L'AFNOR part en guerre contre les faux avis des internautes

L’Association française de normalisation (AFNOR) a décidé de s’attaquer à un phénomène apparu sur Internet et dérivé des sites de contenu généré par les utilisateurs : les faux avis. C’est la conséquence à l’Association d’une enquête réalisée par la répression des fraudes (DGCCRF) et selon laquelle de nombreux avis publiés sur les sites étaient tout simplement faux.

comparo pdn 

Le danger des faux avis et la perte de confiance

Connaissez-vous les trolls ? La signification du mot change en fonction du contexte. Dans une série de réactions comme sur un forum ou les commentaires, il s’agit d’une personne affichant un avis tranché, sincèrement ou artificiellement, créé pour déclencher des réactions fortes. Appliqués aux brevets, les trolls sont des sociétés qui utilisent leur propriété intellectuelle pour déclencher des litiges et ainsi recevoir des royalties. Mais il existe une autre forme de troll : la fausse réaction sur un site recueillant des avis de consommateurs. Là encore, il s’agit de déclencher une réaction : un a priori positif ou négatif sur un sujet.

Or, ces a priori peuvent gâcher l’intégralité d’un site dont le but est justement de fournir une synthèse de ce que pensent les consommateurs. Le phénomène des faux commentaires est relativement connu du grand public et, dès lors que cette certitude est présente, la confiance accordée à ces structures diminue.

Authentifier les utilisateurs et protéger les commentaires négatifs

Dans une interview au Parisien, le président de l’AFNOR, Olivier Peyrat, indique que la création d’une norme d’authentification des utilisateurs est à l’étude. Le but serait de mettre en place un mécanisme permettant d’authentifier de manière certaine un utilisateur lorsqu’il souhaite donner son avis. Mais, point intéressant, le système fonctionnerait dans les deux sens :

« La norme devrait permettre de mieux identifier les auteurs des messages en croisant les avis laissés par un même internaute afin de vérifier leur pertinence. Enfin les commentaires seront encadrés afin d’éviter que les sites marchands ne censurent ceux qui sont négatifs. »

L’inspiration de la norme vient d’une entreprise

La norme, qui ne devrait voir le jour que fin 2012, ne sera pas obligatoire et chaque site d’e-commerce ou comparateur sera libre de l’implémenter ou pas. Olivier Peyrat indique en outre dans l’interview que l’étude de faisabilité de la norme a été financée par la société TestnTrust, comparateur indépendant de satisfaction. Une entreprise qui souhaite évidemment un tel système mis en place.

Thierry Spencer, vice-président et co-fondateur de Testntrust, explique dans une interview accordée à Challenges que sa société est bien à l’origine de l’idée d’une telle norme : « Nous avons fait faire plusieurs études qui montrent que les trois quarts des internautes français pensent que certains avis sont faux », ajoutant qu’il s’agit d’un « vrai problème pour tous les "UGC" (user generated content) ». Il souligne également que les comportements délictueux ne viennent pas forcément des faux utilisateurs, mais aussi des sites eux-mêmes qui modèrent parfois les avis qui ne seraient pas favorables à un produit ou un autre.

Entre flicage et confirmation volontaire d’identité

Challenge aborde bien sûr la question du flicage, mais Thierry Spencer se veut rassurant. Il ne s’agit pas en effet d’imposer une authentification permanente, mais d’activer cette dernière si et seulement si l’internaute souhaite donner son opinion sur un sujet/produit : « Si un internaute veut être entendu pour dire qu’un service n’est pas bon, il est prêt à accepter que son identité soit vérifiée. Mais une identité vérifiée n’est pas une identité révélée. Je peux continuer à m’appeler Ulysse2012 sans que mon nom soit accessible. »

Car Testntrust fait partie de cette couche intermédiaire qui pourra confirmer l’identité d’un internaute à une entreprise sans révéler cette même identité. Ainsi, si Cloé Martin souhaite laisser un avis, Testntrust peut envoyer un signal indiquant qu’elle est bien ce qu’elle prétend être tout en gardant les détails. Question technique, Spencer aborde plusieurs méthodes comme un premier contrôle de l’IP pour chercher sa provenance, ainsi que le croisement avec l’adresse email, pour voir si plusieurs boîtes ne sont pas concernées par la même IP. D’autres méthodes permettent également de différencier les adresses email légitimes de celles qui sont jetables.

D’après Testntrust, plusieurs acteurs se sont montrés intéressés par une telle norme, notamment TripAdvisor, la SNCF, Expedia, Beauté Test, la DGCCRF et les associations de consommateurs. Il n’est pas dit toutefois que cette norme plaise à tout le monde. Même si l’on mettait de côté tous ceux qui vont se sentir surveillés, d’un simple point de vue pratique, l’ajout d’étapes de validation risque d’agacer. Si les internautes décident de moins commenter, et il y aura nécessairement un impact, les sites se nourrissant des avis et opinions pourraient perdre une part de leur dynamique.
 
En attendant, la première réunion de travail sur la norme aura lieu le 10 janvier. Les résultats de l'AFNOR seront présentés vers la mi-2012 via une enquête publique et seront donc soumis aux commentaires des internautes. Authentifiés ?

Vous n'avez pas encore de notification

Page d'accueil
Options d'affichage
Abonné
Actualités
Abonné
Des thèmes sont disponibles :
Thème de baseThème de baseThème sombreThème sombreThème yinyang clairThème yinyang clairThème yinyang sombreThème yinyang sombreThème orange mécanique clairThème orange mécanique clairThème orange mécanique sombreThème orange mécanique sombreThème rose clairThème rose clairThème rose sombreThème rose sombre

Vous n'êtes pas encore INpactien ?

Inscrivez-vous !