La nouvelle carte musique jeune est un bide retentissant

Quelle surprise ! 81
Nil Sanyas
Depuis son tout premier lancement l’an dernier, la Carte Musique Jeune est un échec cuisant. Aux dernières nouvelles, la première version s’est écoulée à seulement 50 000 exemplaires, alors que les prévisions tablaient sur 1 million de cartes. La nouvelle version, disponible sous forme de carte physique prépayée depuis quelques semaines, ne semble pas connaître un meilleur sort.


Selon notre confrère Les Échos, les jeunes de 12 à 25 ans, la cible de ces cartes musiques, ne se ruent pas dans les magasins pour acheter de la musique en ligne. Vendues entre 10 et 25 euros via divers partenaires comme Carrefour, Casino, Monoprix, la Fnac et Score Game, ces cartes physiques ont pourtant été accompagnées d’une campagne publicitaire non négligeable. Mais la sauce ne prend toujours pas.

Les grands distributeurs, une erreur de casting ?

Les différents partenaires de l’opération, contactés par notre confrère, parlent ainsi de ventes « confidentielles » et d’activations quasi inexistantes. « En fait, il ne fallait pas les vendre dans la grande distribution mais dans les bibliothèques, les écoles ou les conservatoires » a ainsi expliqué l’un des sites vendant de la musique et partenaire de la carte musique jeune.

La mort de cette carte est-elle déjà programmée ? Tout semble en tout cas l’annoncer. Outre ses ventes médiocres, il faut tout de même rajouter qu’elle a perdu un poids considérable ces derniers mois. Tout d’abord, les députés ont divisé par deux son budget le mois dernier, ce qui n’est guère optimiste pour son avenir.

Mauvais pour les finances, et pour la création

« Il semble que cette mesure n’a pas produit les effets escomptés puisque, sur 25 millions d’euros de dépenses prévues pour 2011, les deux tiers n’ont pas été consommés faute d’attirer suffisamment les jeunes internautes » expliquait ainsi Gilles Carrez, rapporteur général de la loi de finances pour 2012, au sujet du report des crédits 2011 pour 2012, non justifié selon lui.

« Même si l’objectif initial paraît louable, il peut aujourd’hui paraître incongru de subventionner l’achat de musique en ligne qui se traduit, en pratique, par un effet d’aubaine au détriment du redressement des comptes publics. (…) Le dispositif actuel n’est pas ciblé sur la création artistique française, ni même sur les nouveaux talents, de sorte qu’il ne répond pas à un éventuel objectif de soutien à la création. »

Le souci iTunes

Et si ce constat ne suffisait pas, une autre épine est entrée dans le pied de la nouvelle Carte Musique Jeune. Le célèbre iTunes Store, le service d’Apple, n’est pas partenaire de cette carte physique. Il faut dire que la pomme vend elle aussi des cartes prépayées. Elles sont donc en quelque sorte en concurrence. Or entre une carte iTunes archi connue et une Carte Musique Jeune inconnue, le choix semble rapide…