Moonshot : HP travaille bien sur des serveurs basés sur ARM

Une infrastructure conçue pour les nuages 5
Vincent Hermann
HP Hewlett-Packard LogoHewlett-Packard peut donner l'impression d’avoir une stratégie floue dans le domaine des PC et des tablettes, mais l’activité serveurs est nettement plus claire. HP est l’un des plus gros constructeurs de serveurs au monde, un secteur que le fondeur Intel domine avec ses gammes de processeurs Xeon. Or, HP jettera prochainement un pavé dans la marre avec l’arrivée des puces ARM dans ce domaine bien particulier.

L'entrée en piste des puces ARM

HP a donc annoncé son projet Moonshot qui doit aboutir à la création de serveurs lames intégrant un grand nombre de puces ARM. Cette annonce ne devrait pas être une surprise. Plus tôt dans la semaine, nous indiquions dans nos colonnes que la société ARM Holdings, qui conçoit cette architecture, annonçait ses ambitions dans le domaine des serveurs ainsi que l’arrivée du 64 bits. Nous ajoutions alors qu’une rumeur persistante voulait que HP travaille justement sur l'utilisation de telles puces dans certains produits futurs.

Le projet Moonshot a pour but de rassembler sous une unique égide des milliers de serveurs en gérant les aspects importants tels que le stockage, le réseau, l’alimentation, le refroidissement et ainsi de suite. Moonshot doit accoucher d’une infrastructure particulièrement souple et très extensible. Dans l'actualité précitée, nous parlions de cloud computing, et c’est bien de ça dont il s’agit.

De telles infrastructures sont conçues pour une parallélisation importante des calculs et une répartition maximale des charges. De fait, l’annonce de la plateforme de développement de serveurs Redstone n’est pas étonnante. Ces derniers, du moins dans leur première version, intègreront des processeurs EnergyCore de Calxeda fondés sur l’architecture Cortex d’ARM.

Et il n’y a rien de mieux pour faire comprendre l’importance d’une annonce que de lancer des chiffres impressionnants : « HP Redstone est conçu pour les tests et les démonstrations de concepts. Il incorpore plus de 2800 serveurs au sein d’un seul rack, réduisant ainsi le câblage, les échanges et le besoin de périphériques ainsi que la complexité générale de 97 %. »

Objectif : le parrallélisme maximal des calculs

Il s’agit donc pour le moment d’un projet de recherche visant à tester des idées et des concepts. Mais HP donne immédiatement quelques précisions importantes. Premièrement, il ne s’agira pas tout de suite d’un projet réellement commercial. Redstone sera en vente à des clients qui auront été choisi, et ce dans une quantité forcément limitée. En outre, Les livraisons ne commenceront que durant le premier trimestre 2012.

Pour autant, HP ne va pas se couper complètement d’Intel. Le constructeur explique en effet que dans une révision ultérieure de la plateforme Redstone, des processeurs Atom seront proposés. Le but n’est pas après tout de proposer une puissance unitaire énorme mais bien de recourir massivement au parallélisme des calculs.

Pour accompagner la partie matérielle, HP annonce également la création des Discovery Labs. Il s’agit de lieux réels et le premier sera implanté à Houston au Texas. Il est conçu pour les clients qui veulent tester leurs projets visant spécifiquement les infrastructures à haute parallélisation et à basse consommation. Ces sites peuvent être visités physiquement ou gérés à distance, le client obtenant alors une connexion spécifique aux serveurs de tests.

Enfin, HP met en place un programme nommé Pathfinding, faisant partie intégrante d’un programme plus large, AllianceOne. Il est destiné aux partenaires et doit permettre des interactions plus simples entre eux. Selon HP, AMD, ARM Holdings, Calxeda, Canonical et Red Hat devraient faire partie des premiers membres de Pathfinding. À noter donc la présence d’AMD qui ne souhaite sans doute pas laisser Intel comme seul fondeur dans la catégorie x86 du programme.

Dans tous les cas, de tels serveurs ont encore à prouver leur efficacité. Mais si le cloud computing peut tirer réellement son épingle du jeu, on pourrait aboutir à de nouveaux centres de données à la consommation largement revue à la baisse.