200 labels anglais abandonnent les sites de streaming : « fuck Spotify »

Le streaming gratuit est encore trop important 65
Nil Sanyas
La société anglaise STHoldings, qui regroupe plus de 200 labels indépendants et donc des milliers de titres, vient récemment d’annoncer qu’il retirait l’intégralité de son catalogue musical des sites de streaming Spotify, Simfy, Rdio et Napster. Et les raisons de cette décision sont particulièrement intéressantes.

NPD etude streaming impact
L'impact négatif du streaming sur les ventes a refroidi bien des labels

La firme britannique salue certes la puissance promotionnelle que peuvent avoir les sites de streaming audio, permettant de toucher immédiatement des millions d’internautes. Mais STHoldings remarque aussi que « ces services cannibalisent les revenus des services numériques plus traditionnels ».

Cette remarque se base sur ses propres données ainsi que sur une étude récente de NPD démontrant que le streaming nuisait grandement à l’achat. Si ce constat n’a rien d’étonnant, pour STHoldings, il a donc fallu choisir entre le streaming et l’achat direct. Et ce dernier l’a emporté.

« En tant que distributeur, nous devons faire ce qu’il y a de mieux pour nos labels » explique la société. « La majorité d'entre eux ne veulent pas que leurs musiques soient sur ces services. Ils fournissent de faibles revenus et ont un effet néfaste sur les ventes. Ajoutez à cela le sentiment que leurs musiques perdent de leur particularité du fait de leur exploitation comme un produit de faible valeur voire gratuit. »

Cette argumentation n’est pas nouvelle. Le géant Universal Music lui-même l’a déjà utilisé dans le passé. Cela explique ainsi sa lutte contre le streaming gratuit et sa volonté de mettre en avant les offres d’abonnement. Mais malgré les nombreuses concessions opérées par les sites de streaming ces derniers mois, cela n’a donc pas été jugé suffisant par STHoldings.

Les labels disent "fuck" à Spotify

Cette dernière cite d’ailleurs l’un de ses labels afin de résumer la situation. Nous gardons volontairement le texte dans sa version originale afin de ne pas altérer sa signification : « Let’s keep the music special, fuck Spotify. » Voilà qui a le mérite d’être explicite.

Et afin de montrer que son choix a été particulièrement réfléchi, STHoldings précise qu’il a laissé le choix à chacun de ses labels de rester ou non sur les sites de streaming. Or seulement 4 labels ont souhaité garder leur présence sur Spotify, Rdio, Napster et Simfy, soit moins de 2 % de l’intégralité des labels affiliés à STHoldings…

Spotify avance ses arguments

Spotify, directement concerné par ce départ important, a réagi par la voix de son porte-parole. Si la société respecte bien sûr les choix des labels de quitter ses services, Spotify espère néanmoins qu’ils changeront d’avis. Le site avance d’ailleurs qu’il a déjà « convaincu des millions de consommateurs de payer à nouveau pour de la musique » au lieu de télécharger illégalement, mettant ainsi en avant ses plus de 2 millions d’abonnés.

Spotify rajoute qu’il est désormais la deuxième source de revenus pour les labels en Europe pour le secteur numérique, et que 150 millions de $ ont déjà été distribués aux ayants droit depuis son lancement en 2008.

Il n’est néanmoins pas certain que ces arguments suffiront à convaincre les labels. Il sera surtout intéressant de voir si d’autres maisons de disques suivront le mouvement de STHoldings…