Le Parti Pirate suisse porte plainte contre un cheval de Troie étatique

Après l’Allemagne, la Suisse est à son tour touchée par une polémique sur un cheval de Troie installé par la police sur les ordinateurs des citoyens. Cette fois, nos voisins de l'autre côté des Alpes l’ont utilisé à quatre reprises dans le but d’arrêter des pédophiles. La méthode fait débat en Suisse, au point que le Parti Pirate Suisse (PPS) a décidé de porter plainte contre X cette semaine.

parti pirate

Le problème n’est ici pas l’arrestation des personnes pédophiles, mais l’utilisation de logiciel intrusif sur des ordinateurs de personnes qui à la base ne sont que des suspects. Le doute sur une utilisation bien plus large que celle officiellement avouée (quatre cas) est forcément présent.

« L’usage de ces programmes est abusif et trop intrusif » a ainsi dénoncé Pascal Gloor, le vice-président du PPS, qui s’est confié au site Lematin.ch. La semaine dernière, le PPS s’était déjà indigné de la nouvelle et avait affirmé qu’il « en tirera toutes les conséquences ». Cette plainte contre X était donc plus ou moins annoncée.

Un flou juridique

« L'utilisation d'un logiciel espion (Cheval de Troie) sans aucune base juridique n'est pas justifiée, même pour combattre le terrorisme » affirme le Parti Pirate Suisse. Pour ce dernier, « on court le risque que les preuves recueillies sur l’ordinateur soient modifiées. Avec l’informatique, on est dans le virtuel. Il y est donc possible de torpiller un ordinateur ou de piéger une personne. (…) Notre Constitution est sans équivoque, le droit est la base et la limite de l’activité de l’État. »

Effectivement, comme le relève la Tribune de Genève, un flou juridique entoure l’utilisation des chevaux de Troie. Aucune règle liée à l’usage de tels logiciels n’est présente dans la loi fédérale. Malgré son but initial peu critiquable, un tel usage est donc considéré comme une atteinte à la sphère privée.

Et si les preuves étaient falsifiées ?

« Sans cadre juridique, ces programmes deviennent des armes redoutables » a d’ailleurs prévenu Marco Ricca, directeur de la société genevoise de sécurité informatique Satorys, interrogé par la Tribune de Genève.

« Comment être sûr que ce logiciel ne sera utilisé que dans le cadre du mandat délivré par le juge ? » questionne Stéphane Koch, vice-président de High-Tech Bridge, une société de hacking éthique. « Si le programme tombe entre les mains d’un détective privé ou d’une organisation criminelle, si un policier l’utilise de manière plus étendue que son mandat ne le permet, il y a danger ! »

Au final, le Parti Pirate Suisse craint que le logiciel ait été développé « avec le même amateurisme constaté en Allemagne », qui, pour mémoire, permet de télécharger et d’exécuter des logiciels à distance. On imagine dès lors les dangers que pourrait créer un tel logiciel entre des mains malveillantes. Une personne innocente pourrait par exemple être déclarée coupable preuve à l’appui, ceux manipulant le cheval de Troie ayant créé lesdites preuves… De la paranoïa ? Dans le doute, le PPS préfère en avoir le coeur net.

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