Bilan 2011 de la musique au Royaume-Uni : le CD single tire sa révérence

RIP, mais bon, t'étais un peu cher coco 34
Nil Sanyas
En attendant le bilan 2011 de la musique physique et numérique en France, le Royaume-Uni, via la BPI, vient de livrer le sien. Par bien des côtés, il n’est guère surprenant : l’industrie annonce une baisse des ventes de CD, une hausse des ventes numériques, et elle se plaint des trop faibles efforts du gouvernement pour lutter contre le « piratage ». De l’autre côté, l’artiste Adèle a tout bonnement signé la plus forte vente d’albums du 21e siècle outre-Manche.

Musique UK 2011

Le numérique poursuit sa croissance, sans compenser la chute du CD

Concrètement, il s’est écoulé au Royaume-Uni 86,2 millions de CD Albums en 2011, soit un recul de 12,6 % en un an, et de 50 % depuis 2004. La musique numérique, elle, a crû de 26,6 % en un an, pour atteindre 26,6 millions d’unités, toujours concernant les albums. Ils s’en vendaient 20 millions de moins en 2007.

Cela ne compense cependant pas la chute du CD. Résultat, le marché des albums a régressé de 5,6 %, pour un total de 113,2 millions d’albums vendus, contre 138,1 millions en 2007. Le numérique a représenté 23,5 % des ventes d’albums en 2011, contre 4,5 % en 2007. L’évolution est donc nette.

Adieu le CD Single

Du côté des singles, le constat est cependant bien plus net. Ainsi, à l’instar de la plupart des pays développés, l’avis de décès du single sous format CD est bien proche. 98,4 % des ventes de singles se font en effet sous forme numérique, contre 0,6 % en CD, le reste étant occupé par d’autres formats.

Au final, alors que le nombre d’albums vendus ne cesse de chuter, celui des singles ne fait qu’augmenter, ce qui d’ailleurs a certainement un lien de cause à effet. Avec 177,9 millions de singles écoulés en 2011 au Royaume-Uni, ce marché signe une hausse annuelle de 10 %, et une augmentation proche de 100 % en 5 ans.

Adele, avec son album 21, a cumulé 3,8 millions d’unités vendues en une seule année, un record absolu pour ce siècle. À titre de comparaison, en 2010, le record était d’1,8 million d’albums pour Progress, du groupe anglais Take That.

La BPI, l’association de l’industrie britannique, précise que la dernière semaine de 2011 a été exceptionnelle pour les ventes numériques, avec 5,7 millions de singles et plus d’1 million d’albums. La période de Noël a ainsi été particulièrement faste. La présence de « Christman » de Michael Bublé en deuxième place des ventes d’albums 2011 le prouve…

Le gouvernement UK accusé d'avantager Apple au dépend des artistes

Enfin, la BPI, comme à son habitude, donne son avis sur les actions du gouvernement contre le téléchargement illégal, tout en tapant sur Apple au passage : « Les artistes britanniques continuent de produire de la musique incroyable qui résonne chez nous et partout dans le monde. Mais, alors que d'autres pays prennent des mesures positives pour protéger leurs secteur créatif, notre gouvernement prend trop de temps à agir au sujet du piratage, tout en affaiblissant le droit d'auteur pour le bénéfice de géants high-tech américains. Le Royaume-Uni est déjà passé derrière l'Allemagne dans le marché de la musique. À moins qu’une mesure déterminante ne soit prise en 2012, l'investissement dans la musique pourrait reculer à nouveau – une crise de la création qui détruira des emplois et qui signifie que la prochaine Adele n’aura pas sa chance de briller sur le monde. »

Le discours est classique et est particulièrement proche des représentants français. Le marché de la musique est globalement similaire entre le Royaume-Uni et la France en terme de tendances, avec une mort annoncée du single sous forme de CD, et une hausse des ventes numériques, qui ne compensent cependant pas la baisse des ventes physiques.