Free Mobile : l'objectif de Xavier Niel, "25 % de part de marché"

Pas dès 2012 hein 71
Nil Sanyas
Interrogé par Fabrice Lundy sur BFM Radio hier, Maxime Lombardini, le directeur général d’Iliad, bras droit de Xavier Niel, n’a pu répondre à toutes les questions sur Free Mobile, pour des questions évidentes de stratégie. Il a néanmoins glissé quelques phrases comme la société en a le secret.

xavier niel maxime lombardini
Maxime Lombardini (à gauche) et Xavier Niel (à droite)

Vous voulez des informations concrètes sur la date de sortie précise des forfaits Free Mobile ? Sur les prix des forfaits ? Sur les rumeurs à leur sujet ? Sur la subvention ou non des appareils ? Sur les smartphones qui seront proposés ? Sur les lieux où seront disponibles les offres (hormis Internet) ? Vous ne saurez rien. Lombardini a dû se contenter d’un « sans commentaire ».

En attendant plus de concret, cette interview nous a néanmoins permis de confirmer les ambitions de la filiale mobile d’Iliad. Il a ainsi été assuré que les prix seront divisés par deux par rapport à 2008. Ce qui aujourd’hui, selon les opérateurs, ne serait pas forcément exceptionnel. Tout dépendra des services qui seront proposés.

"Un objectif élevé" fixé par Xavier Niel

Néanmoins, Free Mobile se veut « assez confiant sur le projet. On est sur un marché sur lequel les marges sont telles qu’on pense qu’il y a un très gros espace. (…) On va proposer des abonnements moins chers, avec plus de liberté, un découplage peut-être entre l’abonnement et le terminal. »

Mais avec les mastodontes Orange, SFR, et Bouygues Télécom, sans parler des MVNO très puissants comme Virgin Mobile et NRJ Mobile, que pourra bien faire Free ? « Xavier Niel a mis un objectif qui est élevé aux équipes, c’est 25 % de part de marché » a ainsi affirmé Lombardini à l’antenne de BFM Radio.

Le directeur général d’Iliad a néanmoins précisé rapidement qu’il s’agit d’un objectif à moyen terme, non à court terme. Mais cela reste l’intention finale du groupe. Free Mobile compte donc recruter plusieurs millions d’abonnés ces prochaines années. Pour cela, l’offre devra être assurément attractive.

4G : Lombardini guère confiant pour les prochaines attributions

Enfin, concernant la 4G, Lombardini n’a pas vraiment caché son pessimisme au sujet des prochaines fréquences qui seront attribuées en décembre ou en janvier prochains. « Autant les premières fréquences qui ont été attribuées nous paraissaient essentielles pour nous, autant les secondes seront moins importantes puisqu’il s’agit de couvrir des zones moins denses, où il y a moins de population. De plus, les conditions de l’appel d’offres sont extrêmement défavorables. En particulier pour le dernier rentré, à qui on demande tout de suite de payer des sommes colossales. Si on y va, ce sera avec beaucoup de prudence. Mais la décision n’est pas prise. »

Rappelons en effet que Free a été le seul avec Orange à acheter 20 MHz sur la bande 2,6 GHz, contre 15 MHz pour Bouygues Télécom et SFR. Ces fréquences sont intéressantes en ville, à savoir dans les zones denses, mais pas ailleurs. Or les fréquences de la bande 800 MHz, qui seront proposées en décembre prochain, sont plus adaptées pour les zones de faibles densités.

Rajoutons enfin qu’il faut payer ces fréquences cash. Free a donc dû débourser 271 millions d’euros pour la bande 2,6 GHz. Mais les autres fréquences pourraient bien monter plus haut. Tout dépend les lots. Free a ainsi très peu de chances d’obtenir les meilleurs lots. Et si Orange, SFR et Bouygues venaient à mettre le paquet, Free Mobile pourrait même n’obtenir aucun lot. Il faudra donc suivre de près cet épisode en décembre prochain.