Les députés divisent par deux le budget de la Carte Musique Jeune

La fin d’une mite 43
Marc Rees
Les députés ont adopté hier soir un amendement de Gilles Carrez qui va en substance réduire de plus de moitié le budget alloué à la Carte musique jeune. Sèche consécration financière d’un bide commercial.

carte musique jeune
Dernier effort du ministère, la CMJ en version physique

Dans la présentation de son budget pour 2012, le ministère de la Culture vantait une nouvelle fois les mérites de cette carte financée à 50% par l’État censée (re)lancer l'attrait pour l'offre légale. Une mesure proposée par la mission Zelnick-Toubon-Cerutti, soutenue par Nicolas Sarkozy et intimement couplée à la Hadopi. En effet, seules les plateformes labellisées PUR peuvent profiter de la pompe à finances publiques.

Problème maintes fois souligné, le dispositif a fait un flop en stagnant autour de 50 000 cartes vendues malgré une année de commercialisation. Mais à l’approche de Noël, le ministère de la Culture y croyait encore, outre le lancement d'une version physique, il reportait sur 2012 les crédits 2011 non consommés en raison du bide commercial.

Cet acharnement thérapeutique n’a pas convaincu la Commission des finances de l’Assemblée nationale ni même les députés qui ont rejeté la combine financière.

Au soutien de l’amendement adopté hier soir, Gilles Carrez, rapporteur général de la loi de finances pour 2012, a expliqué pourquoi selon lui ce report n’est vraiment pas justifié. Une critique en trois passes :

D’un, « Il semble que cette mesure n’a pas produit les effets escomptés puisque, sur 25 millions d’euros de dépenses prévues pour 2011, les deux tiers n’ont pas été consommés faute d’attirer suffisamment les jeunes internautes. »

De deux, « même si l’objectif initial paraît louable, il peut aujourd’hui paraître incongru de subventionner l’achat de musique en ligne qui se traduit, en pratique, par un effet d’aubaine au détriment du redressement des comptes publics. »

De trois, « le dispositif actuel n’est pas ciblé sur la création artistique française, ni même sur les nouveaux talents, de sorte qu’il ne répond pas à un éventuel objectif de soutien à la création. »