaire. Or, dans la loi de finances pour 2009, le Parlement a prévu 6,7 millions pour la mise en place de la Hadopi. Une partie était reportée pour l’année 2010 où la Hadopi a finalement profité de plus de 10 millions d’euros en subvention d’exploitation. Cette subvention a même grimpé à 12 millions d’euros pour 2011 pour être portée à 11 millions en 2012.

Ce n’est pas tout. S’ajoutent à cela les 25 millions d’euros alloués en 2011 à la Carte Musique Jeune – intimement liée au dispositif Hadopi par les labels PUR. En 2011 justement, le ministère n’a pu consommer qu’un tiers de cette somme en raison d’un bide retentissant, soit tout de même 9 millions d’euros envolés pour seulement 50 000 exemplaires vendus. Le ministère espérait en écouler un million.

Enfin, souvenons-nous de ces remarques acidulées faites par la Commission des finances de l'Assemblée nationale pour le budget culture 2012 : « la plupart des opérateurs de musique se sont installés au Luxembourg [comme iTunes, NDLR], où ils bénéficient d'un taux de TVA à hauteur de 15 %. En conséquence, la « Carte Musique » manque son objectif en aboutissant finalement - paradoxalement - à faire encaisser de la TVA supplémentaire au Luxembourg ».

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